Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Personnage

Charles II d'Evreux Roi de Navarre - le Mauvais (v. 1332 - v. 1387)

Parents / Familles :

Père : Philippe D'Evreux roi de Navarre (v. 1301 - v. 1343)
Mère : Jeanne II reine de Navarre (28/01/1312 - 06/10/1349)

Famille : Evreux-Navarre

Titre(s) :

Roi de Navarre Roi de Navarre (v. 1349 - v. 1387)
Comte d'Evreux (v. 1349 - v. 1378)

Charles II de Navarre, dit Charles le Mauvais (1332 - 1387) fut roi de Navarre de 1349 à 1387 et comte d'Évreux de 1343 à 1378. Il est le fils de Philippe III de Navarre, et de Jeanne II, fille du roi de France et de Navarre, Louis X le Hutin.

Charles, comte d'Evreux et roi de Navarre (qu'un chroniqueur espagnol du XVIème siècle a qualifié de "Mauvais"), est le petit fils Louis X le Hutin, fils aîné de Philippe le Bel. Louis X n'ayant pas d'héritier mâle, les grands du royaume craignent de voir Jeanne sa fille se marier à un étranger. Ils la poussent donc à renoncer à la couronne de France contre celle de Navarre à la mort de son père en 1316. La mort sans héritier mâle du dernier fils de Philippe le Bel, en 1328, ouvre la succession à la branche des Valois. Charles de Navarre, né en 1332, n'avait donc pu leur disputer la couronne en 1328. A la mort de Philippe IV en 1350 l'avènement de son fils Jean II va de soi est n'est pas contesté. Mais le discrédit jeté sur la Branche des Valois suite aux cuisantes défaites de Crécy et Poitiers (Ils devaient justifier l'ascendance divine de leur pouvoir sur le champ de Bataille) va permettre au roi de Navarre de contester leur légitimité. Alors, il n'a plus de cesse de satisfaire ses appétits de pouvoir et de profiter de la déstabilisation le royaume pour jouer sa carte. Pour parvenir à ses fins il trahira tout le monde s'alliant au dauphin Charles (le futur charles V) puis aux anglais et à Etienne marcel pour se retourner contre les Jacques quand la révolte parisienne tournera court. Déconsidéré, il s'isola diplomatiquement et fut vaincu et neutralisé par Charles V.

À la mort de sa mère Jeanne II de Navarre en 1349, Charles devient roi de Navarre. En plus de ses titres officiels, et grâce aux tractations de sa mère, il détient également des droits sur la Champagne, le comté de Mortain, une partie du Cotentin, et dans le Vexin : Pontoise, Beaumont-sur-Oise et Asnières-sur-Oise. Ayant des droits sur la couronne de France en cas d'extinction de la branche des Valois, il ne cessa de fomenter des troubles en France, dans l'espoir d'arriver au trône. En 1350, Charles,est couronné et sacré roi de Navarre à Pampelune. Il apprend à gouverner avec les seigneurs navarrais de Pampelune et Tuleda. Parlant parfaitement la langue, Les joutes oratoires aux Cortès lui permettent d'exercer ses talents de tribun. Le jeune roi de Navarre trouve alors ses plus fidèles soutiens au sein même de sa famille. Phillippe son premier frère est impulsif et colérique mais il lui rend service en négociant des soutiens étrangers, notamment anglais. Charles délègue à Louis son deuxième frère le gouvernement de la Navarre. Ses parents ont mené une active politique matrimoniale et ont marié ses soeurs à de puissants partis. Blanche vient de s'unir au vieux roi de France Philippe VI. Marie est veuve du roi d'Aragon. Quant à Agnès, elle est l'épouse du puissant comte de Foix, Gaston Phébus. Enfin, sa tante maternelle, Jeanne d'Evreux, veuve du dernier Capétien, Charles IV le Bel le soutient inlassablement. Elle fera oeuvre de diplomatie sa vie durant pour d'apaiser Jean le Bon, puis Charles V, excédés par les complots répétés de son neveu.

En 1359 pour rendre service à sa soeur Agnès tombée folle amoureuse de Gaston Phébus III de Foix il fait empoisonner sa femme Myriam. Phoebus lui fera payer cher l'assassinat de sa femme: une fois remarié avec Agnes il refuse d'accomplir le devoir conjugal et prends maintes amantes au vu et su de tous. Cependant en 1360 (11 ans plus tard) il fini par céder aux avances d'Agnès qui accouche de Gaston. Ce jeune prince, accusé d'avoir voulu empoisonner son père à l'instigation de Charles le Mauvais, fut emprisonné. Au cours d'une visite qu'il rendit à son fils, Fébus perdit son sang-froid et lui porta un coup mortel à la gorge, faisant ainsi disparaître son seul héritier direct(1382).

A partir de 1350, Charles II de Navarre concentre tous ses efforts vers la récupéreration des terres de Brie et de Champagne que son arrière grand-père, le roi Philippe IV, détenait de Jeanne Ire de Navarre, mère de Philippe IV. Il espère aussi fortement s'approprier le royaume de France que sa mère Jeanne II de Navarre aurait dû hériter àprès la mort de son père Louis X le Hutin. En effet, lorsque la branche masculine des Capétiens s'est éteinte en 1328, Philippe VI, le premier Valois, est monté sur le trône à la place de Jeanne II de Navarre, l'héritière directe, qui reçut en compensation le royaume de Navarre. Or, en 1332, cette dernière a mis au monde Charles le Mauvais. Cependant, on a refusé au nouveau-né tout avenir royal au nom d'un principe nouveau, et vraiment contestable, selon lequel les femmes ne règnent pas et ne transmettent pas la Couronne de France. C'est ce que conteste le Mauvais en 1350. La cause est juste pour le clan navarrais qui considère les Valois comme de vulgaires usurpateurs et s'est jeté à corps perdu dans la lutte pour reprendre le trône. Jean le Bon ne prend pas la menace à la légère sachant Charles roi est de Navarre et aussi chef de la puissante famille d'Evreux, dotée de riches possessions en Normandie et dans la vallée de la Seine. Dès 1351, le roi de France, pensant calmer les revendications de Charles le Mauvais, le nomme alors qu'il n'est âgé que de dix neuf ans, lieutenant général du Languedoc. Cette manoeuvre habile permet aussi d'éloigner Charles de la course (il doit rejoindre Toulouse) et d'éviter que la contestation se propage. Mais, Charles le Mauvais rentre à Paris, quatre mois plus tard. Le roi décide donc de l'associer à la Couronne en lui donnant la main de sa fille aînée, Jeanne de France (qui n'a que 8 ans). Il espère que, devenu "fils du roi", Navarre abandonnera ses prétentions à la Couronne et tempérera ses élans contre les Valois. L'affaire se règle rapidement, le roi, qui a la "garde féodale" de son jeune cousin, abrège la minorité de Charles de Navarre. Charles le Mauvais sait que le fait d'épouser la fille du roi ne lui apportera pas grand chose, mais la dot de la mariée est considérable : 100 000 écus, payés sur les revenus de la Monnaie royale. Enfin, Charles de Navarre voit là l'occasion de faire ombrage au nouveau favori de Jean le Bon, le connétable Charles d'Espagne La Cerda, auquel le roi vient de donner le comté d'Angoulême pourtant promis à la famille d'Evreux. Après avoir longuement réfléchi, Navarre donne finalement son accord, en janvier 1353.

Quand le roi de France accorde à son favori, Charles de la Cerda, dit Charles d'Espagne, le comté d'Angoulême et la charge de connétable. Charles de Navarre,se voit écarté des affaires du royaume, et son ressentiment contre Jean le Bon augmente d'autant que le connétable est d'un rang très inférieur au sien. Le roi n'a toujours pas versé la dot promise 1 an auparavant lors du mariage et n'avait pas donné les possessions promises à son gendre ( les chatellenies de Beaumont et de Pontoise ). Au printemps 1353, une empoignade oppose le comte de Longueville, Philippe de Navarre au connétable Charles d'Espagne, dans les appartements du roi. Celui-ci accuse le Navarrais d'être un faux-monnayeur et un menteur patenté. Ce dernier éxédé tire sa dague et menace le favori du roi. Jean le Bon ramène Philippe de Navarre à la raison. Le connétable quitte la scène sous les insultes de l'outragé qui crie vengeance. Philippe de Navarre se retire sur ses terres de Normandie. il apprend, le 8 janvier 1354, que Charles d'Espagne est en Normandie, et qu'il va passer la nuit l'auberge de la « Truie-qui-File » à L'Aigle, il prévient son frère et ils encerclent l'auberge pour se saisir de la personne du connétable. L'aventure tourne au carnage et Charles de la Cerda agenouillé et suppliant les navarrais de l'épargner est lardé de coups d'épée par Philippe de Navarre.Charles de Navarre resté à l'écart est bientôt informé du meurtre de Charles de la Cerda et choisi de couvrir son frère: Il assume les conséquences du crime et de le justifier

Jean le Bon, sous le coup de la douleur, met 4 jours à réagir à l'assassinat de son favori. Charles Le Mauvais en profite pour se préparer. Il arme ses châteaux normands, emprunte de l'argent aux banquiers italiens et négocie une nouvelle alliance anglaise. Jean le Bon, une fois capable de reprendre ses esprit après 4 jours de profond chagrin décide de rassembler l'ost pour une expédition punitive en Normandie et en Navarre. Charles le Mauvais prends contact avec le Prince Noir,et lui offre ses places normandes. Le roi de France ne veut à aucun prix rompre la trêve avec l'Angleterre. En attaquant Charles le Mauvais, il offrirait aux Anglais l'opportunité de lancer une offensive sur le sol français. La mort dans l'âme, Jean le Bon comprend qu'il est contraint de s'entendre avec le roi de Navarre. Il signe, six semaines après la mort de son connétable, le traité de Mantes (le 22 février 1354). Par ce dernier, le Navarrais agrandit son domaine normand de plusieurs vicomtés et fiefs : Beaumont, Breteuil, Conches, Pont-Audemer, Orbec, Valognes, Coutances et Carentan. En contrepartie, il abandonne la Champagne. Ce traité sera confirmé par le traité de Valognes le 10 septembre 1355. La victoire est totale pour le roi de Navarre. Non seulement il s'est débarrassé d'un adversaire qui lui faisait de l'ombre mais encore il obtient de substantielles compensations à son "repentir prémédité". Il reçoit des terres en Normandie, appartenant pour l'essentiel au propre frère du roi de France, qui lui permettent de bâtir une véritable principauté. Le 4 mars, une cérémonie publique est organisée à Paris. Au Parlement, sous un dais fleurdelisé, Jean le Bon écoute Charles le Mauvais requérir son pardon en prenant bien soin de ne se reconnaître aucun tort. Assuré du bien-fondé de cette stratégie, il n'hésite pas à conclure avec les Anglais un traité au terme duquel le royaume de France serait tout simplement partagé. Mais c'est en vain qu'il attend le débarquement promis par Edouard III. Charles de Navarre se tourne alors vers son beau-frère, le dauphin Charles, alors en froid avec son père Jean le Bon. Mais le roi de France n'est pas dupe et il se décide à mettre Charles le mauvais hors d'état de nuire.

Le 5 avril 1356, le dauphin et duc de Normandie (le futur Charles V) a convié en son château de Rouen tous la noblesse de la province. A commencer par le comte d'Evreux, Charles le Mauvais, roi de Navarre. La fête bat son plein lorsque surgit Jean II le Bon coifé d'un haume et épée à la main qui vient se saisir Charles le Mauvais en hurlant:"Que nul ne bouge s'il ne veut être mort de cette épée!". A ses côtés, son frère Philippe d'Orléans, son fils cadet Louis d'Anjou et ses cousins d'Artois forment une escorte menaçante. A l'extérieur, une centaine de cavaliers en armes tiennent le château. Jean le Bon se dirige vers la table d'honneur, agrippe le roi de Navarre par le cou et l'arrache violemment de son siège en hurlant : "Traître, tu n'es pas digne de t'asseoir à la table de mon fils!". Colin Doublet, écuyer de Charles le Mauvais, tire alors son couteau pour protéger son maître et menace le souverain. Il est aussitôt appréhendé par l'escorte royale qui, par la même occasion, s'empare du Navarrais. Excédé par les complots de son cousin avec les Anglais, le roi laisse éclater sa colère qui couve depuis la mort, en janvier 1354, de son favori le connétable Charles d'Espagne. Malgré les supplications de son fils qui, à genoux, implore de ne point le déshonorer ainsi, le roi se tourne vers Jean d'Harcourt, infatigable défenseur des libertés provinciales, mais qui fut mélé à l'assassinat de son favori Charles de la Cerda. Il lui assène un violent coup de masse d'armes sur l'épaule avant d'ordonner son arrestation. Le soir même, le comte d'Harcourt et trois de ses compagnons, dont l'écuyer Doublet, sont conduits au lieu-dit du Champ du Pardon. En présence du roi, le bourreau, un condamné à mort qui gagne ainsi sa grâce, leur tranche la tête. Deux jours plus tard, la troupe regagne Paris pour célébrer la fête de Pâques. Charles le Mauvais est emprisonné au Louvre, puis au Châtelet. Mais la capitale n'est pas sûre, aussi est-il finalement transféré à la forteresse d'Arleux, près de Douai. Incarcéré, Navarre gagne en popularité. Ses partisans le plaignent et réclament sa liberté. La Normandie gronde et nombreux sont les barons qui renient l'hommage prêté au roi de France et se tournent vers Edouard III d'Angleterre. Pour eux, Jean le Bon a outrepassé ses droits en arrêtant un prince avec qui il a pourtant signé la paix. Pire encore, ce geste est perçu par les "Navarrais" comme le fait d'un roi qui se sait illégitime et espère éliminer un adversaire dont le seul tort est de défendre ses droits à la Couronne de France. Tous passent en bloc du côté d'Edouard III qui, dès le mois de juin, lance ses troupes dans de redoutables chevauchées, en Normandie et en Guyenne. Le 19 septembre, Jean le Bon est fait prisonnier par les Anglais, après la défaite de Poitiers.

Les mercenaires démobilisés après la Bataille de Poitiers se regroupent en grandes compagnies et pillent le pays. Il faut financer une armée permanente pour éviter ces pillages qui entrainent un fort mécontentement populaire. Le fils aîné du roi, le Dauphin Charles,est régent en l’absence de son père. Les etats généraux sont réunis à partir du 17 Octobre 1357 pour lever de nouveaux impots. Mais Etienne Marcel le prévot des marchands de Paris et chef du Tiers états y voit la possibilité de mettre en place un régime parlementaire. Charles le Mauvais est libéré le 9 novembre 1357 sur ordre des états Généraux, réunis le 7 novembre, et dominés par Etienne Marcel et l'évêque de Laon, le "Navarrais" Robert le Coq. Un comité de 80 membres, constitué sur leur initiative, appuie leur revendications. Les États Généraux sont rappelés le 3 février 1357, qui conduisent à la promulgation d'une grande réforme qui prévoie le contrôle des impots par les États généraux et un conseil de tutelle qui gouverne avec le dauphin. Dans la pratique les voyages étant couteux et dangereux à l'époque, les délégués de province montent de moins en moins à Paris et en 5 mois les divers conseils et assemblées ne sont plus fréquentés que par les Parisiens. Les hausses d'impots diminuent aussi la popularité des nouvelles institutions. De sa prison londonniènne Jean II interdit l'application de cette ordonance de réformation. Le dauphin refuse donc de l'appliquer et entre en conflit ouvert avec etienne Marcel.

Charles le Mauvais tente d'en tirer profit, il éleve des prétentions sur plusieurs provinces. Les États Généraux sont de nouveau convoqués le 13 janvier 1358. Voyant l'impossibilité d'imposer la réforme par voie légale Etienne Marcel essaye de la faire passer de force. Il rallie les commerçants parisiens à sa cause, crée une milice sous prétexte de défense contre les éventuelles attaques des Anglais, alors repliés à Bordeaux et renforce les fortifications de Paris. Il organise, le 22 février 1358, la première journée révolutionnaire parisienne. Le 22 février 1358, après avoir surpris Regnault d'Acy qui se réfugie dans une patisserie où on l'égorgea férocement avec ses partisans, il envahit le palais de la Cité. Le maréchal de Champagne Jean de Conflans et le maréchal de Normandie Robert de Clermont sont tués devant le dauphin, qui crut son existence menacée. Marcel l'oblige à coiffer le chaperon rouge et bleu et à renouveler l’ordonnance de 1357. Devenu maître de Paris, il s’efforce de gagner la province à sa cause et prépart l'entrée de Charles de Navarre dans Paris.

Le Dauphin Charles parvient à s'enfuir de la capitale et convoque les États généraux à Compiègne. Il isole Paris en raliant la province qui n'a pu garder de rôle conséquent dans la monarchie contrôlée. Le 28 mars 1358 se déclanche la Grande Jacquerie: Les paysans éxédés par les hausses d'impots et les exactions des compagnies se révoltent contre une noblesse discréditée à Crécy et Poitiers. Charles le Mauvais et Etienne Marcel sont alors à deux doigts de réussir à prendre le pouvoir, mais les Parisiens loyalistes se rebellent à leur tour et en juillet 1358, Etienne Marcel est assassiné et le dauphin reprend les rênes du pouvoir. Charles le Mauvais tente une nouvelle cabriole, essaye à nouveau de se rapprocher du dauphin. Il mate la grande Jacquerie lors du massacre de Mello (bataille de Meaux). Mais le futur Charles V n'est plus ce prince réputé faible et naïf. Il est cette fois bien décidé à mettre hors-jeu cet incorrigible comploteur.

En 1361, après la mort du duc Philippe Ier de Bourgogne, le duché de Bourgogne aurait normalement dû échoir, suivant les lois de la primogéniture, à son second cousin le roi Charles. Il était en effet le petit-fils de Marguerite de Bourgogne (1290-1315), fille aînée du duc Robert II. Le duché de Bourgogne fut alors repris par le roi Jean II le Bon (1319-1364), roi de France (1350-1364), prétendant héritier le plus proche du jeune duc en nombre de degrés civils (en tant que fils de Jeanne de Bourgogne (v. 1293-1348) (v. 1293-1348), deuxième fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306)..

En 1364, Jean le Bon est retourné se constituer prisonnier en Angleterre depuis 2 ans et le dauphin Charles continue à assurer la régence. Charles le Mauvais croit alors en son étoile. Il fait broder sa bannière aux armes de France et de Navarre, affichant ainsi clairement ses intentions. La réplique est immédiate. Le dauphin décrète la confiscation des biens que le Navarrais possède en Normandie et confie à Bertrand du Guesclin la mission de rendre la sentence exécutoire. C'est chose faite en moins d'une semaine. Mantes, Meulan et plusieurs autres places sur la Seine sont investies. Mais le dauphin n'est pas au bout de ses peines car les troupes recrutées par Charles le Mauvais en Navarre et en Gascogne arrivent bientôt en Normandie. Leur commandant Jean de Grailly, gascon et vassal du roi d'Angleterre, n'est autre que le vainqueur de Jean le Bon à Poitiers. Mais face à lui se dresse un non moins brillant stratège en la personne de Du Guesclin. Les adversaires vont en découdre, à Cocherel , près de l'Eure, le 16 mai 1364. Grâce à une habile manoeuvre d'encerclement, les troupes de Grailly sont défaites en quelques heures. La victoire est éclatante. Charles le Mauvais, demeuré à Pampelune, apprend la nouvelle le 24 mai. Mais il est déjà beaucoup trop tard.

Alors que les deux Charles fourbissent leurs armes, Jean le Bon meurt à Londres, le 8 avril 1364. La voie est libre pour le dauphin qui apprend la victoire de Cocherel alors qu'il est en route pour Reims, où il est sacré roi le 19 mai. A présent, le roi Charles V entend imposer son autorité à tous les vassaux, y compris aux plus récalcitrants. Aussi refuse-t-il aux prisonniers français de l'armée de Charles de Navarre le droit à la rançon et les fait décapiter comme traîtres. Cependant, si Charles le Mauvais n'a plus d'espoir de coiffer la couronne de France, il conserve, malgré Cocherel, de nombreuses places fortes en Normandie, à commencer par sa capitale Evreux. Bien plus, au cours de l'automne, il récupère ses biens conquis quelques mois plus tôt par Du Guesclin. Ce n'est pourtant là que feu de paille car les finances du Navarrais sont au plus bas. Sa chance est qu'au même moment, Charles V n'a qu'une préoccupation : bouter les Anglais hors de France. Et pour ce faire, il n'a pas tant besoin d'une nouvelle victoire sur le roi de Navarre que d'une paix durable.

Il signe en 1365 le Traité de Saint-Denis avec le roi Charles V où il renonce à ses prétentions au trône de France. En mars 1365, au traité d’Avignon, les deux Charles s'accordent sur un échange. Le roi de Navarre cède au roi de France ses possessions de Basse-Seine en Normandie (Mantes, Meulan et le comté de Longueville), places stratégiques sur la route de Paris. En échange, Charles V abandonne à son cousin la ville et la seigneurie de Montpellier. Les libéralités du roi s'avèrent bien vite être un cadeau empoisonné car, fort peu enthousiastes, les Montpelliérains refusent de passer au roi de Navarre. Six longues années sont encore nécessaires pour qu'une véritable paix s'établisse entre la France et la Navarre. Ainsi le 25 mars 1371, Charles le Mauvais, genou à terre, prête pour la première fois hommage à son souverain Charles V et lui promet "foi, loyauté et obéissance".

Charles de Navarre se tourne alors vers l'Espagne, et a de longs démêlés avec Pierre le Cruel et Henri de Transtamare, qui se disputent la Castille. Engagés contre le roi de Castille, Henri II de Castille dit Henri de Trastamare (qui sera empoisonné en 1379 à son instigation), les troupes du Navarrais défaites n'ont d'autre issue que d'appeler les Anglais à la rescousse. C'est une aubaine pour le jeune Richard II d'Angleterre qui comprend aussitôt l'intérêt d'une telle alliance. Le roi de Navarre, qui possède le comté d'Evreux et le Cotentin, peut, en contrepartie de renforts, mettre à la disposition des Anglais le port de Cherbourg. L'accord est conclu en février 1378. En échange d'une troupe de 1 000 hommes, Charles de Navarre cède Cherbourg à Richard II pour trois ans.

Fin mars 1378, le comte de Foix informe Charles V que son cousin Navarre négocie un accord secret avec les Anglais. La rumeur parle également d'un complot visant à empoisonner le roi. Aussitôt, le chambellan de Charles le Mauvais, Jacques de Rue, est arrêté alors qu'il se rend à Paris. La perquisition de ses effets permet de découvrir les instructions confiées par son maître. Pris au piège, le chambellan passe aux aveux. Outre l'affaire de Cherbourg, Jacques de Rue confesse un projet de mariage entre Richard II et une infante de Navarre, confirme la rumeur du complot visant à empoisonner Charles V. La trahison et la tentative de régicide clairement établies justifient l'intervention des troupes de Charles V qui occupent les châteaux de Navarre en Normandie. Les hommes de Du Guesclin investissent tour à tour Conches, Carentan, Mortain, Avranches. Seule, la forteresse de Bernay semble résister, tenue par le secrétaire du Navarrais, Pierre du Tertre. Mais ce dernier n'a d'autre idée que d'obtenir une reddition honorable et de sauver sa vie. Finalement, le 20 avril, il rend les armes. Au même moment, Montpellier, possession du roi de Navarre depuis 1371, est occupée par les troupes royales alors que les Castillans se préparent à attaquer Pampelune, capitale du royaume navarrais. Tout l'édifice de Charles le Mauvais s'effondre en même temps que ses rêves de pouvoir. L'épreuve n'est pourtant pas finie. Le roi de Navarre doit encore essuyer l'humiliation du procès de ses hommes de confiance et la révélation publique de ses crimes.

Le procès de Jacques de Rue et de Pierre du Tertre s'ouvre en juin devant le Parlement. Outre les aveux du chambellan, les hommes de Charles V ont découvert dans la tour de Bernay d'autres éléments à charge; documents codés destinés aux Anglais, instructions pour la défense des places normandes, ordre de ne point se rendre aux Français. Les Navarrais plaident la fidélité à leur roi et rejettent les accusations de trahison et de lèse-majesté. C'est faire peu de cas du serment de 1371, par lequel Charles le Mauvais a promis "foi, loyauté et obéissance" à Charles V. Les juges n'acceptent pas cette défense et, le 16 juin, condamnent à mort les deux hommes. Après que Charles V a refusé leur grâce, les condamnés sont décapités, leurs têtes sont exposées au gibet de Montfaucon. Charles de Navarre a définitivement perdu son duel contre Charles V. Il est à présent isolé, dépossédé de ses biens et lâchés par ses sujets, las de payer pour des desseins aventureux qui ne les concernent guère. Après avoir trahi tous les partis à la fois, il s'est fait tant d'ennemis qu'il est forcé pour se tirer d'affaire d'abandonner une portion de ses États (1379). Ainsi, le plus résolu des ennemis de la dynastie des Valois tombe dans une déchéance qui va l'obliger, jusqu'à sa mort en 1387, à vivre d'expédients et d'emprunts. Instruit enfin par l'adversité, il passa des dernières années en paix, ne s'occupant que de l'administration de son royaume. Il meurt accidentellement le 1er janvier 1387 (se faisant envelopper dans un drap imbibé d'eau-de-vie pour ranimer ses forces épuisées, il serait mort brûlé par l'imprudence d'un valet, mais plutôt du double effet d'un refroidissement et de la débauche. Son fils Charles III le Noble lui succéda, retiendra la leçon et sera d'une indéfectible fidélité aux rois de France.

Charles le Mauvais eut 8 enfants de Jeanne de France (fille aînée de Jean II le bon et de Bonne de Luxembourg) qu’il épousa en 1352 :

  • 1. Marie de Navarre (1355-après 1420) mariée en 1393 à Alfonso d'Aragon
  • 2. Charles III le Noble
  • 3. Philippe de Navarre (1364-décédé en bas âge par accident)
  • 4. Pierre de Navarre (1366-1412) comte de Mortain marié en 1411 à Catherine d'Alençon ; sans postérité
  • 5. Jeanne de Navarre (1370-1437) mariée en 1ères noces à son cousin Jean IV de Bretagne puis en secondes noces en 1403 à Henri IV d'Angleterre
  • 6. Blanche de Navarre
  • 7. Bonne de Navarre décédée avant son père
  • 8. Isabelle de Navarre élevée au monastère de Santa Clara à Estella

Il a eu 3 enfants naturels :

De Catalina de Lizaso il eut :

  • 9. Leonel bâtard de Navarre (1378-1413), chevalier, vicomte de Muruzabal de Andion sans alliance, il laissa 5 enfants avec Epifania de Luna

de Catalina de Esparza:

  • 10. Johanna bâtarde de Navarre (?-1413) mariée en 1378 à Johan de Béarn écuyer, capitaine du château de Lourdes en Bigorre; il était en 1381, le vassal de son beau père pour son fief de Murillo el Fruto

 

 



Mariages de : Charles II d Mariages / Enfants
DE A AVEC
v. 1352  Jeanne de France (v. 1343 - v. 1373)
   Enfant de : Charles II d Marie de Navarre (v. 1355 - v. 1421)
   Enfant de : Charles II d Charles III roi de Navarre (v. 1361 - v. 1425)
   Enfant de : Charles II d Pierre d'Evreux-Navarre (v. 1366 - v. 1412)
   Enfant de : Charles II d Jeanne de Navarre (v. 1370 - v. 1437)


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