Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Chronique de Jeanne de Laval Invitation à la Cour du Roi

09/12/2015

 

 Invitation  

à la

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Cour du Roi René 

 

 "La CROIX D'ANJOU" qui est devenue la "Croix de Lorraine". Il séjourna alternativement dans les deux provinces et eut l'occasion de rencontrer Jeanne d'Arc à Nancy. René d'Anjou sait donner à sa cour l'éclat qui convient à ses titres. Les tournois qu'il organise, comme le "Pas du Perron" à Saumur en 1446, sont véritablement royaux. Il crée son propre ordre de chevalerie en 1448, "l'Ordre du Croissant", placé sous le patronage de St Maurice. Mécène et artiste lui-même, il embellit son château natal d'Angers.

René d'Anjou sait donner à sa cour l'éclat qui convient à ses titres. Les tournois qu'il organise, comme le "Pas du Perron" à Saumur en 1446, sont véritablement royaux. Il crée son propre ordre de chevalerie en 1448, "l'Ordre du Croissant", placé sous le patronage de St Maurice.

 "La CROIX D'ANJOU" qui est devenue la "Croix de Lorraine". Il séjourna alternativement dans les deux provinces et eut l'occasion de rencontrer Jeanne d'Arc à Nancy. René d'Anjou sait donner à sa cour l'éclat qui convient à ses titres. Les tournois qu'il organise, comme le "Pas du Perron" à Saumur en 1446, sont véritablement royaux. Il crée son propre ordre de chevalerie en 1448, "l'Ordre du Croissant", placé sous le patronage de St Maurice. Mécène et artiste lui-même, il embellit son château natal d'Angers.

René d'Anjou et ses contemporains vont insuffler un nouveau dynamisme à la province. Le Roi René notamment s'entoure d'artistes renommés, et se crée ainsi une cour littéraire et savante

 

 

 Chronique 

Dans le Royaume 

de

Jeanne de Laval  

 

L'économie angevine fut fortement stimulée par ces chantiers de construction ou de reconstruction. Les carrières d'ardoises ou de tuffeau profitent d'une demande de plus en plus grande, encouragée par les chantiers de René ou de Jean Bourré. L'industrie textile bénéficie de l'arrivée de tisserands normands, les foires et marchés sont à nouveau fréquentés, l'élevage se développe, les échanges sur la Loire se multiplient. Cherchant à mettre en valeur leurs terres qu'ils avaient abandonnées pendant la guerre, les nobles et le clergé développent le métayage, bientôt imités par les bourgeois et les officiers, participant ainsi au renouveau des campagnes. Ces derniers cherchent de plus en plus à s'émanciper du pouvoir féodal et tiennent des conseils urbains à Angers. Ils voient leur volonté appuyée par le roi de France qui créé le 25 juillet 1474, la Mairie d'Angers.

L'Université d'Angers, créé en 1364, se voit reconnue officiellement par le pape en 1432, bien qu'elle clame depuis 1410 son indépendance vis-à-vis de l'évêché d'Angers. En plus du droit civil et du droit canon, l'Université se dote au xve siècle d'une faculté de médecine, de philosophie et de théologie. L'afflux d'étudiants, l'ouverture de nouveaux collèges, puis l'introduction de l'imprimerie vont la pousser à s'installer dans de nouveaux bâtiments en1477, et ainsi contribuer à faire d'Angers un centre intellectuel  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

René consacre alors son temps au développement de l'Anjou, de la Lorraine et de la Provence. Il crée l'ordre de Chevalerie du Croissant où s'expriment les idéaux de piété, de charité et d'honneur féodal. Sa devise : "Loz en croissant" (la louange en croissant). Par ailleurs, il fait de nombreuses donations aux abbayes et fonde le couvent de la Baumette au bord de la Loire, en souvenir de la Sainte Baume provençale. Il instaure le pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

René partage son temps entre ses différents domaines, naviguant sur le Rhône et sur la Loire lorsqu'elle n'est pas ensablée, transportant meubles, tapisseries, objets d'arts, et le vin qu'il faisait lui-même dans son manoir de Chanzé.

En ce siècle tourmenté, la cour d'Anjou est des plus fastueuses, employant de nombreux conseillers, serviteurs, et surtout artistes, multipliant tournois coûteux, bals prestigieux, fêtes grandioses. René est un grand mécène, s'entoure constamment de gens de lettres, de peintres et de musiciens. Il fait venir des peintres flamands de Lorraine, où il a connu Van Eyck, et de Naples des sculpteurs réputés. C'est surtout de la cité d'Avignon, célèbre pour son école de peinture, que vinrent les artistes qui devaient illustrer son règne : Nicolas Froment, Enguerrand Charton. A la fin du 15ème siècle, une quarantaine d'artistes de valeur résident à Aix-en-Provence, et travaillent sous contrat pour le Roi René ou les notables, ils réalisent des oeuvres de prestige et participent à la décoration des fêtes.

Mais René le Bon était aussi proche du peuple, et n'hésitait pas à assister aux grandes fêtes populaires, et même à en organiser. La ville des Ponts-de-Cé, sur la Loire, conserve ainsi de lui l'amusante coutume de la "baillée des filles" : les filles de pêcheurs devaient lancer leurs filets dans un concours de pêche où la gagnante recevait du bon roi un baiser. René savait également soutenir les petites gens : un pauvre pêcheur qui avait acheté un terrain à la Doutre en bord de Maine, ne trouvait pas de gros poissons, et donc ne pouvait pas assurer la subsistance de sa famille ; René, dont l'aide fut sollicitée, changea le loyer du pêcheur en une platée d'ablettes qui devait lui être apportée chaque premier mai. 

 

Aix ne retrouve sa splendeur qu’à partir du xiie siècle, où les comtes de Provence (maisons d’Anjou et d’Aragon) y tiennent une cour raffinée et lettrée, et au xve siècle sous le bon roi Renéduc d'Anjou, comte de Provenceroi titulaire de Sicile, la ville prend tout son essor. Le roi René, esprit éclairé, transforme la ville en un célèbre centre culturel et universitaire (1409). Il organise des fêtes populaires comme la procession de la Tarasque, à Tarascon ou la Fête-Dieu à Aix qui durait plusieurs jours et rassemblait des centaines de troubadours. Il est également à l'origine de l'importation du raisin muscat. Il épouse Isabelle de Lorraine, puis Jeanne de Laval, et à 72 ans, meurt à Aix en 1480.

Dans ses Chroniques, le célèbre chroniqueur Jean de Joinville parle d'Aix-en-Provence à propos d'une visite de Saint-Louis : « Le roi s'en vint par la comté de Provence jusqu'à une cité qu'on appelle Aix, en Provence, là où l'on disoit que le corps de Magdeleine gisoit ; et nous allâmes dans une voûte de rocher moult haut, là où l'on disoit que la Magdeleine avoit été en hermitage dix-sept ans 

 l’entrée du nouveau roi à Reims et à Paris fut comme une exhibition des produits de l’industrie belge. Les modes firent surtout merveilles, et celles des dames encore plus que celles des hommes, parce qu’elles s’éloignaient davantage du goût français.

La duchesse de Bourgogne, Portugaise de naissance, y avait introduit les façons de son pays. Les queues des robes supprimées, les manches larges comme des sacs et assujetties aux poignets, les manteaux en forme de capes à collet montant, la ceinture remise à la taille au lieu d’être portée sous les seins, les taillades, déchiquetures et guipures multipliées à profusion, telles étaient les nouveautés qui allumèrent la convoitise des dames françaises. Mais nous avons vu que Louis XI n’était pas homme à encourager, sous quelque forme que ce fût, l’invasion étrangère. Loin de pousser à l’imitation flamande, il l’interdit dans sa maison. Cela fit que les femmes de la cour continuèrent de porter l’habit du temps de Charles VII, tandis que de simples bourgeoises se mirent à la mode de Bruges et de Gand.

Réception d'une grande dame et de sa suite à la cour de Charles le Téméraire
Réception d’une grande dame et de sa suite
à la cour de Charles le Téméraire
Dire que le costume féminin du temps de Charles VII se maintint sous Louis XI, ce n’est pas exclure toute idée de modification introduite dans ce costume. Il changea, mais sans déroger à son principe. Ainsi, par exemple, la robe traînante, au lieu d’être garnie de fourrure par le bas, le fut plus généralement d’un large velours ; le collet renversé ou rebrassé, qui n’avait procuré d’abord qu’une échancrure du corsage sur la poitrine, en procura une seconde dans le dos ; la ceinture de velours acquit la largeur de deux travers de main, devenant par le fait un véritable corset ; le chapeau hennin ou se fendit de devant en arrière comme une mitre d’évêque, ou s’allongea en pointe comme un cône entier, de cône tronqué qu’il était. Le couvre-chef devint un long voile qui pendait de l’extrémité du hennin jusque sur les talons, et pour cette cause se ramenait en marchant sur l’avant-bras ; en outre on ajusta sur le devant de la coiffure une passe en linon empesé, qui formait comme une visière sur le front. Pour la chaussure, on continua de porter des souliers pointus montés sur des galoches.

Les traits satiriques contre la toilette des dames n’abondent pas moins sous le règne de Louis XI qu’aux époques antérieures. Prédicateurs, moralistes et poètes tonnent ou s’égayent à propos des innovations les plus innocentes. « La tête, s’écrie un cordelier, la tête qui soulait être cornue, maintenant est mitrée en ces parties de France. Et sont ces mitres en manière de cheminée ; et grand abus est que tant plus belles et jeunes elles sont, plus hautes cheminées elles ont. C’est grand’folie d’ainsi lever et hausser le signe de son orgueil. Je vois autre mal à ce grand étendard qu’elles portent, ce grand couvre-chef délié qui leur pend jusqu’en bas par derrière : c’est signe que le diable a gagné le château contre Dieu. Quand les gens d’armes gagnent une place, ils mettent leur étendard au-dessus. »

Voici d’autres critiques du même auteur, dont on comprendra mieux l’à-propos : « Par détestable vanité, elles font faire leurs robes si basses à la poitrine et si ouvertes sur les épaules, qu’on voit bien avant dans leur dos ; et si étroites par le faux du corps qu’à peine peuvent-elles dedans respirer ; et souventes fois grand’douleur y souffrent pour faire le gent corps menu. Et quant aux pieds, elles font faire les souliers si étroits qu’à peine peuvent-elles endurer, et ont souvent les pieds contrefaits, malades et pleins de cors. »

Coquillart fait un autre reproche aux souliers :

Nos mignonnes sont si très-hautes
Que, pour sembler grandes et belles,
Elles portent pantoufles hautes
Bien à vingt et quatre semelles.

Et sur la passe de linon ajoutée au chapeau, ce malicieux Champenois trouve encore à redire :

Quelqu’une qui a front ridé
Porte devant une custode,
Et puis on dit qu’elle a cuidé
Trouver une nouvelle mode.

Il y a une circonstance de la vie, peu notée de nos jours, où les merveilleuses de la fin du quinzième siècle étalaient surtout leur coquetterie : c’était le temps de la gésine, c’est-à-dire la suite des couches. Pendant un mois ou six semaines, l’accouchée se tenait en exposition sur son lit, parée d’un négligé dans lequel elle trouvait moyen de faire entrer tous ses joyaux. Comme l’usage de la société ne comportait pas que la mère allaitât son enfant, du matin au soir elle pouvait se livrer aux visites. Toutes les parentes, toutes les amies, toutes les connaissances et les commères racolées par les connaissances, venaient tour à tour s’asseoir dans la ruelle et mettre en train ces propos qui ont jadis rendu les caquets de l’accouchée une chose proverbiale.

La maîtresse avait charge de ne pas laisser tomber la conversation ; elle ne s’interrompait que pour prendre des bouillons ou affecter des moments de langueur qui faisaient voir de plus près ses bijoux aux visiteuses empressées de la secourir. Pour qu’on ne croie pas que nous exagérons, nous laisserons parler un contemporain : « L ’accouchée est dans son lit plus parée qu’une épousée, coiffée à la cocarde, tant que diriez que c’est la tête d’une marotte ou d’une idole. Au regard des brasseroles [sorte de camisole à manches courtes], elles sont de satin cramoisi ou satin de paille, satin blanc, velours, toile d’or ou d’argent ou autres sortes, qu’elle sait bien prendre et choisir. Elle a carcans autour du cou, bracelets d’or, et est plus phalerée qu’idole ni reine de cartes. »

Sous Charles VIII, une révolution complète s’opéra dans le costume féminin. Quelques-uns l’attribuent à la reine Anne, qui aurait apporté avec elle les modes de la Bretagne. Mais des monuments antérieurs à son mariage, qui n’eut lieu qu’en 1491, montrent les dames déjà parées de plusieurs pièces du nouvel habillement. Dans un petit poème intitulé le Parement et triomphe des dames d’honneur, le célèbre Olivier de La Marche nous a laissé l’énumération de toutes les pièces dont se composait ce costume. Nous nous y arrêterons comme à la meilleure source de renseignement où il soit possible de s’instruire.

L’auteur commence par se demander quel présent il fera à celle qui occupe ses pensées :

Peintre ne suis pour sa beauté pourtraire ;
Mais je conclus un habit lui parfaire
Tout vertueux afin que j’en réponde,
Pour la parer devant Dieu et le monde.

Partant de cette idée, il donne à sa dame les pantoufles d’humilité, les souliers de bonne diligence, les chausses de persévérance, le jarretier de ferme propos, la chemise d’honnêteté, le corset ou la cotte de chasteté, la pièce de bonne pensée, le cordon ou lacet de loyauté, le demi-ceint de magnanimité, l’épinglier de patience, la bourse de libéralité, le couteau de justice, la gorgerette de sobriété, la bague de foi, la robe de beau maintien, la ceinture de dévote mémoire, les gants de charité, le peigne de remords de conscience, le ruban de crainte de Dieu, les patenôtres de dévotion, la coiffe de honte de méfaire, les templettes de prudence, le chaperon de bonne espérance, les paillettes de richesse de cœur, le signet et les anneaux de noblesse, le miroir d’entendement par la mort.

Ce qu’Olivier de La Marche appelle pantoufles, était une paire de mules très légères en velours ou en satin, et arrondies du bout, suivant la forme du pied. Les souliers, espèce de claques à hautes semelles, se mettaient par-dessus les pantoufles. Les chausses sont les bas, qui, à cette époque, se faisaient encore de plusieurs pièces d’étoffe assemblées par la couture. Jarretier n’a pas besoin d’explication. La chemise, objet d’un usage général à la fin du quinzième siècle, était en fine toile, à manches longues, étroites et plissées jusqu’au poignet.

La cotte, ou robe de dessous, était fendue en pointe par-devant, depuis l’encolure jusqu’au milieu du corps. Elle dessinait les contours jusqu’aux hanches, et de là descendait au bas de la jambe en formant une jupe assez ample. Lorsqu’elle devait être portée avec une robe de dessus, à manches courtes, les siennes étaient très étoffées et taillées en forme d’entonnoir. On les faisait étroites, sans cependant les ajuster au bras, lorsque la cotte était pour mettre avec une robe de dessus à manches larges.

Par corset, il faut entendre un corsage d’une étoffe forte comme le drap ou le velours, dont la coupe était la même que celle du corsage de la cotte. On montait dessus des manches et une jupe de soie, de manière à en former une véritable robe de dessous. La pièce était un carré d’étoffe richement Representation allegorique de la Musique sous la figure d’une femme du temps de Charles VIII Représentation allégorique de la Musique sous la figure d’une femme du temps de Charles VIII, qui accompagne sur le tympanon un chœr de musiciens d’église et de chambre brodé d’or et de soie, qui se posait comme un plastron sur la poitrine pour la couvrir à l’endroit où s’échancrait le corsage de la cotte. Le cordon oulacet était passé dans des œillets percés sur les ourlets de l’échancrure de la cotte. Il servait à maintenir la pièce sur la poitrine. Le demi-ceint, petite écharpe de soie, se posait toute roulée autour de la taille, et se nouait en rosette par-devant. L’épinglier ou pelote, la bourse en forme d’escarcelle, le couteau, étaient suspendus par des rubans ou des chaînes après ledemi-ceint.

Représentation allégorique de la Musique sous la figure d'une femme du temps de Charles VIII, qui accompagne sur le tympanon un chœr de musiciens d'église et de chambre
Représentation allégorique de la Musique
sous la figure d’une femme du temps de Charles VIII,
qui accompagne sur le tympanon un chœr
de musiciens d’église et de chambre
La gorgerette, col de linon plissé ou uni, montait par-dessous la pièce jusqu’à la hauteur des clavicules. La bague n’est pas, comme on pourrait le croire, un anneau à mettre au doigt. Bague signifia d’abord un coffret, puis les objets de bijouterie qu’on mettait dans des coffrets. Ici son acception probable est celle de collier. La robe par excellence, ou robe de dessus, était à corsage plat et ajusté, taillée carrément à l’encolure et fortement décolletée, de manière à laisser voir la gorgerette, la pièce et les épaulettes de la cotte ou du corset. Elle avait des manches courtes comme une brassière, ou bien des manches longues d’une ouverture extrêmement large par le bas. La jupe, fort étoffée, traînait par-devant et par derrière, ce qui impliquait de la tenir retroussée en marchant.

La ceinture consistait en un large ruban posé à plat sur les hanches, et se nouant d’angle sur le ventre où elle formait une rosette avec deux longs bouts pendants. Les patenôtres, chapelet d’orfèvrerie, de perles ou de tout autre travail précieux, s’attachaient au nœud de la ceinture et pendaient sur le devant de la robe. Nous ne saurions dire si le peigne est mentionné par Oliver de La Marche comme pièce intégrante de la toilette, ou comme un objet que les dames portaient sur elles. La coiffe était un petit béguin ou calot, qui se posait par-dessus les cheveux. Il était muni par-devant d’une garniture étroite en passementerie ou guipure chargée de perles. Cette garniture, qui descendait jusqu’au bas des joues, des deux côtés du visage, est ce que notre auteur appelle les templettes.

Le chaperon, voilette carrée en drap ou en velours, s’attachait sur la coiffe avec des épingles. On lui faisait faire un retroussis par-devant pour dégager le front et les templettes. Il tombait droit par derrière et sur les côtés. Nous ignorons la destination et la forme despaillettes. Le signet ou cachet était monté en bague et se portait au doigt avec d’autres bagues ou anneaux. Enfin le miroir était un objet de poche.

Nos gravures reproduisent assez bien les descriptions qui viennent d’être données, tant pour l’époque de Louis XI que pour celle de Charles VIII. La première est remarquable par le mélange des modes flamandes avec les modes françaises. Elle nous montre l’état des choses à la cour de Bourgogne vers l’an 1468. La seconde nous offre, comme figure principale, une jeune personne habillée de ces costumes de fantaisie que l’on prenait pour les bals ou pour la réception des rois à leur première entrée dans les villes. Les manches rayées de la cotte paraissent empruntées à la mode grecque du temps. Le chaperon est remplacé sur la coiffepar un petit bonnet ou turban monté sur un cercle d’orfèvrerie. L’ajustement du chaperon avec les templettes se voit dans la petite figure de femme placée au second plan parmi les musiciens 

 
Le Chapeau  a travers les siecles

Voilà ce que nous apprennent les auteurs contemporains et les écrivains qui ont traité de cette matière. Henri van Cuyk, évêque de Ruremonde (Pays-Bas), dans son livre De vetusto rasurae clericalis more (De l’ancienne manière de raser les religieux) (1575) ; Prosper Stellaerts, dans Trois livres de dissertations sur les couronnes et tonsures des Païens, des Juifs et des Chrétiens (1625) ; Jean van Arntzen, Antoine Antoine Hotman (XVIe siècle), Adrien Junius et Pierrius Valerius (ce dernier se fit le défenseur, en 1531, de la barbe des ecclésiastiques), ne laissent aucun doute à cet égard, pas plus que dom Augustin Fangé, bénédictin auteur de Mémoires pour servir à l’histoire de la barbe de l’homme (1774).

Grégoire de Tours (539-594) dit en outre que les reines et les princesses, ses contemporaines, portaient les cheveux longs, nattés, et retombant sur les épaules à l’instar des Gauloises dont elles descendaient et auxquelles saint Grégoire de Nazianze (329-390), qui s’adressait à celles d’entre elles qui suivaient la foi catholique, reprochait leurs nattes sans nombre et parfumées de cosmétiques précieux. Mais les filles de ces délicates coquettes étaient bien loin de les imiter en ce dernier point ; car la seule pommade que connussent les premières reines de France, depuis Clotilde (épouse de Clovis) jusqu’au temps de Charlemagne (fin du VIIIe siècle), était de la graisse d’animaux ou du beurre fait avec du lait de cavale.

Quand une dame de haute lignée coupait ses chevaux, c’était pour faire vœu d’humilité, renoncer aux vanités du monde, entrer dans un cloître, et se consacrer à la vie religieuse. En outre, le voile caractérise la coiffure des femmes jusqu’au XIIIe siècle inclusivement ; tantôt il est maintenu par la couronne, tantôt il est jeté sur la tête et sur les épaules, tantôt il enveloppe la tête, se tend sur le front, se replie sous le menton, et forme, par ce moyen, une sorte de bavolet.

Coiffure du IXe siècle
Coiffure du IXe siècle,
d’après la Bible de Charles le Chauve
Le voile était donc en même temps la coiffure des femmes qui ne s’étaient point consacrées au cloître et de celles qui avaient coupé leurs cheveux pour passer le reste de leurs jours sous les voûtes silencieuses d’un monastère. Il est même probable qu’à cette époque il n’existait point de costume particulier affecté aux ordres religieux, et que ces costumes ne sont devenus particuliers qu’en ne subissant pas de modifications, tandis que le caprice diversifiait la coupe des vêtements des laïques. Les nonnes n’imitèrent point ces modifications « mondaines » et continuèrent à porter les costumes avec leur forme primitive, et à disposer le voile sur leur tête de la même manière et avec la même rigoureuse simplicité.

A cette époque, pour les laïques comme pour les religieuses, le voile était donc tantôt blanc, de pourpre ou d’azur, comme on le voit dans une Bible de Charles le Chauve (IXe siècle). Il se glisse mystérieusement sur les cheveux qui ne paraissent point nattes, mais au contraire relevés derrière les oreilles et sans aucun nœud, sans aucun lien. Ce voile, peint dans la Bible dont on parle, est bleu, parsemé de points d’or, fort ample, et d’une étoffe épaisse et même un peu rude.

Coiffure du Xe siècle
Coiffure du Xe siècle,
d’après le portail de l’église Notre-Dame de Corbeil
Au Xe siècle, c’est encore le voile et la couronne : seulement le voile est disposé avec un soin particulier ; les plis étagés élégamment montre les cheveux relevés en petites nattes de chaque côté des tempes ; la couronne, merveilleusement ouvragée, semble composée de pierreries et de perles. une statue du portail de Notre-Dame de Corbeil, que l’on croit représenter Clotilde (dessin ci-dessus), femme de Clovis Ier, mais à laquelle l’artiste a évidemment donné le costume du Xe siècle, présente toutes les caractères qui viennent d’être décrits.

On ne remarque aucune changement grave jusqu’à la fin du XIe siècle, c’est-à-dire jusqu’au règne de Louis VI le Gros (1108). A cette époque, le voile forme un noeud de chaque côté des tempes et s’harmonise avec plus de recherche et plus de goût à la couronne qui devient plus simple, comme on le voit dans le portrait de Blanche, cette fière et impérieuse épouse du roi Robert (dessin ci-dessous).

Coiffure du XIe siècle
Coiffure du XIe siècle
Au XIIe siècle, une arcade en pierres, qui semble dater de la seconde croisade et qui servait d’encadrement à une armoire contenant les reliques de l’abbaye de Vendôme, près de Chartres, dans la Beauce, montre le voile formant une calotte serrée qui dessine rigoureusement la tête. Ce voile est court et ne laisse voir, en aucune façon, les cheveux sans doute coupés ; car à cette époque, soit par mode, soit par dévotion, quelques dames de haute lignée se coupèrent les cheveux. Ainsi l’on voit dans un sceau de 1270, Jeanne, comtesse de Toulouse, en robe, en manteau, et la tête entièrement rasée. 
Coiffure du XIIe siècle
Coiffure du XIIe siècle, d’après
une arcade de l’abbaye de Vendôme
Si toutes les nobles dames du XIIIe siècle n’imitèrent point une mode si peu gracieuse, il n’en est pas moins certain que dès lors disparurent les longues nattes, les couronnes et les voiles, pour faire place à une sorte de toque et de bonnet qui présente un caractère oriental et qui est une imitation évidente des coiffures dont les chevaliers français avaient admiré la grâce voluptueuse en combattant les sectateurs de Mahomet.

Un manuscrit provenant de l’abbaye de Saint-Germain, reproduit un de ces turbans à plis tendus et desquels descend un bandeau à la manière juive, qui passe sous le menton et laisse échapper derrière, de longs anneaux de cheveux (dessin ci-contre). Le bonnet de Marguerite de Provence présente à peu près les mêmes formes ; seulement il paraît plus haut, se penche en arrière et est diapré de cordonnets bleus qui se détachent sur un fond brun. Enfin le bandeau ne serre pas le menton, mais flotte avec élégance sur le cou qu’il cache à demi.

Coiffure du XIIIe siècle
Coiffure du XIIIe siècle, d’après un manuscrit
provenant de l’abbaye de Saint-Germain
Jusqu’ici, on le voit, la coiffure des femmes nobles s’est montrée constamment sévère, sans changement de forme bien caractérisé, et plus propre à une vie modeste, austère et d’intérieur, qu’à une existence brillante et de plaisirs. Elles passaient leurs journées à des travaux d’aiguille. Pour écouter le châtelain leur conter quelque histoire édifiante ou un troubadour venant dire quelque ballade ou quelque virelai, la noble dame s’enveloppait de son voile, afin de cacher aux regards profanes du ménestrel des traits qu’il n’était donné d’admirer qu’à son époux. Ces rares visites de pèlerins chantants ou d’hôtes illustres qui venaient demander l’hospitalité ne se renouvelaient que de loin à loin.

Mais au XIVe siècle une vive réaction se fit sentir dans les mœurs françaises, et changea d’une manière brillante les costumes et la coiffure des femmes. La branche des Valois, parvenue au trône, amena peu à peu la paix, et le luxe, enfant brillant de la paix ; ce fut surtout sons le règne de Charles V (1364-1380) que se fit ressentir une influence si heureuse ; elle ne fit qu’augmenter dès lors. On ne voit plus le voile d’étoffe d’or dont s’affublaient Béatrix de Bourgogne, femme de Robert, dernier fils de saint Louis, et Marie de Hainaut, femme de Louis Ier, duc de Bourbon et petit-fils de saint Louis, mais bien des bonnets de formes variées jusqu’à l’infini, et qui reçoivent le nom d’escoffion.

Coiffure du XIVe siècle
Coiffure du XIVe siècle
Tantôt c’était une espèce de turban plat, à gros bourrelet, chamarré de diverses couleurs ou étincelant de toute sorte de pierreries ; ce bourrelet se divisait en deux parties bien distinctes et semblables qui s’unissaient au milieu du front et laissaient à découvert le sommet de la tête et les cheveux. D’autres fois cette coiffure se modifiait par un bandeau qui prenait sous le menton ; alors les bourrelets étaient moins volumineux, supportaient la couronne et recouvraient toute la tête, sans laisser voir autrement les cheveux que sur le front, où ils s’étalaient en deux légers bandeaux.

Le voile n’était pas même incompatible avec cette coiffure à bourrelets ; seulement en place de se jeter sur la tête et de la couvrir entièrement, comme il était d’usage de le faire aux siècles précédents, ce voile, d’une étoffe légère et diaphane, s’attachait à la couronne, retombait sur le cou sans cacher le visage, et se terminait par une broderie découpée et plus ou moins riche.

Coiffure du XIVe siècle
Coiffure du XIVe siècle
Chez les personnes austères, surtout lorsqu’elles sortaient, soit à cheval, soit en litière, le voile d’étoffe épaisse était encore en usage. Alors il se nouait à peu près de la même manière qu’au XIe siècle. Un nœud l’attachait derrière la tête, couvrait l’oreille, mais laissait voir les boucles ou les nattes des cheveux, et jetait ses plus autour du cou, qu’il couvrait hermétiquement.

Ce fut vers la fin du XIVe siècle, sous le règne de la reine Isabeau de Bavière, que l’on imagina une mode qui fit grand bruit et qui se perpétua jusque vers le milieu du siècle suivant. C’était une coiffure élevée en pointe, et du sommet de laquelle pendait un long voile qui flottait comme la banderole d’un vaisseau. Cette coiffure pyramidale, qu’on appelait des hennins, était d’une hauteur si prodigieuse qu’une petite femme semblait un colosse, et que de loin on l’eût prise pour le clocher d’une chapelle. Les prédicateurs s’élevaient contre une mode dont le premier inconvénient, disaient-ils, était de nuire à la dignité corporelle des maris, qui, « près de leurs femmes, n’étaient plus que de petits buissons perdus dans une forêt de cèdres », rapporte Addisson dans son Spectateur moderne.

Coiffure du XIVe siècle
Coiffure du XIVe siècle
Dès lors, la coiffe ne quitta plus de la tête des dames, et dans quelques peintures du temps qui représentent des femmes au bain et sans aucun vêtement, l’artiste leur a conservé la coiffe. Déjà d’ailleurs, depuis longtemps, on avait sacrifié les cheveux de derrière pour ne conserver que les nattes du devant de la tête. Un portrait de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V, montre une longue natte devant chaque oreille et par-derrière des cheveux taillés si courts qu’ils ne cachent point la nuque.

On comprendrait difficilement celte singulière mode de se couper ras les cheveux, adoptée par les femmes, si l’on n’y voyait pas d’abord une imitation exagérée de la coutume qu’ont les Orientaux d’avoir la tête rasée. Les historiens du temps ajoutent qu’une maladie de tête survenue à la reine Isabeau de Bavière, et qui fit tomber tous ses cheveux, engagea les femmes de sa cour à se priver ainsi de la plus charmante parure qu’elles avaient reçue de la nature. Une fois adoptée par la cour, cette mode se répandit dans toute la bourgeoisie ; aucune femme ne voulut plus porter les cheveux longs dont elle était si fière et si heureuse naguère.

Coiffure du XVe siècle
Escoffion adourné, coiffure du XVe siècle
La coiffe ou escoffion, d’abord modeste et simple auxiliaire du hennin, finit par devenir peu à peu sa rivale et par partager avec lui la faveur de la mode. Au commencement du XVe siècle, sous le règne de Charles VII, la coiffe adournée comptait presque autant de partisans que le hennin ; à la fin du même siècle, c’est-à-dire sous Louis XI, le hennin avait tout à fait disparu devant l’escoffion triomphant.

Du reste, avant d’en venir là, le hennin avait subi de grandes modifications ; au lieu de se terminer par une vive solution de continuation, par des arêtes bien tranchées ou par un fond plat, l’étoffe qui le recouvrait se repliait à l’extrémité et retombait derrière en façon de voile, à peu près comme un bonnet de police déployé.

Quant aux époques intermédiaires, Walter Scott s’est chargé de nous en décrire les coiffures, et voici comment il le fait dansQuentin Durward, en parlant de la jeune comtesse Isabelle

                                                                                               le Chapeau à la Cour du Roi René

« Quentin, dit-il, reconnut promptement qu’une profusion de longues tresses de cheveux noirs, parmi lesquels, de même que les jeunes Ecossaises, elle avait « entrelacé, pour tout ornement, une légère guirlande de feuilles de lierre, formaient un voile autour d’une figure dont les traits réguliers et les yeux noirs pouvaient la faire comparer à Melpomène. »

Une fois devenue reine, la coiffe affectait mille formes diverses et se revêtit des couleurs les plus éclatantes : tantôt elle prenait juste la tête, tantôt elle se couvrait des plis d’un petit voile qui ne dépassait pas les oreilles ; tantôt, comme pour narguer son ancien rival le hennin, elle s’élevait en forme de mitre d’azur et d’or en laissant voir deux grosses nattes de cheveux, tandis que le hennin ne montrait autrefois qu’une simple petite natte, maigre même, qui se courbait au milieu du front et y formait un demi-cercle de même dimension. L’exemple de l’escoffion à voilette se trouve dans un portrait de Marguerite d’Anjou, peint en 1450.

Coiffure du XVe siècle
Hennin ployant, coiffure du XVe siècle
C’est de cette époque triomphante de l’escoffion que date de nouveau la mode de porter les cheveux dans toute leur longueur et de les disposer de différentes façons sur le front et autour du visage. Les poètes et les trouvères de l’époque se remirent également à chanter et à vanter les blonds et les noirs cheveux de leurs dames se répandant sur leurs épaules comme un vrai manteau royal, expression naïve et pittoresque qu’Alfred de Musset s’est appropriée dans sa jolie ballade : Allez dormir, ma belle.

L’escoffion devenait tantôt une résille de soie de laquelle s’échappaient les cheveux en boucles ondoyantes, ou bien il dressait deux cornes triomphantes, en forme de croissant, et maintenues par un petit voile qui se nouait sous le menton. Ou bien l’escoffion entourait la tête d’une couronne d’écailles de vermeil et d’azur, laissant voir quelques anneaux de cheveux ; mais c’était là une coiffure plus bizarre que gracieuse, et que la cour ne voulut jamais adopter, « la laissant aux bourgeoises qui voulaient trancher de la noble dame et se croyaient charmantes parce que leurs couvre-chefs coûtaient de bons écus d’or », écrit Addisson.

A la même époque, c’est-à-dire vers 1467, Monstrelet dit que les dames et demoiselles renoncèrent aux cornes hautes et larges qui formaient leur coiffure et qu’elles mirent sur leurs têtes « bourrelets à manière de bonnets ronds qui s’amincissaient par-dessus de la hauteur de demi-aune ou de trois quarts de long

 

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