Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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invitation à la cour du Roi suite 2

23/11/2015

Une quantité d’accessoires devenaient indispensables tels que les mouches. Selon un code bien précis, et l’humeur de la courtisane, une multitude de mouches aux messages significatifs étaient à sa disposition. Le magasin À la perle des mouches se situant rueSaint  Denis à Paris, offrait une grande collection de ces ornements, on y trouvait « la passionnée » qui se posait près de l’œil, « la baiseuse » au coin de la bouche, « la coquette » sur la lèvre, « la galante » sur la joue, « l’effrontée » sur le nez, ou encore « l’enjouée » sur une pommette, « la discrète » sur le menton, « l’assassine » sous l’œil, « la tendre » sur le lobe de l’oreille, et pour terminer, « la majestueuse » sur le front.

 

 

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Parmi les autres éléments indispensables, il y avait les gants, d'Espagne de préférence. Ces derniers se devaient d’être fendus sur la main, ornés de dentelle d’or et délicatement parfumés, et devaient avoir été fabriqués dans les trois royaumes : la peau en Espagne, la taille en France et les coutures en Angleterre.

Les écharpes de taffetas garnie de dentelles protégeaient de la pluie, Les manchons eux se portaient par temps froid. On en trouvait en satin, en peluche ou, plus souvent en fourrure. Rue Dauphine à Paris, se trouvait la Boutique du grand monarque. C’est là que les grandes dames de la cour se fournissaient en petits manchons en fourrure de chat, de chien gris, de Castor, deLoutre, voire de léopard. Le summum de la mode était de tenir caché un petit chien qui devait passer son museau sur le côté du manchon…

Les éventails protégeaient de la chaleur, mais on ne les ouvrait pas en présence du souverain. Différentes modes furent lancées. On vit des éventails « à la siamoise » représentant des figures de magots (figures grotesques) et peints sur fond or. Sous Louis XV, certains éventails prirent le nom de « lorgnette », ils étaient entièrement décorés de chinoiseries arborant de jolies pagodes. Pour terminer, une femme de qualité ne sortait jamais sans son masques de velours. Enfin, robes, manches, etc, tous les composants du vêtement sont démontables, amovibles. On change la composition d'une robe très souvent dans la journée, les bijoux deviennent boucle de souliers, puis broches… Les dentelles sont si coûteuses qu'elles font partie de l'héritage d'une femme, on les porte avec soin. Elles sont blanches au début, puis la couleur crème s'installe dans la mode. Certaines robes ne peuvent être portées qu'une fois, alors on « recycle » le tissu en meuble, ou en manche. La mode de Louis XIV à Louis XVI, voit le jupon, le « panier », s'élargir de plus en plus sur les côtés et s'aplatir sur le devant.

Le maquillage

Le visage était recouvert de blanc. On pensait que les produits blancs donnaient une peau blanche. Le blanc évoquait la virginité et donnait l'illusion d'un visage pur, exempt de toute tache, de toute cicatrice, et dissimulait les rougeurs, les couperoses et les dermatoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins capiteux. La blancheur du teint était également un signe d'oisiveté et donc de richesse. Les dames se mettaient aussi parfois une quantité impressionnante de mouches (petites rondelles de taffetas noir disposées sur le visage et destinées entre autres à cacher les impuretés tels que les boutons, les petites rougeurs, les grains de beauté…), toujours pour faire ressortir la blancheur de leur teint. Les précieuses se blanchissaient et évitaient, lors des promenades, le bronzage en portant un masque qu'elles maintenaient par un bouton entre les dents, ce qui évitait la conversation.

Une couleur marque l'apogée de cette illusion : le rouge. Le rouge était la marque du pouvoir aristocratique. Quand une femme voulait séduire, elle ajoutait du rouge sur les joues. Dès 1673, toutes en portaient.

Sous Louis XIV, le fard devint le symbole de l'amour, de l'émancipation, mais aussi de l'adultère, de l'impudeur. Les femmes se fardent à l'extrême, surchargées de blanc et de rouge. Toutes les gammes de rouge explosent agressivement. Les cosmétiques de l'époque se composent de céruse, du sublimé, du rouge d’Espagne, du vinaigre distillé ou de l’eau de fleur. La céruse est de l'oxyde de plomb (produit extrêmement toxique) que l'on poudrait sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Au début du XVIIIe siècle, les précieuses fabriquaient elles-mêmes leurs fards.

Les « marchands et artisans privilégiés suivant la cour » (itinérants puis tenant des baraques lorsque la cour se fixe à Versailles) et les « marchands et artisans ordinaires du roi » (fixés dans des lieux précis), munis de brevets de jouissance ou de lettres patentes, sont chargés d'approvisionner la cour en nourriture (charcutier, épicier), boisson (limonadier, vinaigrier et distillateur), fourniture (armurier, mercier, fleuriste, vendeur de tissus, fagots de bois, livres) et services (perruquier, repasseuse, tapissier).

 Pendant longtemps, le prix des beaux vêtements, rédhibitoire, dénotait le statut social. Les vêtements étaient un bien précieux même pour les plus pauvres habillés de tissus grossiers aux couleurs ternes.

   Mais voilà qu’on invente les saisons, on abandonne progressivement le sur-mesure, on imite les reines de la mode, ce qui permet de réduire les distances sociales. On multiplie les accessoires, rubans, bas, etc. Les étoffes se parent de motifs colorés.

 Tailleurs vs couturières

   En 1650 encore, n’existent que les tailleurs à domicile exigeant de nombreux essayages et qui n’apportaient avec eux que peu d’échantillons ou d’accessoires. A la fin du siècle, les boutiques se multiplient, notamment autour de la place des Victoires puis rue Saint-Honoré. La foire Saint-Germain, qui propose des stands très chics, n’a lieu qu’une fois par an.  

   Mais dès le milieu du siècle, les couturières qui n’étaient jusque-là autorisées qu’à faire des retouches, luttent pour obtenir le droit de concevoir et de fabriquer elles-mêmes des vêtements. Elles ont gain de cause en 1675 avec une charte leur accordant un statut officiel. Mmes Villeneuve (place des Victoires), Rémond et Prévost (rue des Petits-Champs au Marais) et Charpentier (rue Montorgueil) connaissent la gloire.

   Les accessoires, jusque-là vendus par des hommes, les « merciers », comme le renommé Perdrigeon, sont revendiqués par les femmes : elles ont désormais le droit de porter le titre de « marchandes de mode ». D’un point de vue juridique, leur champ d’action reste limité : elles ne peuvent que fabriquer ou tailler des accessoires destinés à être portés sur la tête ou sur les épaules, ainsi que des ceintures ou des jabots. 

   Du reste, les tailleurs, couturières et marchandes de mode ont du mal à se faire payer : on présente un « mémoire » à la cliente mais il est impoli de rappeler aux nobles qu’elles / ils doivent de l’argent, d’où l’accumulation de dettes…   

. Voici donc la culbute, le tâtez-y (à connotation sexuelle), la gourgandine (une prostituée en argot), corsage laissant entrevoir un sous-vêtement en lingerie ou l’innocente, robe d’intérieur très ample et sans ceinture nouée à l’aide de rubans attachés de chaque côté et inventée par Mme de Montespan enceinte.

La Palatine (femme de Monsieur et belle-sœur de Louis XIV) écrit : « Mme de Montespan a mis sa robe flottante, elle doit donc être enceinte » ; cetteinnocente est très à la mode vers 1680, que l’on soit enceinte ou pas.  Palatine du 14 décembre 1676 adressée à sa tante la duchesse de Hanovre :  "Je dois dire que le Roi me témoigne chaque jour plus de faveur [...]. Cela fait que je suis actuellement très à la mode, et que, quoi que je dise, quoi que je fasse, que ce soit bien ou mal, les courtisans l'admirent. C'est à tel point que m'étant avisée, par ce temps froid, de mettre ma vieille zibeline pour avoir plus chaud au cou, chacun s'en est fait faire une sur ce patron, et c'est maintenant la très grande mode. Cela me fait bien rire, car ces gens qui aujourd'hui admirent tant cette mode, et la portent, sont précisément les mêmes qui, il y a cinq ans, se moquèrent si fort de moi et de ma zibeline que, depuis ce temps, je n'osai plus la mettre. Ainsi vont les choses dans cette cour ; si les courtisans s'imaginent que vous êtes en faveur, vous pouvez faire tout ce que vous voudrez, vous êtes sûr d'être approuvé ; mais s'ils s'imaginent le contraire, ils vous tiendront pour ridicule, qand même vous descendriez du ciel...". Belle lucidité ! 

Les accessoires sur le devant de la scène

   Les artifices de la mode se multiplient dans les années 1690 pour faire oublier sans doute la situation catastrophique de la France due à des hivers rigoureux et à des guerres incessantes.    

   En même temps, on utilise l’actualité en inventant par exemple la steinkerque, foulard pour femme noué de façon négligée : en août 1692, lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg contre Guillaume d’Orange, les généraux français sont réveillés en sursaut, s’habillent très vite et attachent mal leurs cravates.   

   On devine que l’accessoire fait la tenue. On invente le falbala, large bande de tissu plissé dont on entoure le bas des robes, on crée des nœuds sertis de diamants pour une robe noire, on associe l’hermine (fourrure blanche) à un jupon noir, on porte des manchons de peluche, on se drape d’une palatine en zibeline, mode lancée par la Palatine qui, se plaignant du froid régnant à Versailles, ne quitte pas son châle de fourrure. Bref, on prend en compte l’importance du détail dans l’ensemble. 

Le Mercure galant

   Le Mercure galant, créé en 1672 par Jean Donneau de Visé est le premier périodique à rendre compte de la mode (outre les autre sujets). En janvier 1678, il sort un « supplément », numéro spécial qualifié « d’extraordinaire », concept inventé par le premier journaliste, Théophraste Renaudot. Le Mercure propose des discussions d’un certain nombre de concepts autour de la mode.

   Il invente ainsi les « saisons » qui commencent officiellement en janvier 1678 : le journal informe ses lectrices qu’il glanerait des informations au début de chaque saison. Il affirme dans le même numéro qu’il faut changer de vêtements non pas quand le temps change mais lorsqu’on commence à voir les autres femmes s’habiller différemment. Ainsi, les saisons de la mode l’emportent sur les saisons naturelles. Et peu importe s’il fait froid au printemps !

   A l’automne 1678, il invente différentes teintes de gris comme le gris souris ou le gris perle, qui, attention Mesdames, n’est point le gris de lin de l’été ! 

  Tout le monde porte du noir », peut-on lire à l'hiver 1679 et il faut jeter aux oubliettes le gris-beige de l'été et le gris souris de l'automne. Les couleurs changent très souvent et ne durent pas une saison entière, ce qui est une bonne manière de faire travailler les teinturiers !    

   Il invente des « nouveautés inédites » qui n’ont rien d’inédit, comme telle ou telle forme de manches.

   En novembre 1680, il lance des couleurs plus vives, comme la couleur « feu » mais dès décembre, le gris redevient incontournable.

Cependant, dès octobre 1678, le tailleur Gaultier invente une nouvelle couleur qui durera jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, la couleur « prince », presque du noir mais avec des reflets bleu nuit et feu. Il semble qu’au fil des années, cette nuance prenne le nom de « prune de Monsieur ». Gaultier est le maître en matière de tissus luxueux et il possède un stock des plus belles étoffes.  

   Le journal réinvente les accessoires à chaque saison : en mai 1679, le Mercure déclare que l’été sera dominé par des rubans fins alors qu’à l‘été précédent il avait lancé la mode des rubans larges.

   Les manchons changent aussi d’un hiver à l’autre. En 1692, le manchon comporte une poche où les dames mettent un petit chien, d’où l’appellation courante de « chiens de manchon ». Le Guide de Paris de Nicolas de Blégny informe ses lectrices que les plus beaux manchons s’achètent dans la boutique de Mlle Guérin, rue du Bac.

   Puis se déclare la folie des bas en soie fantaisie, comme les bas de Chine peints à la main, bonne occasion de montrer ses jambes. Ensuite, on ne jure plus que par les bas rayés, puis unis (en 1694) assortis à la tenue : une robe verte exige des bas verts ; pour les mettre en valeur, on peut porter de fantastiques mules rouges à talons.

   La collection de l’hiver 1677-1678 impose la broderie avec des jupes entièrement brodées de soie. La collection de l’été suivant ajoute de la dentelle aux broderies. La dentelle est l’accessoire le plus cher et elle vaut le double si elle est plissée.

   A l’été 1678, le Mercure invente une matière fétiche, la mousseline de soie, autrement dit la gaze, que l’on nomme l’invisible. On porte donc une jupe ou un jupon d’une matière rigide comme le taffetas ou le brocart et on enfile par-dessus une sur-robe ou jupe invisible, souvent d’une couleur contrastée 

   On invente une nouvelle matière pour célébrer un événement particulier comme le tissu rayé à l’hiver 1687 : il s’agit de la toile de Siam en l’honneur de la première ambassade de France au Siam.

   Au printemps 1677, les élégantes portent de la toile de serge grise, nommée grisette.       

   Seul l’excès a du sens. Mme de Sévigné écrit, le 10 novembre 1679 : « On va voir comme l’opéra les habits de Mlle de Louvois ». La fille du ministre épouse le fils du duc de La Rochefoucauld. Et ce sont des mètres de tissu « doré », c’est-à-dire piqués et brodés de fils d’or. L’or valait vingt louis l’aune, soit 7 000 euros ! Les velours et les soies damassées sont les plus chères : 1 000 euros l’aune. Tout cela est de fabrication française : Colbert a développé l’industrie nationale du textile. Il publie également des décrets autorisant l’imitation des tissus en provenance d’Orient et de Chine.

   Mme de Sévigné assiste également au mariage et écrit à sa fille le 29 novembre 1679 : « J’ai été à cette noce de Mlle de Louvois : que vous dirai-je ? Magnificence, illustration [gens illustres], toute le France [titrée], habits rabattus et rebrochés d’or, pierreries, brasiers de feu et de fleurs, embarras de carrosses, cris dans la rue, flambeaux allumés, reculements et gens roués [meurtris par les roues des carrosses], enfin le tourbillon, la dissipation, les demandes sans réponses, les compliments sans savoir ce que l’on dit, les civilités sans savoir à qui l’on parle, les pieds entortillés dans les queues [traînes des robes] : du milieu de tout cela, il sortit quelques questions de votre santé, où, ne m’étant pas assez pressée de répondre, ceux qui le faisaient sont demeurés dans l’ignorance et dans l’indifférence de ce qui en est : « O vanité des vanités ! » 

Les manteaux de robes

   A l’hiver 1673, on porte des « manteaux » importés de Chine, couverts de motifs de fleurs exotiques peints à la main. Pour de nombreux Français de l’élite, c’est la première touche orientale : ces « manteaux de la Chine » ont le chic ethnique.

   A propos des manteaux, ils sont la plus grande innovation du siècle et correspondent à un nouveau phénomène, celui de la décontraction. « Comme on vit aujourd’hui fort commodément en France, on s’y habille assez rarement et on n’y met presque plus que ce qui s’appelle des manteaux. Les robes ne sont plus que pour les visites de cérémonie […] et on ne s’en sert ni pour voir familièrement ses amies, ni pour les parties de promenade », peut-on lire sous la plume de Donneau de Visé.  Plus qu’un vêtement, ils sont une nouvelle façon de vivre et offrent leur revanche aux couturières qui n’avaient pas le droit de tailler les robes formelles et complexes.

   Le manteau est en fait un vêtement d’intérieur porté le matin. Ils ne sont pas tous coupés de la même manière : ils peuvent ressembler à des robes, être cintrés ou ceinturés ; certains ressemblent à de longues vestes à la coupe aérée. Le modèle le plus répandu est long, ample et souple et porté sur un corsage et une jupe longue. Les dames relèvent l’arrière de leurs jupons laissant ainsi deviner un soupçon de rondeur. On peut resserrer les manches autour du poignet et les faire bouffer au-dessus du coude. La jupe et le manteau sont coupés dans des matières différentes aux tons contrastés. Ce type de manteau restera à la mode durant une quarantaine d’années, de 1670 à 1710. N’étant pas moulant, il n’est pas forcément taillé sur mesure et contribue ainsi au prêt-à-porter : les femmes de condition modeste peuvent s’en procurer et la tenue féminine commence à perdre son rôle de marqueur social.

   Par ailleurs, le manteau donne à la femme une plus grande liberté de mouvement. La robe de cour possède un corset rigide cousu dans l’étoffe alors que le manteau est sans armature. Dessous, on porte un corset léger, qui préfigure le concept de sous-vêtement ; un nouveau type de corset voit le jour, le « respirant » car « entrouvert ».  En même temps, on assiste à l’érotisation des effets intimes. Le journal anglais The Spectator, toujours à l’affût de la mode venue de France, note en 1678 que le manteau donne « un air tout à fait galant et dégagé. » La séduction se développe avec la mise en valeur du corps féminin : en somme, on fait commerce des formes féminines et le manteau tient un rôle subversif. Certaines boutiques apposent leur propre marque, comme celle Mme du Creux, rue Traversine. Un guide allemand parle du « goût particulièrement subtil » des Français et annonce que la première chose à faire en arrivant à Paris est « d’acheter des vêtements dans le style de la saison. » 

 

   La princesse Palatine, toujours originale, n'aime pas ces manteaux de robe. Elle écrit le 9 août 1702 à sa demi-soeur, Amélie-Elisabeth : « Quand on est à Versailles, qui est considéré comme la résidence, toutes les personnes qui paraissent devant le roi ou devant nous sont en grand habit ; mais à Marly, à Meudon, à Saint-Cloud, on est toujours en manteau ; pendant les voyages également. Je trouve le grand habit bien plus commode que les manteaux ; je ne peux les souffrir. Je hais les cornettes aussi, elles s‘accrochent partout. » 

Et la publicité ? Vive les poupées de mode ! 

   La publicité n’existe pas : ce sont les élégantes de la Cour qui s’en chargent. Cette élégance justifie une industrie et s’avère l’instrument du désir et de l’imagination : sexe, célébrité et image prennent le pouvoir. La France l’emporte désormais sur Venise qui joua le rôle de capitale du style dans le monde occidental au siècle précédent.  

   A la fin des années 1670, on lance les poupées de mode, attendues avec impatience dans toute l’Europe. Les premières sont en bois articulé, mesurent environ soixante centimètres, portent des cheveux humains coiffés à la dernière mode et sont munies d’yeux de verre. On les appelle « mannequins » car le mot de « poupée » n’apparaît qu’en 1750.

   Le Spectator du 17 janvier 1712 décrit une poupée vêtue d’une robe rouge cerise « à la mode de Paris », livrée chez la modiste Charlotte Wood près de Covent Garden, réputée pour son assortiment de belles étoffes et de dentelles.

   On compte environ un arrivage par mois à Londres. Cette arrivée de la poupée en 1712 est un événement car le trafic fut sinon interrompu, du moins fort ralenti durant la Guerre de la Succession d’Espagne (1701-1714). Les Anglais taxèrent les produits français et firent venir leurs vins du Portugal, d’où l’habitude toujours actuelle de boire du porto en Angleterre. D’une manière générale, on note une restriction sur la circulation des produits français… exception faite de la poupée de mode, considérée comme un « passeport inviolable », au cours des derniers mois de la guerre. Les Anglaises paient pour la voir et paient trois fois plus pour l’examiner à loisir chez elles. 

 

Gravure du Mercure galant

Les gravures de mode

   Le vêtement étant assimilé à un style de vie, on vend donc le mode de vie des aristocrates français qui se diffuse à travers les gravures de mode.

   Le premier graveur célèbre se nomme Jean Dieu de Saint-Jean qui produit les images élégantes et contrôlées d’un puriste, véritables œuvres d’art. Les quatre frères Bonnart, qui tiennent boutique rue Saint-Jacques, sont également réputés. Les gravures sont vendues dans un portfolio. Très souvent, l’arrière-plan décoratif est esquissé et il n’est pas rare que les riches lectrices fassent refaire tous les ans la décoration de leur salon. On devine donc des boudoirs où ces dames portent des déshabillés ou « négligés », qui n’ont rien de réellement déshabillé ou frivole : les aristocrates sont toujours représentées en robes très formelles, en robes d’intérieur par exemple que l’on peut porter à l’extérieur. Vers 1712, on note cette transgression flagrante entre la sphère privée et la sphère publique.   

Les chaussures

   L’étiquette interdit aux femmes de croiser les jambes en public : on ne doit pas voir les formes de la jambe ni, bien sûr, les chevilles… ce qui ne les empêche pas de porter de merveilleuses chaussures. Montrer ses jambes est réservé aux hommes. Le roi, excellent danseur, ne s’en prive pas. Mais il danse en public pour la dernière fois le 13 février 1669. En 1713, nostalgie de jeunesse et passion réelle, il crée l’Ecole Royale de Danse, l’ancêtre des Ballets de l’Opéra de Paris. 

   Il faut noter l’invention du concept des souliers coordonnés à la toilette. On ne marche pas à l’extérieur, utilisant carrosses ou chaises à porteurs. Les chaussures sont donc confectionnées en tissu précieux, brocart, soie ou satin, ornées souvent de boucles de diamants. Une chaussure « simple » peut être, par exemple, en cuir « couleur de frangipane » [c’est du blanc !], garnieseulement d’un nœud de rubans sur le côté.  

   Les hommes ne dérogent pas à la règle. En témoigne le portrait du roi par Rigaud en 1701 : on note le talon écarlate et le nœud de ruban assez gros, nommé un « moulin à vent ». Une cordonnerie haut de gamme s’installe à Saint-Germain des Prés.

   Notons toutefois que les fabricants de chaussures ne distinguent pas encore le pied droit du pied gauche… Ce dont se souciera peu Fragonard dans L’Escarpolette, peinte au début du siècle suivant, où les mules de la jeune femme sur la balançoire sont de petits bijoux de fanfreluches rose bonbon : une mule vole dans les airs, l’autre se balance encore au pied… 

Pour finir, le parapluie !  

   Notons aussi vers 1705 l’apparition du parapluie « brisé », c’est-à-dire pliable, en toile enduite de cire, inventé par Jean Marius. Il colle des affiches dans les rues de Paris pour vanter ses mérites : « Ils ne tiennent pas plus de place qu’une petite écritoire ». Et, plus loin : « Il n'embarrasse point la poche, chacun peut sans s'incommoder en avoir un sur soi par précaution contre le mauvais temps. » Gros titres, textes, gravures et même caution de l'Académie royale des Sciences, tout y est ! L’affiche publicitaire est née !

   Le parapluie, rare, chic et donc cher, est un concept nouveau unissant forme et fonction, définition même du design, qui se heurte au statut social de l’ombrelle (encore appelée parasol) portée par un domestique.

  Marius travaille à rendre son parapluie portable le plus léger possible : en 1709, il ne pèse que 5 à 6 onces, soit 150 à 200 grammes. Il obtient le Privilège du Roi en 1710 pour sa boutique située rue des Fossés Saint-Germain.

   La Palatine écrit dans une lettre du 12 juin 1712 « qu’on peut facilement l’emporter partout, au cas où la pluie viendrait à vous surprendre en pleine promenade. »  

   Mais dès 1680, Mme de Sévigné décrit dans une lettre du 21 juin son projet de faire installer dans sa propriété des Rochers de petits abris contre la pluie bretonne qu’elle nomme… parapluies ! Rappelons ici que Mme de Sévigné est l’une des premières à évoquer la nature dans ses Lettres,  

 La Cour royale 

vous raconte

la création de la Poste

Dans le Royaume de Louis XIV

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La chaise de poste, apparue sous Louis XIV, était un véhicule léger pour une personne dont le rôle à l’origine est de courir la poste, c’est-à-dire de voyager vite entre les relais de poste

 En 1672, fut créée la Ferme Générale des Postes; on enlève aux messageries le droit de transporter des lettres; contre le paiement d'un bail, les fermiers des postes ont ainsi une charge lucrative.

En 1676, Louvois, surintendant général des Postes, réunit les différentes organismes de la poste aux lettres en une seule administration.

En 1681, les relais de poste ne pouvaient être établis sans l'autorisation du Surintendant Général des Postes.

En 1695, les premiers bureaux de poste aux lettres sont ouverts près des Halles à Paris

 Le marquis de Louvois, ministre de la guerre de Louis XIV, achètera en 1668 la charge de surintendant général des postes et relais de Jérosme de Nouveau après le décès de ce dernier. Louvois aura obtenu ce poste après que Louis XIV lui ait donné sa confiance et son accord suite à l'attaque du courrier de Dijon. En effet Louvois a fait attaquer ce courrier afin de préserver les préparatifs de l'invasion de la Franche-Comté par les armées de Condé! Louvois, qui aura un intérêt financier au bon fonctionnement de la poste, mettra vingt ans pour réorganiser ces services. Il instaurera des nouvelles routes, fera ouvrir de nouveaux relais et rappellera à l'ordre les maîtres de poste pour qu'ils prennent leurs responsabilités.

Mais ces derniers, répartis sur l'ensemble du territoire et ayant une organisation pas toujours parfaite feront les frais de la recherche d'une plus grande efficacité et rentabilité de la part de Louvois. Il mettra donc fin aux maîtres des courriers en créant la Ferme Générale des postes sous la responsabilité de deux financiers, Rouillé et Pajot, ce service aura pour mission unique l'acheminement du courrier sur l'ensemble du territoire et vers l'étranger (la poste interne aux grandes villes apparaitra grâce à la création de la petite poste).

 Les différentes organisations postales de l'époque (messagers royaux, postes des universités....) avaient obtenu, à différentes époques, des droits de transport des courriers, ce qui faisait du paysage postal français, une multitude d'exploitants non-liés et dont les propriétaires n'exerçant pas eux-mêmes et travaillant pour le compte des organisations dont ils dépendaient. En 1672, cette organisation sera remise en cause par le rachat par des financiers des charges des maîtres des courriers, avec bail de cinq ans renouvelable et deviendront les bénéficiaires des revenus, après un versement de deux millions de livres au roi Louis XIV. Louvois pourra plus aisément suivre le respect des ordres donnés et fixer lui-même les tarifs postaux. Il conclura également des accords avec les postes étrangères. A travers ses baux, Louis XIV ne perdra pas son pouvoir et ses droits, mais ne fera qu'un transfert de charges

 Aussi surprenant que cela peut l'être, le transport du courrier se faisait seulement d'une ville à l'autre, aucun service n'était développé à l'intérieur des villes, le courrier arrivant n'était pas directement distribué au destinataire. Celui-ci n'était même pas prévenu de l'arrivée d'une lettre, il devait passer au bureau pour retirer la lettre. Les petites villes sans bureau doivent envoyer des messagers privés une à deux fois par semaine dans les grandes villes dont elles dépendent pour récupérer le courrier.

Jean-Jacques Renouard de Villayer, doyen des conseillers d'état trouva aberrant que les Parisiens ne puissent pas correspondre entre eux. Jean-Jacques Renouard de Villayer obtient donc en 1653, l'autorisation par l'ordonnance du 17 juin de Louis XIV, de créer un service de distributeurs de courrier des bureaux de poste directement aux destinataires, les "facteurs" étaient donc nés ainsi que la petite poste ! Il inventa la boite aux lettres qui fit installer dans les principales rues de Paris, ces boites étaient vidées par les "facteurs" trois fois par jour, à six, onze et treize heures.

 

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Marques postales de Versailles sous Louis XIV




Lettre expédiée de Versailles à Landaw, datée du 15 mars 1695 et signée par Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), fils légitimé de Louis XIV et de Mme de Montespan.

 
 

Mention manuscrite d'origine "deversailles" de la main du postier. Taxe de 10 sous apposée à Paris, tarif du 1er mai 1676 pour une lettre simple pour l'Alsace. 

 


Lettre expédiée de Versailles au Puy, datée du 18 janvier 1698.

 
 

Mention manuscrite de justification de port payé "franco pour Paris". Cette lettre a été expédiée en PORT PAYE jusqu'à Paris et en PORT DU jusqu'au PUY. Taxe de 5 sous apposée à Paris, tarif du 1er mai 1676 pour une lettre simple pour une distance de plus de 80 lieues. 

 


Lettre expédiée à Nîmes et réexpédiée à Saint-Gilles, datée du 19 janvier 1699.

 
 

Timbre d'origine de fabrication locale DEVERSAILLES, format 35x3,5. Taxe de 9 sous apposée à Paris, tarif du 1er mai 1676. 

 


Lettre expédiée à Guingamp, datée du 6 août 1700.

 

Timbre d'origine de fabrication locale DEVERSAILLES, format 35x3,5, même empreinte que la précédente, état en 1700. 

 


Lettre expédiée de Versailles à Semur-en-Auxois, datée du 29 juin 1704, signée par Henri Jules de Bourbon (1643-1709), "Monsieur le Prince", fils du Grand Condé.

 
 

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