Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Personnage

Philippe Emmanuel de Lorraine duc de Mercoeur (v. 1558 - v. 1602)

Parents / Familles :

Père : Nicolas de Lorraine comte de Vaudémont (v. 1524 - v. 1577)
Mère : Jeanne de Savoie (v. 1532 - v. 1568)

Famille : Lorraine-Vaudémont

Titre(s) :

Prince de Martigues (v. 1580 - v. 1602)
Duc de Penthièvre (v. 1575 - v. 1602)
Duc de Mercoeur (v. 1577 - v. 1602)

Philippe-Emmanuel de Lorraine, marquis de Nomeny, puis duc de Mercoeur et de Penthièvre, pair de France, Prince du Saint-Empire et de Martigues appartient à la famille de Lorraine, maison souveraine et d'illustre ascendance qui se glorifie de ses aïeux, prétendus (Charlemagne, Godefroy de Bouillon) comme avérés (Henri de Lorraine, René Ier de Lorraine, René II de Lorraine...). Par sa mère, il appartient à la maison de Savoie, qui se prétendait issue de celle de Saxe.

L’élévation du duc de Mercœur à la cour de France a été soudaine : en 1575, il sort de l’ombre à l’occasion du mariage de sa sœur aînée, Louise de Vaudémont, avec Henri III ; celle-ci va désormais jouer un rôle d’intermédiaire entre le roi et la maison de Lorraine. Le 12 juillet 1575, le mariage du duc avec Marie de Luxembourg, duchesse d’Etampes et de Penthièvre, héritière de la vicomté de Martigues, lui procure une nouvelle possibilité d’avancement : il se retrouve à la tête d’un important patrimoine breton, hérite de prétentions sur le duché de Bretagne (pourtant définitivement rattaché à la Couronne de France en 1532) et devient à son tour chef de lignage.

Conseillé par son oncle le duc de Nemours, il fait ses premières armes lors des sixième et septième guerres de religion (bataille de Dormans en octobre 1575, sièges d’Issoire en juin 1577, de Brouage en juin-août 1577, et de La Fère en août-septembre 1580).

Son appartenance à une famille proche du roi facilite son intégration à la cour. Henri III se montre généreux à l’égard de son beau-frère. Mercœur est confirmé dans son titre de duc et pair en 1576, agrégé à la première promotion des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit en 1579 et élevé au rang de prince de Martigues en 1580 ou 1582. Sa carrière atteint son apogée le 5 septembre 1582 lorsqu’il est nommé gouverneur de Bretagne par Henri III. Il y séjourne le plus souvent. Sa faveur est alors jugée démesurée par ses détracteurs. Ses défaites et ses fuites dans les campagnes de 1585, 1587 et 1588 contre les protestants, ont parallèlement assis sa réputation de piètre guerrier (il est surnommé le « Duc de Recule », Brantôme).

Jusqu’en 1588, Philippe-Emmanuel de Lorraine adopte une attitude d’obéissance officielle envers Henri III. Son adhésion à la Ligue est pourtant perceptible dès 1584. La crise de succession ouverte à la mort du duc d’Anjou, héritier du trône, le pousse à se créer une politique particulière en Bretagne, aux côtés de ses cousins les Guise. Il profite largement des troubles ligueurs et des conditions du traité de Nemours (7 juillet 1585), sans toutefois s’aliéner ouvertement le roi. Le calcul politique et les ambitions personnelles (se maintenir dans la faveur du roi contre les Mignons) n’excluent pas pour autant la sincérité de sa foi dans sa lutte contre les Réformés.

Il assiste aux États généraux à Blois en 1588. Après l'assassinat  en 1588 du duc de Guise dont il était le cousin, toute la famille est mis en état d'arrestation, mais, prévenu par sa sœur Louise de Lorraine, il s'échappe et se réfugie en Bretagne.

Lorsqu'Henri IV devient roi de France, le duc de Mercœur se met à la tête de la Ligue de Bretagne, songeant même à rétablir la souveraineté de cet ancien duché, sa femme étant descendante de Jeanne de Penthièvre. Il se proclame également Protecteur de l’Église catholique et romaine dans cette province.

À la mort d’Henri III, invoquant les droits héréditaires de sa femme, « La belle Nantaise », sur la Bretagne, il établit un gouvernement indépendant à Nantes et appelle son fils « prince et duc de Bretagne ». Il tient une véritable cour à l’hôtel de Briord et fait fortifier le quartier du Marchix. Les croix de Lorraine du château des Ducs ont été sculptées à son initiative. Traitant avec Philippe II d'Espagne, il fait venir les troupes espagnoles en Bretagne et bat à Craon (1592) le duc de Montpensier que Henri IV avait envoyé contre lui, mais les troupes royales, renforcées par des contingents anglais, récupérèrent l’avantage. Le roi marche en personne contre le duc de Mercœur et reçoit sa soumission à Angers le 20 mars 1598, après que Philippe II eût traité à Vervins, en échange des fiançailles de sa fille Françoise (1592-1669) avec César, duc de Vendôme, bâtard de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées. Pour sceller cette reddition, Henri IV choisit Nantes pour signer le fameux Édit, le 13 avril 1598. Le roi pardonna à Gabriel de Goulaine et aux principaux lieutenants du duc de Mercœur : Quinipilly, Aradon, Saint-Laurent et Carné. L’article 6 du traité de soumission donnait la possibilité aux gens de guerre de rejoindre l’armée royale.

Le mariage eut lieu le 7 juillet 1608. La duchesse de Mercœur s’y opposa longtemps, ne pouvant se résoudre à confondre « son noble sang avec celui d’un bâtard, fût-il de sang royal », mais les sommes payées par Henri IV pour la soumission eurent sans doute raison des résistances (4 295 350 livres, évaluées par Sully).

« Ayant acquis pendant ses guerres force écus, il les alla employer pour la guerre d’Hongrie où il alla en personne avec de belles troupes, où il fit si bien qu’il en fut envié des Allemands, car il les surpassait tous en l’art de "la guerre» (Brantôme). De sa propre initiative, il participa à une première campagne en 1599, où il défendit Strigonie (actuelle Ezstergom).

Avec son frère, le comte de Chaligny, le duc de Mercœur entra alors au service de l’empereur Rodolphe II, qui lui offrit, avec l’accord d’Henri IV, la charge de lieutenant-général des armées impériales en Hongrie pour combattre les Turcs. Il s’empare d’Albe-Royale (Alba-Regia, aujourd’hui Székesfehérvár, située entre Budapest et le lac Balaton) en 1601, ville où « autrefois les roys d’Hongrie estoient couronnez et ensepulturez. ». Inquiété par les succès du duc de Mercœur, Mehmed III avait entrepris en mars 1601 une démarche auprès de Henri IV pour le rappeler : « Le roi demanda à l’envoyé de Mahomet III pourquoi les Turcs craignaient tant ce duc : « C’est, dit-il, qu’entre les prophéties que les Turcs croient, il y en a une qui porte que l’épée des Français chassera les Turcs de l’Europe et renversera leur empire, et que, depuis que le duc de Mercœur combattait contre les Turcs, tous les bachas l’appréhendaient. » Le roi lui dit alors que le duc de Mercœur était, à la vérité, son sujet, mais qu’il était prince de sang de la maison de Lorraine, qui n’appartient pas à la couronne de France, mais de Lorraine et qu’il ne fait la guerre que comme vassal de l’Empire, et qu’étant chrétien il ne peut point empêcher qu’il serve l’empereur » (L’Estoile). Le plus puissant soutien du duc de Mercœur dans sa guerre contre les Turcs fut le capucin saint Laurent de Brindisi (1559-1619), envoyé par le pape Clément VIII à l’empereur Rodolphe II qui le fit aumônier des troupes impériales : « Il avoit tousjours en son armée des Peres capucins, lesquels portant une grande croix, non seulement animoient les soldats, mais aussi après la confession generale, que tous les catholiques faisoient en signe de contrition, ils leur donnoient la saincte benediction. »

Le duc de Mercœur mourut de fièvre maligne (ou « pourprée ») le 19 février 1602, à Nuremberg, à l’âge de 43 ans. Son corps fut ramené à Nancy et enterré dans le chœur de l’église des Cordeliers, à côté de ceux de son père Nicolas et de son frère, le cardinal de Vaudémont.

Il épouse à Paris en 1576 Marie de Luxembourg (1562 † 1623), duchesse de Penthièvre, fille de Sébastien de Luxembourg, duc de Penthièvre, et de Marie de Beaucaire, et eut :

  • Philippe Louis (1589 † 1590)
  • Françoise (1592 † 1669), mariée en 1609 à César de Bourbon (1594 † 1665), duc de Vendôme.



Mariages de : Philippe Emmanuel de Lorraine duc de Mercoeur Mariages / Enfants
DE A AVEC
Marie de Luxembourg, duchesse de Mercoeur (v. 1562 - v. 1623)
   Enfant de : Philippe Emmanuel de Lorraine duc de Mercoeur Françoise de Lorraine-Mercoeur (v. 1592 - v. 1669)


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