Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Personnage

Joseph II de Habsbourg-Lorraine, empereur (v. 1741 - v. 1790)

Parents / Familles :

Père : François Ier de Lorraine empereur germanique (v. 1708 - v. 1765)
Mère : Marie Thérese d'Autriche - l'Impératrice (v. 1717 - v. 1780)

Famille : Hasbourg-Lorraine

Titre(s) :

Empereur germanique (v. 1765 - v. 1790)

Fils aîné de Marie-Thérèse d’Autriche, il devint empereur co-régent à la mort de son père, François Ier, en 1765, puis seul empereur en 1780. Joseph II descendait directement de Louis XIII. En effet, il était l'arrière-petit-fils de Philippe (1640-1701), duc d'Orléans, frère de Louis XIV, dont la fille Élisabeth Charlotte d'Orléans (1676-1744) avait épousé Léopold (1679-1729), duc de Lorraine et de Bar, père de François Ier.

Ce fut un grand empereur, moderne et réformiste, mais ses réformes, trop brutales, ne furent ni comprises ni acceptées par ses peuples. Il n’hésita pas à s’allier à la Prusse et à la Russie pour dépecer la Pologne. Il faillit déclencher une guerre européenne en 1778 en voulant s'emparer par la force de la Bavière ; il tenta de faire basculer la France dans son camp, en usant de son influence sur sa sœur Marie-Antoinette d'Autriche. Il essaya de démembrer l’empire ottoman en s’alliant à la Russie.

Il épousa en 1760 Marie-Isabelle de Bourbon-Parme (1741-1763), arrière-arrière petite-fille de Louis XIV, jeune fille qui fit la conquête de son mari, de sa belle-famille et de la cour de Vienne. Mais la jeune femme ne répondit pas à l’amour violent de Joseph : elle mourut peu de temps après avoir mis au monde une fille, Marie-Thérèse. Joseph se remaria en 1765 à Josépha de Bavière (1739-1767), qu’il rendit malheureuse par son indifférence. Le cœur de Joseph appartenait à Isabelle.

Ses réformes religieuses inspirées de l'esprit des Aufklarer lui valurent le surnom d'"empereur sacristain" : réductions du nombre de séminaires, suppressions de quelques congrégations et ordres religieux jugés inutiles, tolérance à l'égard des Protestants... Ces réformes irritèrent fortement le Saint Siège, à tel point que le pape Pie VI fit le voyage de Rome pour faire revenir l'empereur sur ses intentions.

Joseph II par sa politique réformiste tout en restant absolutiste est l'exemple même du "despote éclairé".

Il mourut en 1790, laissant ses territoires à Léopold II, son frère.

Des seize enfants de sa mère il fut le plus difficile à élever et les tentatives de l'effrayer en le menaçant de l'autre monde ne firent que poser les bases de son scepticisme religieux. Un précepteur militaire usa en vain du martinet ; un Jésuite lui enseigna la religion, le latin, les mathématiques et la science militaire, mais la manière pédante de cette éducation lui ôta toute disposition pour la religion et les études sérieuses; un autre précepteur, auteur de quinze gros volumes pour l'instruction du prince héritier à travers l'histoire, détruisit tout son respect pour les personnages historiques du passé. Les flatteurs et jusqu'à son précepteur stimulèrent le caractère impérieux et l'extravagance du prince héritier, tandis que Martini (son professeur de droit naturel) trouva en lui un étudiant intéressé par la physiocratie - une doctrine qui imprégna profondément l'esprit de Joseph, en l'enthousiasmant pour les vues de son temps, les « droits d'homme » et le bien-être du peuple. Les « Lumières » venant de France l'influencèrent aussi, surtout incarnées par Voltaire et son royal disciple, Frédéric II. Joseph voyait d'un œil mécontent et jaloux la supériorité intellectuelle des Protestants de l'Allemagne du Nord, qui dominaient nettement le Sud catholique : il regardait aussi avec une impatience agacée les victoires de Frédéric II et son habileté à gouverner et il voyait là le but qu'il devait atteindre. Mais quand il put monter sur le trône, ses plans échouèrent complètement.

À partir de 1765 Joseph fut empereur et co-régent avec sa mère, mais n'était chargé que de la routine et des affaires militaires de l'empire. Finalement, plein de rancune contre la manière dont sa mère trop prudente lui liait les mains, il décida de voyager en Italie, France et dans les terres de la Couronne. Deux fois il rencontra Frédéric II et en 1780 la tsarine Catherine II. La même année sa mère, l'Impératrice Marie-Thérèse, mourut, le laissant libre.

Avec les meilleures intentions Joseph s'appliqua, entre autres, à réformer la jurisprudence impériale. Mais les difficultés à l'intérieur et à l'extérieur douchèrent son enthousiasme. Il était libéral mais devenait impérialiste chaque fois que les intérêts des Habsbourg étaient en cause, il n'en laissa pas moins le pouvoir impérial tomber au niveau de celui d'autres princes allemands. La politique ecclésiastique joua dans l'empire un rôle considérable. Joseph essaya de garantir la fidélité du clergé allemand aux princes autrichiens, il ressuscita des privilèges impériaux obsolètes, comme ce qu'on appelle les Panisbriefe, pour s'assurer le soutien de ses partisans laïcs grâce aux monastères impériaux. En détachant des grands archevêchés comme Salzbourg et Passau leur partie qui était en territoire autrichien, il rompit le dernier lien qui unissait l'Autriche à l'empire. Bien que ce ne fût pas en soi-même contraire aux intérêts allemands, son projet d'échanger les Pays-Bas autrichiens contre la Bavière voisine, à l'occasion d'un changement imminent de dynastie, provoqua la Guerre de Succession de Bavière. En 1785 la Prusse s'opposa à la reprise de ce projet en constituant la « Ligue des Princes ». Joseph fit tout son possible pour développer ses possessions au nord et à l'est et faire de l'Autriche la puissance dominante en Europe Centrale. Il obtint un accroissement considérable de son territoire par le premier Partage de la Pologne (1773) et il conclut avec la Russie une alliance défensive, dont il espérait de larges gains de territoire à l'Est, mais, dans la guerre austro-russe contre les Turcs (1788), bien que l'armée de Joseph eût pris Belgrade, ce fut Catherine qui recueillit tous les fruits de la campagne.

En politique intérieure, Joseph chercha à réunir dans une seule nation cohérente les peuples fondamentalement différents qui composaient l’État autrichien : des Allemands, des Slaves, des Hongrois, des Belges, des Italiens. C’est pourquoi il voulut faire table rase de tout et partout, et dans la plus grande hâte. Frédéric II disait de lui : « Il fait le deuxième pas avant le premier. » Sa mère ne s'étourdissait pas tant de nouveautés. Elle avait mis en marche la machine de l’État dans la voie du monde moderne. En matière religieuse elle n'avait recouru à des mesures strictes que pour empêcher les désordres, mais Joseph ne voyait dans tout cela que « demi-mesures et incohérence » et, enflammé par ses convictions, « il voulait, dit Krones, dans une sorte de serre chaude faire venir au plus vite à leur maturité les réformes que sa mère n’avait que commencées ». Il unifia l'administration de toutes les provinces au sein d'un conseil central établi à Vienne, et dont il devait être la tête, pendant qu'il abolissait leurs diètes ou les paralysaient en les soumettant aux autorités exécutives provinciales. Et il avait beau se dire l’ennemi de toute illégalité, il n'en décidait pas moins lui-même dans des affaires qui auraient du relever du gouvernement central à Vienne. L'allemand devint la langue officielle dans tous les pays soumis à sa loi ; les cours de justice furent indépendantes et jugèrent de la même façon les nobles et les paysans. Le servage fut supprimé ainsi que le droit qu’avaient les nobles de punir leurs sujets ; la codification du droit civil et du droit pénal, commencée en 1753, fut poursuivie et la peine de mort fut abolie. Dans son Ehepatent Joseph créa la loi autrichienne sur le mariage ; il soumit à l'impôt la noblesse et le clergé, ce qui lui créa de nouvelles sources de revenu ; il abolit la censure et permit la liberté d'expression, une mesure qui provoqua une inondation de brochures des plus pernicieuses, surtout dans la polémique religieuse.

En 1782, Joseph II a commandé à Wolfgang Amadeus Mozart un opéra. Ce sera Die Entführung aus dem Serail (L'Enlèvement au sérail), premier opéra en langue allemande. C’est à la sortie d’une répétition à laquelle il était venu assister qu’il aurait dit à Mozart : « Trop de notes mon cher Mozart », formule qui laissa pour la postérité une image de pompeux philistin pour Joseph II



Mariages de : Joseph II de Habsbourg-Lorraine, empereur Mariages / Enfants
DE A AVEC
v. 1760  Marie-Isabelle de Bourbon-Parme (v. 1741 - v. 1763)
v. 1765  Josepha de Bavière (v. 1739 - v. 1767)


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