Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Personnage

Arthur III duc de Bretagne - connétable de France dit de Richemond (v. 1393 - v. 1458)

Parents / Familles :

Père : Jean IV duc de Bretagne (v. 1339 - v. 1399)
Mère : Jeanne de Navarre (v. 1370 - v. 1437)

Famille : Dreux-Bretagne

Titre(s) :

Duc de Bretagne (v. 1457 - v. 1458)
Comte de Richemond (v. 1393 - v. 1458)

Arthur III de Richemont, né le 24 août 1393 près de Vannes, mort le 26 décembre 1458 à Nantes, fut duc de Bretagne de 1457 à 1458. Il était le fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de sa troisième épouse Jeanne de Navarre. Avant d'accéder au trône de Bretagne, étant connétable de France, il était appelé le connétable de Richemont.

Il reçut de son père les honneurs de Richmond, en Angleterre, les rois d'Angleterre refusant que les bretons portent le titre de comte. Il fut également duc de Touraine, de Dreux, d'Étampes, de Montfort et d'Ivry et baron de Parthenay (en 1415 mais la donation ne sera effective qu'en 1427).

Début XVe siècle, la Bretagne du duc Jean V oscille entre l'influence française et anglaise. Les liens économiques privilégiés de la Bretagne avec l'Angleterre pourraient l'orienter vers une alliance Outre-Manche. Avec la France, la méfiance persiste, conséquence, entre autres, de la tentative manquée d'annexion du duché par le royaume en 1378. Arthur de Richemont se voit néanmoins autorisé par Jean V, son frère, à recruter des troupes en Bretagne afin de servir la cause des Armagnacs contre les Bourguignons, dans la guerre civile qui déchire le royaume de France.

En avril 1414, Charles VI, roi de France, retient Arthur à son service. En mai, il lui confie le commandement d'une troupe imposante, initialement confiée aux bons soins du dauphin Louis, duc de Guyenne. Un nombre conséquent de capitaines bretons suivent Richemont, attestant par là même de la pérennité d'un parti francophile en Bretagne. Petite et moyenne noblesse bretonne fournissent en cette occasion de précieux auxiliaires à la cause française. Maintenu dans ses fonctions après le siège d'Arras, Arthur regagne Paris en octobre 1414. Apprécié du dauphin, il reçoit les terres de Jean II Larchevêque, coupable aux yeux du roi d'avoir épousé la cause des Bourguignons au siège d'Arras. Afin de rentrer en possession des biens de ce seigneur jugé rebelle, Richemont doit entrer en campagne en juin 1415.

En août, le débarquement des troupes anglaises d'Henry V, en Normandie, bouleverse les priorités. Richemont rejoint alors le dauphin Louis à Azincourt à la tête d'un fort contigent d'hommes d'armes bretons. Engagé au matin du 25 octobre, le désastre est consommé en fin d'après-midi. La fine fleur de la chevalerie française est fauchée dans la fleur de l'âge. Richemont n'est pas épargné. Blessé, il est emmené captif en Angleterre. Commence pour le jeune prince breton une longue période de captivité. Incarcéré au château de Fotheringay, il est transféré en 1420 à la Tour de Londres, sous la surveillance de Roger Ashton. Bien que détenu, Richemont accorde procuration à son frère, Jean V, pour défendre ses intérêts et négocier une trêve dans les affaires personnelles qui l'opposent à Larchevêque.

Henry V autorise bientôt, sous la pression de la diplomatie, son précieux prisonnier à se rendre en France. Richemont quitte donc l'Angleterre en septembre 1420, accompagné de quelques écuyers bretons. En mai 1422, toujours captif des Anglais, il assiste impuissant à la prise de Meaux. Quelques jours plus tard, Richemont est témoin de l'entrée triomphale d'Henry V, roi d'Angleterre, à Paris. Les historiographes français de l'époque ne lui pardonneront pas cette période passée aux côtés des Anglais, le soupçonnant d'avoir été tenté d'embrasser la cause de l'ennemi. Ce n'est finalement qu'après le décès du monarque anglais qu'Arthur recouvre une totale liberté, estimant ne plus rien devoir aux Anglais. Cette fois, ce sont les historiographes britanniques qui ne le ménageront plus guère.

Débarassé de toute entrave, Richemont se hâte de négocier les termes de son mariage avec la duchesse de Guyenne, veuve du dauphin Louis et soeur du duc de Bourgogne Philippe le Bon. En avril 1423, Richemont se rend à Dijon pour s'y marier. Le désastre français de Verneuil laisse vacante la charge de connétable de France : une entrevue préliminaire entre Charles VII et Arthur de Bretagne a lieu en octobre 1424, à Angers. Richemont accepte l'épée de connétable que lui remet le roi, à Chinon, le 7 mars 1425. L'entente est pourtant de courte durée. L'entourage de Charles VII s'efforce de desservir Richemont auprès du roi. Début 1426, Richemont rejoint Jean V en Bretagne pour y jouer à nouveau les recruteurs avant d'assiéger, sans succès, les Anglais à Saint James de Beuvron, près d'Avranches. Une seconde défaite des troupes commandées par Richemont aux Bas-Courtils, sur les grèves du Mont-Saint-Michel, rend Jean V plus prudent. Il interdit à son frère d'aventurer à nouveau la noblesse bretonne pour d'aussi petites entreprises.

La prudence de Jean V et l'embellie diplomatique anglo-bourguignonne fragilisent la position de Richemont auprès de Charles VII. Il lui devient difficile de recruter des troupes en Bretagne et ne peut plus jouer les médiateurs entre Charles VII et la Bourgogne. Privé de sa pension de connétable, Richemont doit se contenter de livrer des batailles de seconde zone près de Parthenay et de Fontenay-le-Comte.

En février 1427, avec Yolande d'Aragon, il arrêta et exécuta Pierre de Giac, le favori du roi, qui exercait ses rapines sur le trésor de la couronne et encourageait une guerre coûteuse et désastreuse au conseil du roi.

Les Anglais accomplissent d'inquiétants progrès. Après s'être emparées de Laval et du Mans, les troupes du comte de Salisbury s'avancent vers Orléans. En octobre 1428, ils entreprennent d'assiéger la place. Charles VII refuse, malgré l'urgence de la situation, de rappeler Richemont. La disgrâce du connétable se prolonge...

L'envoi de secours à Orléans décide Richemont à passer outre aux directives royales qui visent à l'écarter des affaires. Après avoir finalement rassemblé des troupes en Bretagne, le connétable entame sa marche. C'est au cours de sa chevauchée qu'il apprend la levée du siège d'Orléans et la prise de Jargeau par l'armée française. L'approche de Richemont sème le trouble dans l'armée française. Après avoir consulté les capitaines, Jeanne d'Arc se résoud à accepter sa venue. La jonction s'effectue non loin de Beaugency. Poursuivis et défaits à Patay, les Anglais perdent nombre de leurs chefs. L'Anglais Talbot est fait prisonnier. Malgré la victoire, Richemont reçoit l'ordre de s'en retourner et les places fortes ferment leurs portes sur son passage.

Attaché à la cause française, bien que toujours en disgrâce, Richemont s'en va batailler en Normandie, contraignant les Anglais à diviser leurs forces. Finalement, la chute du favori de Charles VII la Trémoille, en 1433, ouvre à Richemont de nouvelles perspectives politico-militaires. Georges de la Trémoille, son ennemi personnel, tente de l'assassiner en 1433.

De 1429 à 1457, il chasse les Anglais de Normandie et d'une partie de la Guyenne. C'est lui qui rétablit la discipline dans l'armée et crée les Compagnies d'ordonnance (aujourd'hui gendarmes). Désormais les Bretons du connétable vont s'illustrer en Ile-de-France et en Normandie. Début 1434, d'imposantes forces font face aux Anglais, non loin de Sillé-le-Guillaume. En juillet 1434, Richemont parvient à faire lever les sièges de Laon et de Beauvais. Il gagne ensuite la Champagne et la Lorraine. Conscient de la tournure que prennent les événements, le duc de Bourgogne Philippe le Bon entame, de son côté, un rapprochement avec la France.

Au printemps 1435, des capitaines bretons, sur ordre du connétable, surprennent la garnison anglaise de Saint-Denis et parviennent à s'y installer provisoirement. Toutefois, pour chasser les Anglais de Paris, il faut s'y maintenir durablement. Le 8 mars 1436, Charles VII nomme Richemont lieutenant général en Ile-de-France, Normandie, Champagne et Brie, avec la charge de reprendre Paris. Ayant reçu le renfort de troupes bourguignonnes, les Anglais sont repoussés aux portes de la capitale. Le 13 avril 1436, Richemont se présente sous les murs de la cité. La ville est en pleine effervescence. Victimes de la fureur populaire des Parisiens, les Anglais doivent se réfugier dans la bastille Saint-Antoine. Le 15 avril, la garnison capitule. La prise de Paris renforce encore la position de Richemont auprès de Charles VII, d'autant que les Bretons du connétable s'illustrent en Ile-de-France aux côtés des grands capitaines français, Dunois, La Hire et Poton de Xaintrailles.

Des jalousies se font parfois jour comme au siège de Montereau, en 1437, où un chroniqueur rapporte la crainte des Français de voir les Bretons s'emparer de la cité avant eux. En 1437, de concert avec le Pierre de Rieux il s’empara du Pays de Caux. En juillet 1439, Richemont et ses capitaines, Pierre de Rostrenen, Tugdual de Kermoysan et Jean Budes, entament le siège de Meaux, l'une des plus solides places fortes du royaume. Meaux tombe le 12 août après une irrésistible offensive. Olivier de Coëtivy se voit confier la garde de la place par le connétable. Richemont, lui, s'en retourne à Paris retrouver le roi. Dans les mois qui suivent, Richemont s'emploie à réorganiser l'armée inaugurant une longue série d'ordonnances. En 1441, la prise de Pontoise met un terme à la reconquête de l'Ile-de-France.

En 1440, la révolte dite de la Praguerie tente de se débarrasser de lui.

En 1442, l'expédition de Tartas fournit au connétable l'occasion d'une véritable démonstration de force en Guyenne et en Gascogne. Sur le plan personnel, Richemont contracte un second mariage avec Jeanne d'Albret avant de rejoindre la Bretagne, en décembre, pour y voir François Ier, le nouveau duc, son neveu, faire son entrée dans sa bonne ville de Rennes.

Les trêves de Tours, conclues en 1443, permettent au connétable d'éloigner les dangereux routiers hors du royaume et de poursuivre ses réformes militaires, au nom de Charles VII.

En mars 1449, les trêves sont rompues lorsque le duc de Bretagne, immédiatement soutenu par Charles VII, entreprend de reprendre Fougères, tombé aux mains de François de Surienne, capitaine français à la solde des Anglais... On assemble des troupes bretonnes à Rennes. La campagne de Normandie s'engage. Des objectifs sont fixés. Dunois commande l'armée française, armée qui s'emploie à Rouen. Début septembre, les Bretons quittent Dol et s'avancent vers le Mont-Saint-Michel. Coutances et Saint-Lô sont emportées. En octobre, le connétable met le siège à Gavray, l'une des places le mieux défendu du Cotentin. Le 15 avril 1450, les Bretons du connétable interviennent de manière décisive aux côtés des troupes françaises et sauvent la bataille de Formigny. Désormais la reconqûete de la Normandie ne saurait s'arrêter. Malade, le duc de Bretagne, François Ier, doit abandonner à Richemont seul la campagne en Basse Normandie. Rejoint par le roi, les Bretons assiègent Caen. En juillet 1450, le connétable se voit remettre les clés de la cité. A Cherbourg, la tâche se révèle plus ardue et de valeureux capitaines bretons y trouvent la mort, entre autres Tugdual de Kermoysan. A l'issue de la campagne, Charles VII confie à Richemont le gouvernement de la province. Du coup, la reconquête de la Guyenne, qui marque la fin des opérations militaires de la guerre de Cent ans se fait sans lui. En 1453, les Bretons servent à Castillon, non plus sous les ordres du connétable, ainsi mis à l'écart, mais sont commandés par le jeune François, comte d'Etampes.

Le 24 avril 1450 Olivier de Méel, ancien écuyer d'Arthur (1442), assassine Gilles de Bretagne, frère du duc de Bretagne François Ier (représentant le parti pro-Anglais dans le duché) puis fui en France et trouve asile au château de Marcoussis. Il y fut enlevé, en terre française, par deux écuyers d'Arthur, afin d'être exécuté à Vannes le 8 juin 1451 ce qui déclencha un conflit avec le roi de France.

Le 22 septembre 1457, Arthur de Richemont voit son second neveu, Pierre II, successeur de François Ier, disparaître à son tour. Cette disparition fait de lui le nouveau duc de Bretagne . Au bout d'un court principat de treize mois, il s'éteint à son tour, laissant le duché à François II, père de la duchesse Anne de Bretagne.

Il s'était marié à trois reprises, mais n'eut pas de postérité :

  1. en 1423, Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans Peur.
  2. en 1442 Jeanne d'Albret († 1444), comtesse de Dreux, fille de Charles II d'Albret et d'Anne d'Armagnac
  3. en 1445 Catherine († 1492), fille de Pierre Ier de Luxembourg, comte de Saint-Pol et de Brienne, et de Marguerite des Baux.



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