Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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Chronique de Françoise de Montespan Invitation à la Cour du Roi suite

21/11/2015

 L'« Hurluberlu » par contre exigeait un grand sacrifice de la part des galantes de l’époque, puisqu’il fallait couper les cheveux de chaque côté du visage et d'étages en étages dont on faisait de grosses boucles rondes. La coiffure terminée, on s’enveloppait la tête avec une pièce de crêpe ou de taffetas que l’on surnommait la coiffe. Cette coiffe se devait d’être assortie au reste de la toilette, ou bien être noire. Dans ce cas, elle se nommait « les ténèbres ». Par-dessus la coiffe, on posait deux cornettes, l’une faite de gaze et l’autre de soie (Les « barbes pendantes » sont deux tissus qui descendent du sommet de la coiffe, traditionnelle chez les femmes mariées).

Cette mode fut radicalement éclipsée en 1680 avec l'arrivée de la coiffure à la "Fontanges". Mademoiselle de Fontanges, alors maîtresse de Louis XIV, galopant avec le souverain lors d'une partie de chasse, se prit les cheveux dans une branche d'arbre. D'un geste rapide, elle rattacha sa chevelure en la relevant sur le sommet de sa tête. Le roi, ébloui par cette vision, lui demanda de ne pas en changer. Le lendemain, la Fontanges était sur toutes les têtes. Une mode qui devait survivre plus de vingt ans après la mort de la jeune duchesse. Elle subit toutefois quelques modifications en prenant des tournures extravagantes, se bardant de fils de fer et prenant des hauteurs tellement démesurées que les armatures devaient être fixées par des serruriers. Par dessus ces montagnes de cheveux, on plaçait la coiffe et les deux cornettes, bordées de dentelles plissées, soit à la Jardinière, soit à la Marly. On pouvait alors distinguer sur les têtes de ces femmes des coiffures portant des noms aussi extravagants que leurs échafaudages tels que : le dixième ciel, la souris, le mousquetaire ou encore le firmament… Sous Madame de Maintenon, la simplicité et l’austérité furent de rigueur.

Les coiffures redevinrent de simples chignons et étaient recouverts de mantilles. Les tailles s’alourdirent sous de grandes jupes à falbalas et les corsages furent moins ouverts, recouverts d'un petit nœud que l'on nommait « tâtez-y ». Une quantité d’accessoires devenaient indispensables tels que les mouches. Selon un code bien précis, et l’humeur de la courtisane, une multitude de mouches aux messages significatifs étaient à sa disposition. Le magasin À la perle des mouches se situant rue Saint  Denis à Paris, offrait une grande collection de ces ornements, on y trouvait « la passionnée » qui se posait près de l’œil, « la baiseuse » au coin de la bouche, « la coquette » sur la lèvre, « la galante » sur la joue, « l’effrontée » sur le nez, ou encore « l’enjouée » sur une pommette, « la discrète » sur le menton, « l’assassine » sous l’œil, « la tendre » sur le lobe de l’oreille, et pour terminer, « la majestueuse » sur le front.

Parmi les autres éléments indispensables, il y avait les gants, d'Espagne de préférence. Ces derniers se devaient d’être fendus sur la main, ornés de dentelle d’or et délicatement parfumés, et devaient avoir été fabriqués dans les trois royaumes : la peau en Espagne, la taille en France et les coutures en Angleterre.

Les écharpes de taffetas garnie de dentelles protégeaient de la pluie, Les manchons eux se portaient par temps froid. On en trouvait en satin, en peluche ou, plus souvent en fourrure. Rue Dauphine à Paris, se trouvait la Boutique du grand monarque. C’est là que les grandes dames de la cour se fournissaient en petits manchons en fourrure de chat, de chien gris, de Castor, deLoutre, voire de léopard. Le summum de la mode était de tenir caché un petit chien qui devait passer son museau sur le côté du manchon…

Les éventails protégeaient de la chaleur, mais on ne les ouvrait pas en présence du souverain. Différentes modes furent lancées. On vit des éventails « à la siamoise » représentant des figures de magots (figures grotesques) et peints sur fond or. Sous Louis XV, certains éventails prirent le nom de « lorgnette », ils étaient entièrement décorés de chinoiseries arborant de jolies pagodes. Pour terminer, une femme de qualité ne sortait jamais sans son masques de velours. Enfin, robes, manches, etc, tous les composants du vêtement sont démontables, amovibles. On change la composition d'une robe très souvent dans la journée, les bijoux deviennent boucle de souliers, puis broches… Les dentelles sont si coûteuses qu'elles font partie de l'héritage d'une femme, on les porte avec soin. Elles sont blanches au début, puis la couleur crème s'installe dans la mode. Certaines robes ne peuvent être portées qu'une fois, alors on « recycle » le tissu en meuble, ou en manche. La mode de Louis XIV à Louis XVI, voit le jupon, le « panier », s'élargir de plus en plus sur les côtés et s'aplatir sur le devant.

Le maquillage

Le visage était recouvert de blanc. On pensait que les produits blancs donnaient une peau blanche. Le blanc évoquait la virginité et donnait l'illusion d'un visage pur, exempt de toute tache, de toute cicatrice, et dissimulait les rougeurs, les couperoses et les dermatoses provoquées par la nourriture très épicée et par les vins capiteux. La blancheur du teint était également un signe d'oisiveté et donc de richesse. Les dames se mettaient aussi parfois une quantité impressionnante de mouches (petites rondelles de taffetas noir disposées sur le visage et destinées entre autres à cacher les impuretés tels que les boutons, les petites rougeurs, les grains de beauté…), toujours pour faire ressortir la blancheur de leur teint. Les précieuses se blanchissaient et évitaient, lors des promenades, le bronzage en portant un masque qu'elles maintenaient par un bouton entre les dents, ce qui évitait la conversation.

Une couleur marque l'apogée de cette illusion : le rouge. Le rouge était la marque du pouvoir aristocratique. Quand une femme voulait séduire, elle ajoutait du rouge sur les joues. Dès 1673, toutes en portaient.

Sous Louis XIV, le fard devint le symbole de l'amour, de l'émancipation, mais aussi de l'adultère, de l'impudeur. Les femmes se fardent à l'extrême, surchargées de blanc et de rouge. Toutes les gammes de rouge explosent agressivement. Les cosmétiques de l'époque se composent de céruse, du sublimé, du rouge d’Espagne, du vinaigre distillé ou de l’eau de fleur. La céruse est de l'oxyde de plomb (produit extrêmement toxique) que l'on poudrait sur le visage, le cou, parfois les bras et la naissance de la gorge. Au début du XVIIIe siècle, les précieuses fabriquaient elles-mêmes leurs fards.

Les « marchands et artisans privilégiés suivant la cour » (itinérants puis tenant des baraques lorsque la cour se fixe à Versaillees) et les « marchands et artisans ordinaires du roi » (fixés dans des lieux précis), munis de brevets de jouissance ou de lettres patentes, sont chargés d'approvisionner la cour en nourriture (charcutier, épicier), boisson (limonadier, vinaigrier et distillateur), fourniture (armurier, mercier, fleuriste, vendeur de tissus, fagots de bois, livres) et services (perruquier, repasseuse, tapissier).

 Pendant longtemps, le prix des beaux vêtements, rédhibitoire, dénotait le statut social. Les vêtements étaient un bien précieux même pour les plus pauvres habillés de tissus grossiers aux couleurs ternes.

   Mais voilà qu’on invente les saisons, on abandonne progressivement le sur-mesure, on imite les reines de la mode, ce qui permet de réduire les distances sociales. On multiplie les accessoires, rubans, bas, etc. Les étoffes se parent de motifs colorés.

 Tailleurs vs couturières

   En 1650 encore, n’existent que les tailleurs à domicile exigeant de nombreux essayages et qui n’apportaient avec eux que peu d’échantillons ou d’accessoires. A la fin du siècle, les boutiques se multiplient, notamment autour de la place des Victoires puis rue Saint-Honoré. La foire Saint-Germain, qui propose des stands très chics, n’a lieu qu’une fois par an.  

   Mais dès le milieu du siècle, les couturières qui n’étaient jusque-là autorisées qu’à faire des retouches, luttent pour obtenir le droit de concevoir et de fabriquer elles-mêmes des vêtements. Elles ont gain de cause en 1675 avec une charte leur accordant un statut officiel. Mmes Villeneuve (place des Victoires), Rémond et Prévost (rue des Petits-Champs au Marais) et Charpentier (rue Montorgueil) connaissent la gloire.

   Les accessoires, jusque-là vendus par des hommes, les « merciers », comme le renommé Perdrigeon, sont revendiqués par les femmes : elles ont désormais le droit de porter le titre de « marchandes de mode ». D’un point de vue juridique, leur champ d’action reste limité : elles ne peuvent que fabriquer ou tailler des accessoires destinés à être portés sur la tête ou sur les épaules, ainsi que des ceintures ou des jabots. La littérature s’empare du sujet avec Les Bourgeoises à la mode (1692), pièce de Dancourt.

   Du reste, les tailleurs, couturières et marchandes de mode ont du mal à se faire payer : on présente un « mémoire » à la cliente mais il est impoli de rappeler aux nobles qu’elles / ils doivent de l’argent, d’où l’accumulation de dettes…   

   Dans Les Mots à la mode (1694), Edme Boursault établit une nomenclature des mots nouveaux et surprenants. Voici donc la culbute, le tâtez-y (à connotation sexuelle), la gourgandine (une prostituée en argot), corsage laissant entrevoir un sous-vêtement en lingerie ou l’innocente, robe d’intérieur très ample et sans ceinture nouée à l’aide de rubans attachés de chaque côté et inventée par Mme de Montespan enceinte. La Palatine (femme de Monsieur et belle-sœur de Louis XIV) écrit : « Mme de Montespan a mis sa robe flottante, elle doit donc être enceinte » ; cetteinnocente est très à la mode vers 1680, que l’on soit enceinte ou pas.  Palatine du 14 décembre 1676 adressée à sa tante la duchesse de Hanovre :  "Je dois dire que le Roi me témoigne chaque jour plus de faveur [...]. Cela fait que je suis actuellement très à la mode, et que, quoi que je dise, quoi que je fasse, que ce soit bien ou mal, les courtisans l'admirent. C'est à tel point que m'étant avisée, par ce temps froid, de mettre ma vieille zibeline pour avoir plus chaud au cou, chacun s'en est fait faire une sur ce patron, et c'est maintenant la très grande mode. Cela me fait bien rire, car ces gens qui aujourd'hui admirent tant cette mode, et la portent, sont précisément les mêmes qui, il y a cinq ans, se moquèrent si fort de moi et de ma zibeline que, depuis ce temps, je n'osai plus la mettre. Ainsi vont les choses dans cette cour ; si les courtisans s'imaginent que vous êtes en faveur, vous pouvez faire tout ce que vous voudrez, vous êtes sûr d'être approuvé ; mais s'ils s'imaginent le contraire, ils vous tiendront pour ridicule, qand même vous descendriez du ciel...". Belle lucidité ! 

 

steinkerque en haut et palatine en basLes accessoires sur le devant de la scène

   Les artifices de la mode se multiplient dans les années 1690 pour faire oublier sans doute la situation catastrophique de la France due à des hivers rigoureux et à des guerres incessantes.    

   En même temps, on utilise l’actualité en inventant par exemple la steinkerque, foulard pour femme noué de façon négligée : en août 1692, lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg contre Guillaume d’Orange, les généraux français sont réveillés en sursaut, s’habillent très vite et attachent mal leurs cravates.   

   On devine que l’accessoire fait la tenue. On invente le falbala, large bande de tissu plissé dont on entoure le bas des robes, on crée des nœuds sertis de diamants pour une robe noire, on associe l’hermine (fourrure blanche) à un jupon noir, on porte des manchons de peluche, on se drape d’une palatine en zibeline, mode lancée par la Palatine qui, se plaignant du froid régnant à Versailles, ne quitte pas son châle de fourrure. Bref, on prend en compte l’importance du détail dans l’ensemble. 

Le Mercure galant

   Le Mercure galant, créé en 1672 par Jean Donneau de Visé est le premier périodique à rendre compte de la mode (outre les autre sujets). En janvier 1678, il sort un « supplément », numéro spécial qualifié « d’extraordinaire », concept inventé par le premier journaliste, Théophraste Renaudot. Le Mercure propose des discussions d’un certain nombre de concepts autour de la mode.

   Il invente ainsi les « saisons » qui commencent officiellement en janvier 1678 : le journal informe ses lectrices qu’il glanerait des informations au début de chaque saison. Il affirme dans le même numéro qu’il faut changer de vêtements non pas quand le temps change mais lorsqu’on commence à voir les autres femmes s’habiller différemment. Ainsi, les saisons de la mode l’emportent sur les saisons naturelles. Et peu importe s’il fait froid au printemps !

   A l’automne 1678, il invente différentes teintes de gris comme le gris souris ou le gris perle, qui, attention Mesdames, n’est point le gris de lin de l’été ! 

  Tout le monde porte du noir », peut-on lire à l'hiver 1679 et il faut jeter aux oubliettes le gris-beige de l'été et le gris souris de l'automne. Les couleurs changent très souvent et ne durent pas une saison entière, ce qui est une bonne manière de faire travailler les teinturiers !    

   Il invente des « nouveautés inédites » qui n’ont rien d’inédit, comme telle ou telle forme de manches.

   En novembre 1680, il lance des couleurs plus vives, comme la couleur « feu » mais dès décembre, le gris redevient incontournable.

 

 Portrait de Cour

Le Roi vous présente 

Jean QUENTIN 

Officier commensal de la Maison du Roi Louis XIV : 
Perruquier ordinaire vers 1673 puis Porte-manteau (1676), 
Premier barbier en survivance (1676) puis en titre (1679), 
Premier valet de la garde robe (1 charge en 1690 et une autre en 1697) 
Maître d'hôtel en 1706. 


portrait     blason.jpg

Portrait de Jean Quentin, gravure par Jogan en 1776, d'après François de Troy (1645-1730), 
et les armes de la famille Quentin avec pour devise : "Semper Stabit Claritas" 

Ecuyer, baron de Champlost (dans l'Yonne ou Champagne Bourguignonne, achetée 7.500 livres), seigneur de ce lieu, de Villiers-sur-Orge, de Mercy et Vachy (Yonne), d'Epine-la-Raye, Bois-la-Raye et autres lieux, auteur de la branche des barons de Champlost. 

Il existait, à cette époque, une catégorie d'hommes et de femmes oubliée par l'histoire et peu connue de l'opinion : les domestiques commensaux du roi. Lorsqu'on se représente le château de Versailles, on imagine aisément une cour chatoyante et nombreuse, mais on ne connaît guère ceux qui oeuvrent en coulisse pour faire fonctionner cette immense machinerie. Les serviteurs du monarque parcourent en silence les couloirs du palais, tout entier consacrés au service de leur maître et de sa famille. Gentilhomme servant, valet de chambre, médecin, mercier de la garde robe, ils sont originaires de toutes les strates sociales du royaume, peuvent être gentilshommes d'épée, juristes ou artisans, et forment l'ensemble le plus hétérogène de l'époque. Un seul point les rassemble : leur "commensalité". En effet, en échange de leur service, ces domestiques sont nourris, blanchis et bien souvent logés près de leur maître. Ils partagent ainsi avec lui des moments d'intimité que le roi n'offre à personne d'autres, si ce n'est aux membres de sa famille ou à sa maîtresse officielle. Un grand nombre de privilèges, exemptions et franchises leur sont proposés au titre de cette proximité unique en son genre. L'amitié qu'ils peuvent parfois entretenir avec le prince, les nombreux privilèges commensaux, l'importance politique et stratégique de leurs charges leur permettent souvent d'effectuer un véritable bond social au sein d'une société d'ordres définitivement ouverte.  Jean Quentin était issu d'une famille ancienne, originaire de Bretagne que les troubles qui désolèrent cette province du temps de la duchesse Anne forcèrent à s'établir en Touraine ; le "Nobiliaire universel de France" (tome XVI p 345, 1487-1491) précise qu'un membre de la famille Quentin serait venu s'établir en Touraine, peut-être à la suite de cette princesse qui épousa le roi Charles VIII à Langeais le 6 décembre 1491. C'est en tout cas ce qu'attesterait un certificat délivré à Loches le 20 juillet 1781 et cité par Saint-Allais, précisant que cette famille était établie en Touraine depuis 300 ans. 


Il est né à La Celle-Saint-Avant en 1637, de René Quentin, souvent orthographié Quantin, et Antoinette Binet, que l'on trouve prénommée René dans l'acte de baptême de son fils François, mais il s'agit sûrement d'une inadvertance du rédacteur car dans tous les autres actes elle a pour prénom Antoinette ou Toinette. Elle était la tante de Benoit Binet, qui doit être le célèbre perruquier de Louis XIV, le sieur Benoit Binet, qui faisait des perruques si extravagantes qu'on les désignait sous le nom de "binettes"...d'où l'expression avoir une drôle de binette. Certains prétendent cependant que ce fut son fils François Quentin qui fut le créateur de cette perruque dite à la binette nom qui aurait été emprunté à sa mère. Le chapelle Notre-Dame de Richebourg, sur les ponts de Beaulieu-les-Loches, contenait des armoiries de gueule damasquinées de sable, au chef d'or chargé de trois croix recroisetées au pied fiché d'azur qu'on dit être celle des Binet, au bas desquelles est l'écusson de celles des Quentin. (sentence du 18 août 1778). Ce serait donc bien aux Binet, marquis de Jasson, barons d'Andigny etc . que seraient alliés les Quentin. Petit-fils de Françoise d'Argouges, il se trouve ainsi cousiner avec les d'Amphernet. Restant dans les cousinages, notons que l'arrière petite fille de son cousin germain André Quentin, a épousé Jean-Baptiste Bonnin de la Bonninière de Beaumont, dont descend la comtesse O'Mahony, et auquel elle apporta notamment la seigneurie de Fontenay et une maison à Tours. Jean Quentin fut un homme de génie à sa façon. L'auteur des Recherches historiques sur les perruques nous apprend que c'est de 1666 que doit dater la véritable naissance des perruques. Avant cette époque, elles étaient formées de matières diverses, préparées sans art, arrangées sans goût. Pendant que son frère François, barbier valet de chambre du Roi depuis 1670, rasait, peignait les cheveux naturels du Roi, ajustait sa perruque et causait avec lui des intérêts des princes et des bruits de la cour, Jean Quentin travaillait en secret à sa perruque d'un nouveau système. La protection de Louis XIV enflamma le génie de barbiers ; et tandis que Perrault construisait le Louvre, que Riquet creusait le canal de Languedoc, et Racine concevait Phèdre, le sieur Quentin imaginait de passer les cheveux au four, enfermés dans une pâte protectrice, de les tresser ensuite à leur extrémité, et de les coudre, ainsi préparés, sur une coiffe élastique et légère. Il se fit ainsi connaitre en 1675 par l'invention des perruques au métier que patronna le Roi en lui accordant un privilège donné par lettres patentes datées du 17 octobre 1675 en vertu desquelles le sieur Quentin a droit et privilège de faire par tout le royaume toutes sortes de perruques au mestier. Bien vues à la Cour et à la ville (Versailles, Paris et SaintGermain-en-Laye), elles offusquèrent la corporation rasante et le Parlement qui refusa d'enrgistrer le privilège, si bien que Seignelay est contraint d'en référer au lieutenant de police de Paris Gabriel Nicolas de La Reynie par une lettre du 17 février 1676 :Le roy estant informé que les barbiers et perruquiers de Paris se sont opposés à l'enregistrement du privilège que Sa Majesté a accordé au sieur Quentin pour faire et débiter luy seul les perruques de la manière portée par le dit privilège, Sa Majesté m'ordonne de vous dire qu'elle veut que vous fassiez les diligences nécessaire pour faire enregistrer le dit privilège, sans s'arrester à l'opposition". Un an après, l'affaire n'est pas plus avancée, car Seignelay écrit encore à de Harlay, le 19 février : "Je vous écrivis l'année dernière pour l'enregistrement d'un privilège accordé au sieur Quentin, perruquier ordinaire du roy, de faire faire et débiter seul les perruques faites au métier. Mais ledit sieur Quentin ayant fait entendre à Sa Majesté par un placet que ses lettres ne sont pas enregistrées, Sa Majesté m'ordonne de vous dire qu'elle souhaite que cette affaire soit promptement terminée et que vous m'informiez des raisons de ce retardement". Il ne fallut donc pas moins que l'intervention toute puissante de Louis XIV qui fit agir plusieurs fois Colbert, pour que le Parlement enregistre le privilège le 20 février 1677. Le sieur Quentin traita alors de son privilège avec sa corporation, mais vingt-quatre des deux cents barbiers-perruquiers protestèrent contre le marché et Colbert prit lui même la plume ; le 7 janvier 1681 il écrivit au procureur général que le Roi souhaitait que le contrat fut promptement enregistré, et le parlement ne résista pas plus longtemps. Ainsi finit cette affaire qui avait duré six ans de procès, deux ou trois refus d'enregistrement, et des avis du Roi qui valaient lettres de Jussion, et "occupé le Roi autant que cent monarques auraient pu faire" pour mettre M. de Villiers [Jean Quentin était alors seigneur de Villiers-sur-Orge] en paisible possession de son privilège . 

arrêt du roi.jpgArrêt du Roi 
 

Il a bientôt une charge de porte-manteau, ayant le quartier de juillet (Etat de la France 1676). Comme les onze autres porte-manteaux, il a le titre d'écuyer et son office lui assure le droit d'entrer à cheval derrière Sa Majesté, partout où elle va , et de monter à cheval dans la cour du Louvre, ce qui n'appartient pas à tout le monde. Les porte-manteaux ont l'avantage de faire toujours leur service l'épée au côté. Ils se trouvent tous les matins au lever du Roi, et à certaines autres occasions comme au dîner, au souper et autres collations, où ils reçoivent du Roi le chapeau, les gants, la canne et même l'épée que Sa Majesté leur donne en garde. Ils se trouvent aussi à la chasse, à la promenade, à la Paume, au billard ou bien même au bal. A certaines cérémonies où le Roi a un manteau de parade, c'est le portemanteau qui lui ôte ou remet sur les épaules en l'absence du grand-maître de la garde-robe. 

Puis il obtient, le 23 mars 1676, la survivance des quatre charges de "barbier valet-de-chambre" que posséde son frère François Quentin dit La Vienne, et qu'il remplace le 20 décembre 1679, lorsque La Vienne passe premier valet de chambre [Mémoires de Saint-Simon, tome 4]. Il devient, à son tour, constamment de service auprès du Roi, ayant les quatre quartiers : lors du lever du Roi, après la première entrée, Le Roi suffisamment peigné, le sieur Quentin, qui sert toute l'année, comme ayant les quatre charges de Barbier, et qui a le soin des perruques de Sa Majesté, lui présente ma perruque de son lever, qui est plus courte que celle que Sa Majesté porte ordinairement et le reste du jour. Sa Majesté ayant mis sa perruque, les officiers de la Garderobe s'approchent pour habiller le Roi qui fait entrer en même temps sa "chambre" [Etat de la France 1708]. Un contrat passé devant notaire le 2 avril 1681, en la demeure du sieur Quentin, au dit Saint-Germain-en-Laye, le Roi y estant, qualifie notre perruquier de noble homme Jean Quentin, valet de chambre, barbier et perruquier 

 Comme nous le voyons, Jean Quentin était entré à la maison civile du roi et ainsi devenu un de ces officiers commensaux qui feront la fortune de leur descendance. Son frère et lui firent l'acquisition de charges de premier barbier, premier valet de garde robe, premier valet de chambre, maître d'hôtel, toutes charges achetées généralement fort cher. Ayant titre de valets de chambre du roi, ils étaient comptés au nombre des officiers de la maison et avaient bouche à la cour. 


Le barbier avait pour fonction de peigner le roi tant le matin qu'à son coucher, lui faire le poil, nettoyer les dents, et l'essuyer aux bains et aux étuves, et après qu'il a joué à la Paume. L'activité du barbier était très importante car le monarque changeait de perruque plusieurs fois par jour. Il commençait par en coiffer une à son lever, il en changeait lorsqu'il allait à la messe, une nouvelle perruque l'attendait après son dîner, une autre après son retour de la chasse ou de la promenade ; il s'en couvrait d'une dernière avant d'aller souper. D'autres changements n'étaient pas exclus dans la journée. Les barbiers avaient également comme fonction de faire la barbe du roi, et ce, durant le règne de Louis XIV, un jour sur deux. En outre ils avaient en charge la toilette du roi qui, contrairement à ce qu'on dit souvent, était d'une propreté presque fanatique : il avait fait construire le superbe appartement des bains, on le frottait à l'alcool chaque matin avant la cérémonie du lever et il changeait de linge trois fois par jour. 

 En 1668 François Félix, alors premier chirurgien du Roi, avait acquis aussi la charge de premier barbier, et ayant ainsi réuni en sa personne les deux offices, il obtint le 6 aôut un Arrêt du Conseil et des Lettres patentes, par lesquelles les privilèges et droits auparavant attribués à la charge de premier Barbier du Roi, furent désunis et séparés du Corps de cette Charge, et iceux unis et incorporés à celle de premier chirurgien. Il avait le titre de chef et garde des chartes, statuts et privilèges de la chirurgie et barberie du royaume. Il y avait huit barbiers valets de chambre servants par quartier (2 par quartier), ayant à eux huit la charge de premier barbier du roi que leur avait cédé par brevet de 1669 François Félix devenu chirurgien du roi, et dont ils devaient se partager les revenus. Ils avaient bouche à la Cour, à la table dite des Valets de Chambre. De plus ils avaient chacun chez le roi 700 livres de gages payées par les Trésoriers de la Maison, 150 livres de récompense au Trésor Royal et 100 francs pour fournir les peignes et les poudres de senteur, 500 livres tant de gages que de récompense au Trésor Royal et de plus 1 écu par jour pour leur dépense de bouche, à la Chambre des Deniers. Ils gagnaient en plus 250 livres supplémentaires, leur part de la charge de premier barbier du roi. Deux des barbiers furent attachés à Louis de France, le dauphin, chacun six mois. Ils avaient le droit de tenir ou faire tenir boutique en telle ville du royaume qu'ils voudront choisir leur domicile, même à Paris. Ils louaient chacun leur privilège à Paris ordinairement cent écus ; M. Quentin qui avait quatre charges, touchait donc 150 livres. Les Barbier pouvaient avoir chacun deux garçons en cette boutique, qui sachent la chirurgie.

 La confection de perruques et des accessoires de coiffure était chose sérieuse, et réclamait un savoir faire important. Jean Quentin, devenu à son tour principal barbier du roi, passe contrat avec un perruquier de Lille qui s'engageait à fournir et livrer audit sieur Quentin en la ville de Paris, chez Monsieur Binet, rue Coquillière, près de la rue des petits champs, toutte les quantités des meilleurs cheveux qui se pourront trouver d'une bonne longueur, et de la couleur convenable au roi, ensemble toute la quantité de bons cheveux naturellement frisée pour le front et l'ornement du visage et de la couleur de sa Majesté 

 Le contrat conclu le 3 avril par devant Pierre Ferret et Jean Levasseur, notaires à Paris, est signé de Sa Majesté et de la Famille Royale. Etaient présents à la signature du contrat, du côté de l'époux : François Quentin, son frère, et Claude Thierry, sa femme, Benoit Binet, cousin germain à cause de Marie Richon, sa femme, Me Jean Le Page et Me Claude Le Page, commissaire au Châtelet, et du côté de l'épouse : Marie Le Gaigneux, veuve de noble François Barangeon, apothicaire et valet de chambre du Roi, son aïeule maternelle, Marie et Jean Poisson, ses soeur et frère, Louis Baranjon, écuyer, secrétaire du Roi, son oncle, avec Melle Dufresne, sa femme, Louis Baranjon, son oncle avec Marie Desjobards, sa femme, Jean Lemercier, conseiller du Roi, receveur général des Finances, et sa femme Anne Baranjon, tante, Me Jean-Baptiste Guillemeau, Maître des comptes, Philippe Le Gaigneux, auditeur des comptes et son épouse Marie l'Evêque, etc.




Contrat de mariage : Signatures du Roi [Louis XIV], de la Reine [Marie-Thérèse d'Autriche] et de Monseigneur le Dauphin
suivies de celles de Monseigneur Duc d'Orléans [ Philippe de France, dit Monsieur], frère unique du Roi, Madame son épouse [Elisabeth Charlotte de Bavière, seconde épouse], Mademoiselle fille de Monseigneur [Marie Louise Elisabeth d'Orléans, plus tard duchesse de Berry]



Contrat de mariage : Suivant celles de la famille royale, les signatures de Madame Françoise de Rochechouart [Madame de Montespan, favorite de Louis XIV], 
et de Louise de Prie, marquise de Soucy, gouvernante des Enfants de France, dite la maréchale de La Mothe. 
Viennent ensuite celles de Lamoignon, Seignelay et Colbert, précedant celles de la famille et des amis 

 

 Les époux demeurent à la cour de Versailles, et de leur union naissent 15 enfants dont Jean, tige des Quentin de Champlost, valets de chambre du Roi, qui rendit foi et hommage devant la chambre des comptes de Paris le 3 août 1718 pour raison de la terre et baronnie de Champlost et en 1727 à Henri Louis Le Maistre, comme seigneur de Villiers et baron de Champlost [Son petit-fils, Jean-Marie Quentin de Champlost, qui fut gouverneur du château royal du Vieux Louvre en 1780, avait épousé Charlotte Le Bas de Courmont, petite nièce de Louis Le Bas de Girangy, mari de Marie-Catherine Quentin, dont nous descendons], Louis tige des Quentin de Richebourg, né en 1683, qui fut premier valet de chambre du roi, Louis-Philibert, qui fut mousquetaire gris et maître d'hôtel du roi, Marie Catherine dont nous descendons, et Marie, mariée à Jean-René de Jouenne, qualifié marquis d'Escrigny, maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis 


En décembre 1679, alors que Jean récupérait les quatre charges de barbier valet-de-chambre du Roi, Marie-Angélique était retenue comme une des femmes de chambre de la princesse Marie-Anne de Bavière qui épousera le Dauphin Louis le 7 mars 1680. Son brevet est daté du 18 janvier 1680. Cette charge, somme toute peu importante (120 livres de gages annuels), la plaçait néanmoins dans l'entourage royal, surtout après le décès en 1683 de la Reine, la Dauphine devenant alors la première dame de la Cour. La femme de chambre de la princesse, comme le valet de chambre des princes, était présente pour l'habiller et la coiffer au lever, lui servir ses repas quand elle les prenait dans ses appartements, la déshabiller au coucher,Le 10 juin 1681, Jean Quentin sacrifiant son intérêt personnel à l'utilité publique, cède à la communauté des barbiers perruquiers de Paris, son privilège pour la fabrication des perruques au métier pour la modique somme de 30.000 francs. 

Le 2 décembre 1682, Jean Quentin baptise son fils Sébastien à Saint-Junien de Versailles. Il est alors qualifié de barbier valet de chambre ordinaire du roi et son épouse femme de chambre de madame la dauphine. Le 9 décembre 1683, c'est un nouveau né, Louis, qui est baptisé au même endroit. Jean est alors qualifié depremier barbier du roi et son frère François, époux de la marraine, de premier valet de chambre du roi. Le 27 avril 1685 Jean baptise sa fille Olympe Angélique à Notre-Dame de Versailles. Son titre d'écuyer se trouve mentionné pour la première fois et il est qualifié barbier et valet de chambre du roi. Le parrain est un secrétaire du roi, contrôleur général de la Grande Chancellerie. Le 7 mai 1686 il est qualifié maistre Jean Quentin, equier [écuyer], premier barbier et valet de chambre ordinaire du roi au baptême de son fils Louis Philibert. 

En 1687, Marie-Angélique reçoit par donation de ses parents en indivis avec sa sœur Olympe, la moitié des terres et seigneurie de la Gandinière, situées à Angers Le 24 janvier de la même année, Jean achète la seigneurie de Villiers-sur-Orge au fils aîné de la marquise de Brainvilliers, Claude Antoine Gobelin et à son frère Louis. Il est qualifié dans l'acte de vente de premier Barbier et Valet de Chambre du Roi Louis XIV. Il obtient du Roi des lettres patentes par lesquelles S.M. lui fait don du droit de haute-Justice de sa seigneurie de Villiers-sur-Orge, données à Versailles en juillet 1689 et enregistrées au Parlement de Paris le 9 janvier 1690. Seigneur et haut justicier de sa terre, il voulut en avoir tous les profits ; il obtint du Roi de pouvoir chasser au chien courant avec un homme (29 janvier 1691), mais le capitaine des chasses de Montlhéry lui permit de se promener le fusil à la main, seul et sans chien. Le Roi intervint encore et le maintint dans son privilège. Cette acquisition lui permit de se faire appeler Monsieur de Villiers.
ur l'acte de naissance de ses jumeaux René-Joachim et Marie-Catherine (notre ancêtre) le 23 mars 1690, il est qualifié de barbier et valet de chambre du roi. Le 24 juin 1691, il enterre Marianne, née la veille. Il est qualifié premier barbier du roi, charge qu'il avait également récupérée.


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Registre de Notre-Dame de Versailles 1689-1690 -vue 99/108- 
Le parrain de Marie-Catherine est Nicolas Duport, huissier de l'antichambre du Roi 
et sa marraine est l'épouse de Gilles du Caroy, maître d'hôtel du Roi.




Le 20 avril 1690, la Dauphine meurt à 29 ans. Marie-Angélique, qui n'avait sans doute pas une vie très agréable auprès de cette princesse triste et malade, perd de fait sa place. Le couple Quentin acquiert la charge de premier valet de garde-robe du Roi, de Jean Talon, conseiller du Roi en ses Conseils et secrétaire du cabinet de S.M., par acte passé devant Henri et Defnots, notaires à Paris, le 4 mai 1692 (A.N. ET/LVIII/178) ; il est pourvu de cette charge, par brevêt donné à Versailles le lendemain. Il se démettra de cette charge en faveur de son fils Jean par acte passé devant Le Cointe, notaire à Versailles, le 19 décembre 1703, et S.M. lui assurera le prix de cette charge par brevet donné à Versailles le lendemain. 

La garde-robe du Roi est dirigée par un grand maître de la garde-robe, charge que se transmettent les duc de La Rochefoucault ; les officiers de garderobe ont soin des habits et du linge de la personne du Roi. Il y a seize valets de garderobe servant par quartier, un valet de garderobe ordinaire et quatre premiers valets de garderobe servant par quartier ; ces derniers avaient la clef des coffres et couchaient dans la garde-robe. Celui qui est en quartier présentait au Roi ses chaussons, ses jarretières, et le soir, le maître de la garde-robe tirait la manche droite de la veste et du justaucorps de S.M., et le premier valet de garde-robe en tirait la manche gauche, recevait ce justaucorps, la veste et le cordon bleu ... Ensuite il défaisait la jarretière gauche, qu'il donnait au valet de garde-robe qui a déchaussé le Roi; après, il nouait le ruban de Ia manche gauche de la chemise de S. M. En l'absence du grand maltre et du maître de la garderobe, c'est le premier valet de garde-robe qui faisait tout le service de la garde-robe. - (État de la France, tome I, p. 19S et 196.) Ces charges, qui se vendaient cent dix ou cent quinze mille livres- (Journal de Dangeau, tomes IV, p. 78, et VI, p. 203.), conféraient la noblesse (héréditaire par édit de Louis XIV, 1653, puis non transmissible, par édit du même, 1699) et permettaient de se qualifier du titre d'écuyer. Officiers commensaux, il jouissaient de privilèges judiciaires (droit de commitimus, etc.), fiscaux (exemptions de taille et autres taxes), économiques (exemption de franc-fief, etc.), honorifiques (préséance dans les assemblées, dans les églises, etc.) et en plus étaient logés à la cour où ils bénéficiaient de nombreux avantages, tels que la bouche. A l'occasion du baptême de sa fille Marie-Angélique, le 13 septembre 1692, il est qualifié d'escuyer premier valet de garde robe du roi. Le parrain de la petite Marie-Angélique est son oncle François Quentin de Vienne, premier valet de chambre du roi Louis XIV qui lui a fait l'honneur d'être le parrain de son fils Louis, baptisé quelques jours plus tôt dans la chapelle du château de Versailles.


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Registre de Notre-Dame de Versailles 1692-1693 (vue 37/173) 
Baptème de Louis Quentin de la Vienne : le parrain est le Roi 
-cliquer sur l'image pour voir l'acte-
Le 1er novembre 1693, c'est au tour de Françoise d'être baptisée à Versailles. Pour son père les qualités de premier valet de garde de robe et valet de chambre ordinaire Barbier du roi sont portées sur l'acte. Le 3 décembre 1695, il n'est plus que premier valet de garde robe du roi, comme précisé sur l'acte de baptême de sa fille Geneviève. Jean Quantin, escuyer, sieur de Villiers, premier valet de garderobe du roy est présent à la signature du contrat de mariage de son beau frère Jean Poisson, le 24 décembre 1695, de l'agrément et en présence de Sa Majesté Monseigneur le Dauphin , Messeigneurs les ducs de Bourgogne, d'Anjou et du Berry, Enfants de France , Madame la princesse douairière de Conti, Monseigneur Boucherat Chancelier de France, Monseigneur le marquis de Chasteauneuf Ministre et Secrétaire d'Estat, Monseigneur de Pontchartrain Controlleur Général des Finances, Monsieur le Marquis de Livry Premier Maistre d'hostel du Roy, Monsieur de Beschamesl des Ormes Controlleur général de la Maison de Sa Majesté, Madame la Mareschalle dela Motte. Il est témoin à ce mariage qui eut lieu à Notre-Dame de Versailles le 27 décembre. On retrouve la même qualification sur l'acte de baptême de son dernier enfant Henri, en date du 23 août 1696. 
Le 2 septembre 1696 le Roi déclare les officiers et dames de la maison de Marie-Adélaïde de Savoie, future duchesse de Bourgogne. Le marquis de Sourches en donne la liste dans ses Mémoires. Marie-Angélique y est citée comme première femme de chambre, dirigeant quatre femmes de chambres ordinaires. Elle ne reçut son brevet que le 28 octobre 1697. Cette place, à 300 livres de gages annuels, lui apportait une place privilégiée auprès de la duchesse. Le marquis nous apprend également, à la date du 1er octobre 1697 que le Roi avait donné une place de femme de chambre de la princesse "à la fille de Quentin, son premier valet de garde-robe, dont la femme était déjà première femme de chambre." Il s'agit de Marie, âgée d'une vingtaine d'années, qui épousera l'année suivante Louis-Charles Le Monnier Descartes, maître d'hôtel de la duchesse de Bourgogne. 
Le 4 octobre Madame Quentin usa de son influence pour placer ses proches dans les maisons du duc et de la duchesse de Bourgogne. Ainsi un chapelain nommé Poisson était dans la maison écclésiastique de la duchesse. Trois de ses filles furent femmes de chambre : Marie-Angélique, Marie-Catherine et Marie-Anne. Ces filles firent d'ailleurs de très beaux mariages. 
Les fiançailles de Marie-Angélique ont lieu le 25 février 1698 dans la chapelle du grand commun du château de Versailles, et la bénédiction nuptiale est donnée le lendemain paroisse Notre-Dame par le grand vicaire de l'archevêque de Paris, à Louis-Charles Lemonnier, seigneur Descartes et autres lieux, maître d'hôtel ordinaire de madame la duchesse de Bourgogne et à Marie Quantin, seconde femme de chambre de madame la duchesse de Bourgogne. Jean Quantin est qualifié écuyer, seigneur de Villiers, premier valet de garderobe du Roi et Dame Angélique Poisson, première femme de chambre de madame la duchesse de Bourgogne


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Signatures sur le registre de Notre Dame de Versailles 26 février 1698


J
ean Quentin fait l'acquisition de la terre et baronnie de Champlost "au moyen de l'adjudication qui lui en avait été faite sur le S. Sauvion de la Touanne par les commissaires du Conseil le premier février mil sept cent deux" [aveu fait par Jean Quentin, fils, le 17 mars 1749 au comte de Saint-Florentin (source Annick Marty)]. Champlost restera dans la famille jusqu'en 1830, quand Alexandre de Combault, gendre de Jean-Marie Quentin, vend son domaine, qui comprend le château, pour 1.200.000 francs. Le nouveau propriétaire revendra le château, tout meublé et avec les fossé et jardins, 60.000 francs. L'acquéreur démolira ce magnifique château renaissance, construit sur un ancien château médiéval et qualifié de bijou architectural du XVIe siècle. Il n'en reste que des fossés, deux ponts, quelques pilastres, et des bâtiments à mansardes Louis XIV que l'on a affectés à la ferme.Le 7 juillet 1702, "madame Angélique Poisson, première femme de chambre de madame la duchesse de Bourgogne, femme de Mre Jean Quentin, premier valet de garderobe du Roi, baron de Chanlot [c'est ainsi que se prononce Champlost] et seigneur de Villers" est marraine d'Angélique Gabrielle de Chenedé, fille d'un premier valet de garderobe du duc de Berry et de Gabrielle Bachelier. Le 10 décembre suivant, noble homme Jean Quentin, escuyer, seigneur de Villiers, valet de garde robe du roienterre au Pecq son fils noble personne Jean Quentin, âgé de 22 ans, fils. Le 4 janvier 1704, son fils Jean épouse à Saint-Germain-l'Auxerrois Angélique, fille de Pierre Le Tessier de Montarsy, secrétaire du Roi et orfèvre-bijoutier, joailler ordinaire du Roi, et belle-soeur de Charles-Louis Félix, contrôleur général de la Maison du Roi. Le contrat, signé du Roi et de la famille royale, avait été passé devant Lambon et Marchand, notaires à Paris, le 30 décembre précédent. Parmi les amis présents au mariage, Marc de Voyer de Paulmy d'Argenson, lieutenant de Police, plus tard ministre,cousin de nos ancêtres Voyer de Paulmy. Le 7 janvier suivant, Pierre Le Tessier de Montarsy, qui ayant prêté en 1692 une somme importante d'argent à Jean-Nicolas de Francine, gendre de Lully et directeur de l'Académie Royale de Musique (Opéra), cède son obligation à Jean (et à son épouse) qui devient ainsi directeur associé de l'Opéra.Le 10 novembre 1705, il rend hommage au comte de Saint-Florentin de ses terres champenoises ; il y est qualifié Baron de Champlost, seigneur de Mercy, Bois-de-la-Raye, Vachy et autres lieux en Champagne.On apprend, le 2 avril 1706, le suicide de François-Edouard Colbert, marquis de Maulevrier, gendre du maréchal de Tessé. Saint-Simon nous dit que dès le lendemain, samedi saint, Mme Quantin alla à Paris chez ce malheureux, où dès auparavant elle avait fait divers voyages. Elle était toute à Tessé. On prête à la duchesse de Bourgogne quelques aventures, pas toutes avérées, facilitées par sa première femme de chambre. Son mari mourra néanmoins sans jamais soupçonner qu'elle eut des regard pour un autre que lui. Il en tomba pourtant sur Nangis [Louis-Armand de Brichanteau de Nangis, plus tard Maréchal de France].Toute la Cour, assidue et éclairée, s'aperçut de ce qui avait été caché d'abord avec tant de soin. Mais, soit crainte, soit amour de cette princesse, qu'on adorait, cette même Cour se tut, vit tout, se parla entre elle, et garda le secret qui ne lui était pas même confié [Saint-Simon, pour l'année 1704].Le marquis de Maulévrier, qui éprouvait une grande passion pour la princesse, était très jaloux de Nangis et commença de courtiser. Après avoir essayé de se faire entendre, il hasarda d'écrire. Les amants s'écrivaient régulièrement et cette correspondance se faisait par l'entremise de Marie-Angélique. 

 

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