Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Personnage

Philippe D'Orleans (v. 1640 - v. 1701)

Parents / Familles :

Père : Louis XIII - le juste (27/09/1601 - 14/05/1643)
Mère : Anne d'Espagne - dite d'Autriche (v. 1602 - v. 1666)

Famille : Bourbon-Orléans

Titre(s) :

Duc d'Orléans (v. 1660 - ?)
Duc d'Anjou (v. 1640 - v. 1668)
Duc de Nemours (? - ?)
Duc de Montpensier (? - ?)
Duc de Valois (? - ?)

Philippe de France en armure à fleur de lys
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Philippe de France en armure à fleur de lys

 

Philippe de France (° 21 septembre 1640 Saint-Germain-en-Laye, † 9 juin 1701 château de Saint-Cloud), aussi désigné sous ses titres Philippe d'Orléans ou Monsieur, est le second fils du roi Louis XIII de France et de Navarre, et de son épouse l'infante Anne d'Autriche, frère de Louis XIV, Fils de France. Ilest titré  Duc d'Anjou (jusqu'en 1668), de Chartres, de Valois, de Nemours et de Montpensier, Prince de Joinville (liste non exhaustive). A la mort des on oncle  Gaston et à l'avènement de Louis XIV, Philippe récupèrera comme apanage le duché d'Orléans. Ses descendants directs forment la branche des Bourbon-Orléans.

Dès son enfance (dont une partie sous la Fronde), Philippe montra son originalité, son jeu préféré étant de porter des robes et de se poudrer. Ses tendances homosexuelles et sa superficialité furent encouragées par sa mère et Mazarin car un prince extravagant avait moins de chance de faire ombrage à son frère et ne risquait pas de lui disputer le pouvoir. Plus précisément, on ne voulait pas que se reproduise le cas de Gaston (frère de Louis XIII) et les complots des grands du royaume contre le roi qui avaient mené à la Fronde. Il subit donc des brimades diverses pour en faire un garçon éffeminé et faible, à l'opposé total de son frère. On l'amena régulièrement jouer avec un autre garçon de son âge, François-Timoléon de Choisy (futur abbé de Choisy), que la mère habillait aussi en robe sur ordre d'Anne d'Autriche dans le but de satisfaire le petit Monsieur. Même si ce sujet peut être atténué par le fait que porter des robes était à l’époque normal pour les garçons en bas âge (jusqu’aux environ de six ans), Philippe lui en portera occasionnellement même à l'âge adulte, se déguisant en fille et aimant déguiser des femmes de la cour.

Mazarin avait aussi ammené en France ses neuveux et ses nièces (les Mancini). Selon certains historiens, ce serait Philippe Mancini qui aurait initié le jeune duc d'Anjou au vice italien (comme on appelait les pratiques homosexuelles et pédérastes à l'époque).

Cette stratégie d'éducation des deux princes faillit toutefois jouer des tours à Mazarin et Anne d'Autriche lorsqu'en 1658 Louis XIV tomba malade et presque mourrant. Des courtisans affluèrent alors autour de Philippe, 1er dans l’ordre de succession, mais qui par l’éducation sus citée n'aurait bien sûr pas été prêt pour cette charge. Heureusement, Louis XIV survivra à cet épisode.

Par la suite, Philippe fut par conséquent notoirement connu pour son libertinage, son homosexualité, sa pédérastie (voir sa pédophilie), ainsi que pour ses parures extravagantes et son train de vie dispendieux. Il aura plusieurs favoris dont le Comte de Châtillon et surtout pendant 30 ans le chevalier de Lorraine. Ce second le manipulera jusqu'à sa mort, intriguant contre ses deux femmes (allant jusqu'à faire assassiner la première), et obtenant toute sorte de faveurs dont les meilleurs appartements dans chacune des demeures de Monsieur ou encore prélevant des pots-de-vin sur les accords que celui-ci peut passer. Etant donné son statut, les frasques vestimentaires et sexuelles de Monsieur, comme les relations qu'il a avec des pages (jeunes garçons serviteurs), sont tout à fait respectées, même si certaines histoires provoquent la colère de Louis XIV. C'est par exemple le cas lorsque le fils naturel du roi, le jeune Comte de Vermandois, âgé de 14 ans, est initié par le Chevalier de Lorraine.
Un autre scandale éclata lorsque (dans les années 1670) un jeune page fut torturé (et selon l’histoire émasculé) lors d’une orgie organisée par des proches de Monsieur. Louis XIV aurait alors fait quelques remontrances à son frère.

Monsieur
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Monsieur

Côté financier, l'apanage de Monsieur faisait de lui un des personnages les plus riches du royaume. Il récupère entre autre le duché d'Orléans et le Comté de Chartres, qui lui assurent de vivre à la hauteur de son rang, mais son frère lui refusera toutefois le Comté de Blois (et donc le Château de Chambord) et le Languedoc qui auraient aussi dû lui échoir à la mort de son oncle Gaston. Philippe recevra en plus une importante rente du roi et tirera aussi plus tard des revenus de la construction du canal d'Orléans. Ces revenus lui ont donc permit de vivre dans un faste équivalent à celui de la cour et d'être un grand mécène. Il fut par exemple le protecteur de Molière et de sa troupe, c'est grâce à lui que Molière se produira devant le roi. De plus, Philippe accueille l'académie de musique et l'académie de danse au Palais Royal. Il collectionnera aussi des centaines de tableaux de maîtres, et il amassera bijoux et pierreries.

Il a deux principales résidences:

  • le Palais-Royal qu'il a reçu en apanage et qu'il aménage à grands frais. Il y organise des fêtes et des jeux. Son favori y possède bien sur ses appartements.
  • le Château de Saint-Cloud qui lui est offert par son frère en 1658 (supposément dans l'optique de le ruiner) dans lequel il entreprend encore de nombreux travaux, en particulier la construction de grands jardins à la française et celle d'un trianon.

Malgré un courage indéniable au combat, Louis XIV ne lui laissa aucune marge de manœuvre ni aucun pouvoir. Philippe remporte des victoires de la guerre de Hollande (bataille de la Peene en 1677) contre le prince d'Orange, ses troupes et les paysans parisiens l'acclament. Par jalousie (ou par précaution), son frère lui enlève à partir de ce jour tout commandement militaire majeur. Cette bataille de Cassel sera donc son seul fait d'armes. Monsieur restera toute sa vie écarté du pouvoir par le roi Soleil et se contentera de veiller sur l'étiquette à la cour. Ce culte de l'étiquette était presque maladif selon ses contemporains. Il se bat avec les autres personnages de la cour pour que les titres précis de chacun soient respectés; par exemple, il se dispute avec les Condé pour être le seul a porter le titre de « Monsieur le Prince ».

Il se maria deux fois, deux mariages imposés par Louis XIV.

Le premier, avec la princesse Henriette-Anne d'Angleterre devait resserrer les liens des deux pays. Cette dernière ne vivra que de fêtes et aura plusieurs amants, dont (selon les historiens) Louis XIV lui-même, ce qui irritera Philippe. De son côté, Henriette ne supporte pas les favoris de Monsieur. Ils auront tout de même trois enfants. Alors qu'elle venait d'obtenir du roi l'exil du Chevalier de Lorraine, Henriette meurt de façon plutôt mystérieuse à seulement 26 ans (des rumeurs d'empoisonnement par les favoris de Monsieur circulent aussitôt). Cette mort soudaine de Madame vaudra à Bossuet la célèbre oraison funèbre: « Madame se meurt, Madame est morte ».

Monsieur se marie ensuite avec la princesse Palatine qui se convertit rapidement au catholicisme pour l'occasion. Philippe ne s'intéresse pas beaucoup à elle (si ce n'est pour obtenir un héritier mâle). Il n'y a pas d'amour entre eux mais un respect mutuel, Philippe étant un mari plutôt conciliant. Ils auront trois enfants dont le Duc de Chartes, futur régent. Après avoir eu ces trois enfants, ils se mettent d'accord pour s'épargner réciproquement le devoir conjugal.

Philippe de France meurt à Saint-Cloud le 9 juin 1701 d'une crise d'apoplexie, après une dispute avec le roi au sujet du mariage de leurs enfants. En effet, le Duc de Chartres (futur Régent) avait été contraint d'épouser Mademoiselle de Blois sa cousine, bâtarde légitimée de Louis XIV, en l'échange de charges qu'il n'avait jamais reçu. Monsieur et son frère le roi se disputèrent donc des semaines au sujet de ces charges, et ces disputes aggravèrent la santé de Monsieur qui en mourrut donc. Le roi fut très affecté de sa disparition et en pleura beaucoup les jours suivants selon les chroniqueurs de l'époque. Malgré les vexations constantes qu'il avait fait subir à son frère, leur lien était très fort, et Louis XIV se serait, dit-on, senti coupable de sa mort. Cette tristesse ne fut partagée ni par le Chevalier de Lorraine, ni par la Palatine dont la seule pensée fut de savoir comment ne pas finir au couvent (comme la tradition devait lui imposer).



Mariages de : Philippe D Mariages / Enfants
DE A AVEC
v. 1661  Henriette D'Angleterre (v. 1644 - v. 1670)
   Enfant de : Philippe D Marie Louise d'Orléans () (v. 1662 - v. 1689)
   Enfant de : Philippe D Anne Marie d'Orléans () (v. 1669 - v. 1728)
v. 1671  Charlotte De Baviere (v. 1652 - v. 1712)
   Enfant de : Philippe D Philippe II d'Orléans (Le Régent) (v. 1674 - v. 1723)
   Enfant de : Philippe D Elisabeth Charlotte de Bourbon-Orléans () (v. 1676 - v. 1744)


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