Gabrielle d’Estrées naît vers 1571 dans la demeure familiale au château de Coeuvres, en Picardie.Son père, Antoine d’Estrées est marquis de Coeuvres, apparenté à la famille de Bourbon par sa mère, Catherine de Bourbon. Il est aussi gouverneur de l'Île-de-France et Grand-Maître de l'artillerie. Quant à sa mère, Françoise de la célèbre famille Babou de La Bourdaisière, est connue pour ses galanteries et entretient beaucoup d’amants dont le roi de France Henri III..Le couple donne naissance à onze enfants dont sept filles, connues notamment pour leurs rôles de courtisanes. Elles seront appelées les « sept péchés mortels »,ce qui a valu à leur mère le surnom peu reluisant de « tenancière de clapier à putains », elles sont en effet réputées pour leur art des choses galantes.

 Médisences 

On murmure que Gabrielle a été préalablement vendue par sa mère à Henri III, pour 6 000 écus, puis au financier Sébastien Zamet ,

enfin on lui donne pour amants, le Cardinal de Guise, le duc de Longueville et le galant Bellegarde. On est même allé jusqu'à prétendre « qu'elle avait été publique pour une pistole ».

 En 1589 alors qu’elle n'a que seize ans, sa vie se trouve chamboulée.sa mère, Françoise, déserte le domicile conjugal et quitte son époux et enfants, pour suivre son amant, Yves marquis d’Allègre en Issoire où il vient d'être nommée gouverneur. Elle confie l’éducation de ses enfants, à sa sœur cadette,  Isabelle Babou de La Bourdaisière, devenue par son mariage, Madame de Sourdis.

 Gabrielle ne sera pas initiée à la galanterie. Son premier amant est sans doute Roger de Saint-Lary, seigneur de la Bellegarde.Les jeunes gens sont très amoureux et prévoient de se marier. Roger de la Bellegarde, ami et Grand-Écuyer du roi Henri IV.ne cesse de lui décrire sa fiancée, ses rares perfections, la blondeur de ses cheveux, l’éclat et la blancheur de son teint, ses yeux couleur-azur.Devant ces descriptions Le souverain émoustillé tombe sous le charme  de Gabrielle et souhaite  la rencontrer. La première rencontre fut pour lui un coup de foudre.Mais Gabrielle se refuse au roi.

En 1593, la jeune fille éprouve du chagrin, quand elle apprend la mort de sa mère, qui est assassinée à Issoire  dans une émeute pendant la guerre de la Ligue. C’est dans les bras d’Henri IV, qu’elle court se consoler. .Peu de temps après, Gabrielle d’Estrées, tombe enceinte à cette nouvelle Le roi est très content mais surtout rassuré lui qui se  se croyait stérile.Elle lui donnera trois enfants.

 La marquise de Montceaux  a une totale emprise sur son royal amant. Le roi approuve et suit se conseils. Ce serait sous ses recomandations, que le roi se convertit au catholicisme en 1593. Gabrielle se mêle aussi de politique, elle favorisera l’ascension du duc de Sully (mais luttera contre lui bien après) et sera parfois avec le roi (parfois cachée sous les rideaux) à une entrevue avec les ambassadeurs.

Peu de temps après, Gabrielle d’Estrées reçoit le titre de marquise de Montceaux. En tant que favorite royale, Gabrielle d’Estrées s’achète beaucoup de robes et de bijoux et mène une vie de vraie reine. Le roi lui donne beaucoup de présents et cadeaux, lui achète des terres et domaines tels que châteaux, hôtels.  

En 1597, Gabrielle d’Estrées, est faite duchesse de Beaufort. En 1598, elle donne naissance à son troisième enfant, Alexandre, qui entrera dans les ordres et mourra en 1628. Ce serait aussi sous l’inspiration de Gabrielle, que le roi fait signer un édit de Nantes, permettant aux protestants de faire leur culte en paix et sans crainte. La favorite en titre n’est pas aimée du peuple de Paris à cause de ses folles dépenses.

Gabrielle4

Son grand train de  vie coûte très chers au trésor royal et vide les caisses du royaume. Mais le Le roi, très amoureux ferme les yeux et  décide de l’épouser. Il commence alors à entamer une procédure de divorce avec Marguerite de Valois, la reine Margot.  celle-ci n’accepte pas que «la putain du roi», (comme elle la surnomme), soit  reine de France . Vers cette époque aussi,obeissant au pape Clement VIII  le roi négocie son mariage avec Marie de Médicis, 

 En Janvier 1599, Henri tombe malade et c’est sa maîtresse qui le soigne avec douceur. Finalement, le roi de France décide d’épouser Gabrielle avec ou sans la permission du pape. Durant la semaine sainte, pour plaire à l’Église et espérant que le pape lui accorde la main de Gabrielle, le roi et sa favorite décident de se séparer. Le mariage sera prévu pour la Saint-Quasimodo. La duchesse de Beaufort quitte le roi avec des sinistres présages, pour Paris, alors que celui-ci reste à Fontainebleau. Gabrielle, amatrice d’astrologie, a entendu les gens prédire qu’elle ne dépassera pas ses 28 ans et qu’elle ne verra pas le jour de Pâques. Henri la console et lui dit qu’il ne faut pas prêter attention à ses commérages.  La duchesse de Beaufort est alors enceinte de sept mois.

 Elle part rendre visite à un riche banquier italien, Sébastien Zamet et dîne chez lui. Celui-ci la traite en véritable reine. C’est après avoir bu une citronnade ou une orangeade, que Gabrielle sent les premières convulsions. La duchesse de Beaufort est immédiatement transportée chez sa tante maternelle, Isabelle de Sourdis. Le roi, prévenu, ne va pas voir sa maîtresse, pensant qu’il est encore très tôt. Le 9 Avril, l’état de santé de Gabrielle se dégrade

  Gabrielle rend l’âme le 10 Avril 1599, à huit ou neuf heures du matin, chez sa tante, Isabelle, sans avoir revu le roi.

 Éploré, le roi organise à sa chère Gabrielle des funérailles royales, il porte son deuil et s’habille tout en noir.

 

Suppositions sur une mort mystèrieuse 

La  mort si soudaine de la belle Gabrielle est penchée pour un empoisonnement.Beaucoup de raisons sont avancées

comme la haine des conseillers du roi pour Gabrielle.ils n’approuvaient pas en effet qu’elle devienne la reine de France, l’auraient ils empoisonnée?.

Ou Sébastien Zamet, chez qui elle a passé sa dernière nuit , l’aurait IL fait sous l’instigation des Médicis? ces derniers  souhaitent  voir leur nièce, devenir  reine de France.

On ira même à dire que c’est le roi de France, qui, pensant que son mariage avec sa maîtresse aurait des conséquences néfastes pour la France, se serait débarrassée d’elle, en le faisant assassiner.

Mais bien des siècles plus tard, les médecins feront l’autopsie du corps et concluront qu’elle serait morte d’éclampsie, maladie courante chez les femmes enceintes.