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Chronique de la Marquise de Montespan

17/11/2015

 
 
 Bienvenue 
                                                                                                                    dans ma Chronique
 
 
 
  
 
 
 Francois-Athenais_de_Rochechouart.jpg
 
je m'appelle Françoise de Montespan 
 
 

 

              CONTEXTE

Les prémices de l’affaire

Le 31 juillet 1672, Jean-Baptiste Godin de Saint-Croix est retrouvé mort à son domicile. Il s’agit d’une mort naturelle mais diverses fioles et une cassette sont retrouvées lors de l’inventaire après décès. Cette cassette contient neuf lettres de sa maîtresse, la marquise de Brinvilliers, au contenu plus que sulfureux : elle y affirme avoir empoisonné par un mélange d'arsenic et de bave de crapaud son père, Dreux d’Aubray,lieutenant civil du Châtelet de Paris, en 1666 ainsi que ses deux frères, respectivement lieutenant civil du Châtelet et conseiller au Parlement de Paris, en 1670. pour s’approprier leur part d’héritage.

Dans la même cassette, la police trouve également une reconnaissance de dette de Godin de Sainte Croix envers Louis Reich de Pennautier, receveur général du clergé, autrement dit grand argentier de l’Eglise de France, et ami de Colbert.  datée du 17 février 1669, autorisant un marchand de Carcassone à recevoir par l’entremise de Godin de Sainte Croix, de la part de la marquise de Brinvillier, une somme de 10 000 livres qu’il lui aurait prêtée sous le nom de Paul Sardan. 

Sur le paquet est écrit « papiers pour être rendus à M. de Penautier, receveur général du clergé, et je supplie très humblement de bien vouloir les lui rendre en cas de mort, n’étant d’aucune conséquence qu’à lui seul ». Un dernier document, une quittance signée de Cusson, le marchand de Carcassone2 prouve que la marquise de Brinvilliers a remboursé deux mille livres à Cusson le 30 novembre 1669.

Les créanciers de Godin de Sainte-Croix s'adressent au Procureur du Roi pour réclamer leurs dus, les hautes sphères de l'État s'intéressent dès le début à cette affaire puisque Colbert est un proche de Pennautier

 Le contenu des fioles est analysé par un apothicaire, il s’agit de poisons virulents laissant peu de traces dans l’organisme. 

Entre temps, la marquise de Brinvilliers a eu vent de la découverte de la cassette et s’est enfuie à Londres.Dès le 3 décembre 1672, Colbert tente d’obtenir le retour en France de la marquise de Brinvilliers mais sans provoquer d’incident diplomatique avec l’Angleterre. Il écrit ainsi à l’ambassadeur de France à Londres pour tenter d’obtenir l’extradition de la marquise de Brinvilliers, en indiquant « Si le roi d’Angleterre voulait bien la faire arrêter, la faire mettre aussitôt en un bâtiment et l’envoyer promptement à Calais, cela serait fait et exécuté auparavant que personne en eût connaissance ». Elle se réfugie alors à Valenciennes, en Hollande puis à Liège, dans un couvent.

 La Chaussée, valet de Godin de Sainte Croix, est lui arrêté dès le 4 septembre 1672. Jugé en février 1673 il est condamné à être rompu vif fin mars, car il est considéré comme le complice de la marquise de Brinvilliers, ayant servi d'abord son frère. Il est également suspecté d'avoir voulu empoisonner le Roi à l'instigation de Godin de Sainte-Croix qui avait cherché à obtenir pour lui une charge d'officier du gobelet avec la caution de Pierre Louis Reich Pennautiers Enfin après avoir subi la question préalable, La Chaussée a reconnu avoir servi de tueurs à gages de Sainte-Croix

 L’affaire est dès le départ suivie de très près au plus haut sommet de l’Etat, les personnages cités étant des personnalités importantes. Louvois, ministre de la Guerre de Louis XIV, ne tarde pas à s’intéresser à l’affaire et ordonne à son lieutenant général de police, Nicolas de La Reynie, de tout faire pour arrêter la marquise en fuite à l’étranger. Ce dernier se voit attribuer les pleins pouvoirs pour mener l’enquête. En effet, Louvois souhaite que le lien soit fait entre la fugitive et Pennautier afin d’impliquer son grand rival Colbert, principal ministre du Roi Soleil.Le 26 juin 1676, Louis XIV écrit à Colbert : « sur l’affaire de Mme de Brinvilliers, je crois qu’il est important que vous disiez au premier président et au procureur général, de ma part, tout ce que de gens de biens comme eux doivent faire pour déconcerter tous ceux de quelque qualité qu’ils soient qui sont mêlés dans un si vilain commerce »

 

 

Malgré les moyens déployés, la marquise de Brinvilliers reste introuvable. Elle est donc condamnée à mort par contumace en 1673. La trace de la fuyarde est finalement retrouvée quatre ans plus tard dans un couvent aux Pays-Bas. Son arrestation rocambolesque a lieu le 25 mars 1676 par la ruse d’un agent de la La Brinvilliers passée à la question par l'eauReynie déguisé en prêtreFrançois Desgrez, le plus fin limier du lieutenant-général de police de La Reynie. Lors de son arrestation sont retrouvées dans sa chambre des lettres de confession dans lesquelles elle s'accuse d'homicides, d'avortement, depyromanie mais aussi d'une enfance dévastée par un viol à l'âge de 7 ans et des actes incestueux de la part d'un de ses frères.

Elle est soumise à un premier interrogatoire le 17 avril 1676 et écrouée à laConciergerie le 26 avril 1676, alors qu’elle refuse d’avouer et déclare que ses lettres de confession ont été écrites lors d'un acte de folie. 

Elle est extradée et son procès devant le Parlement de Paris débute le 29 avril. 

Les juges répugnent à livrer au public les détails sordides de ses crimes perpétrés dans leur société même. Ils vont cependant se concentrer sur ses liens avec Pennautier,  La Brinvilliers, passée à la question par l’eau, ne cessera jamais d’affirmer l’innocence du haut personnage.ce qui vaudra à ce dernier d’être accusé et emprisonné.Pierre Louis Reic Pénnautier fut emprisonné le 15 juin 1676 à la Concièrgerie, après avoir été mis en cause par la marquise de Brinvilliers, qui déclare aux enquêteurs lors de nouveaux interrogatoires: « s’il dégoutte sur moi, il pleuvra sur Penautier ». Ce dernier est alors cité dans une autre affaire d’empoisonnement : Mme Hanivel de Saint Laurens, alias Marie Vosser, veuve de l’ancien receveur du Clergé de France, l’accuse d’avoir empoisonné son mari le 2 mai 1669, pour pouvoir prendre possession de sa charge, ce qu’il fit effectivement le 12 juin 1669. Pennautier fera intervenir de nombreux ecclésiastiques et fut libéré  de prisonFaute de preuve le 27 juillet 1677 après treize mois dans les geôles

 

La marquise de Brinvilliers est quant à elle emmenée place de Grève le 17 juillet pour y être décapitée à l’épée. Son cadavre est aussitôt brûlé sur un bûcher et ses cendres dispersées au vent.

Religion, sortilèges et obscurantisme

En cette fin du XVIIè siècle, la contre-Réforme est à son apogée et le monde est empreint de religiosité, on croit en Dieu et on craint Satan. Toute sorte de charlatans et devins profitent de cet état de fait pour tirer un revenu de la curiosité des crédules, en leur prédisant l’avenir ou en leur faisant voir le diable à l’occasion de messes noires. « L’ancienne habitude de consulter les devins, de faire tirer son horoscope, de chercher des secrets pour se faire aimer, subsistait encore parmi le peuple et même chez les premiers du royaume »  écrit Voltaire dans son ouvrage "Le Siècle de Louis XIV" (1751). Faux abbés ou même vrais prêtres sont passés experts en magie noire, ensorcellements et maléfices afin de satisfaire leurs nombreux clients. Dans ce climat, les dérapages ne sont pas loin. Les enquêteurs de La Reynie, échaudés par l’affaire de la Brinvilliers, vont demeurer très vigilants et vont continuer de recueillir des renseignements.

 

LES FAITS

En septembre 1677, un billet anonyme faisant allusion à un complot ourdit contre le Roi Soleil, avec utilisation de « poudre blanche », est déposé dans un confessionnal de l’abbaye des Jésuites de la rue St Antoine. l’affaire rebondit sur le terrain des messes noires. Maître Perrin, petit avocat sans clientèle, entendit au cours d'un dîner arrosé une certaine Marie Bosse réputé devineresse, cette dernière avinée se vantant de ses profits de son métier d'empoisonneuse. Perrin qui connaissait bien Desgrez, rapporta cette affaire à ce dernier. En 1679, l’enquête menée par Desgrez révéla que Marie Brosse avait fourni des poisons à certaines épouses de membres du Parlement voulant empoisonner leur mari. Marie Bosse dénonça une autre empoisonneuse, la femme Montvoisin, dite « la Voisin » qui fut arrêtée le 12 mars 1679 La Reynie, toujours sur le qui vive dans cette atmosphère paranoïaque, s’empare de l’enquête.

Celle-ci s’oriente vers une détenue du Châtelet accusée d’avoir empoisonné son mari. Elle reçoit régulièrement la visite d’une certaine Marie Bosse qui n’est pas inconnue des enquêteurs, puisque Marie Bosse se vante d’empoisonner à l’instigation de femmes de l’aristocratie parisienne. Un piège lui est tendu, elle est confondue et emprisonnée. Soumise à la torture, elle fait de nombreuses révélations aux policiers et donne le nom de Catherine Deshayes, femme Monvoisin, dite la Voisin. Cette dernière était déjà soupçonnée de sorcellerie, elle est arrêtée le 12 mars 1679 ainsi que plusieurs de ses complices. Leur interrogatoire démontre rapidement que leurs pratiques dépassent le cadre divinatoire et les enquêteurs se retrouvent face à un véritable réseau d’empoisonneurs dans la capitale.

 

  Dans un second temps, sept ans après les faits et trois ans après l’exécution de la Marquise et de son valet La Chaussée,Les « révélations » des inculpés portant sur des personnes de qualité, il fut créé un tribunal spécial : la «Chambre ardente ». De grands personnages, surtout des femmes, furent alors cités :Madame de Vivonne (belle-sœur de Madame de Montespan), Madame de la Mothe, Mesdemoiselles des Oeillets et Cato (femmes de chambre de Madame de Montespan), laComtesse de Soisson, la Comtesse de Roure, la Comtesse de Polignac, le maréchal de Luxembourg, et d’autres encore.

Le lieutenant de police La Reynie peina à trouver des preuves autre que des témoignages parfois farfelus. À l’accusation d’empoisonnement s’ajoutèrent d’autres : meurtres d’enfants lors de messes noires dites par des prêtres débauchés (dont Etienne Guibourg), profanations d’hosties ou même fabrication de fausse monnaie.

 Le 7 avril, Louis XIV, fortement encouragé par Nicolas de la Reynie, établit une cour d’exception spécialement chargée d’instruire et de juger « une affaire de poisons », celle de la Voisin et de ses complices : La Chambre ardente est créée.

 

LA CHAMBRE ARDENTE

 

La Chambre ardente se réunit à l’Arsenal, près de la Bastille. Elle est dotée de ce nom impressionnant car ses audiences se tiennent dans une pièce tendue de noir et éclairée par des flambeaux. Cette commission est composée d’une douzaine de magistrats de haut rang provenant du Parlement de Paris. Elle a pour président Louis Boucherat, futur Chancelier, et pour rapporteurs Bazin de Bezons et La Reynie. Ses audiences sont secrètes et très solennelles.

 

L’instruction

La Reynie

L’instruction se concentre en premier lieu sur les rapports de police, les interrogatoires et les procès verbaux relatifs aux empoisonnements de la Voisin et de ses acolytes mais très tôt, il est question d’avortements, de magie, de maléfices, sortilèges et autres messes noires… La Voisin, ses complices magiciens et ses consoeurs en sorcellerie, avouent toutes sortes de crimes et délits avec leur lot d’exagérations, d’imprécisions, d’affabulations : nourrissons égorgés durant des messes noires et enterrés dans des jardins, vente de "poudre de succession", apparition de démons sur demande. La Reynie, sans esprit critique, enregistre tout.

Ce zèle de la part de La Reynie pourrait venir en partie de la lutte entreLouvois, ministre de la Guerre, et Jean Baptiste Colbert, Louvois menant une enquête secrète pour le compte du roi, tandis que certains des nouveaux accusés illustres étaient présentés comme des proches de Colbert dont l’influence sur le roi avait fortement chuté, après avoir été contestée par les milieux catholiques ou économiques dès 1669. Cette contestation s’était amplifiée après la faillite en 1674 de la Compagnie des Indes Occidentales, puis la liaison entre le roi et la Marquise de Maintenon qui reproche par écrit à Colbert de n’être pas assez attentif à la religion.

 En trois ans, la Chambre ardente auditionna 442 accusés, ordonna 319 prises de corps (125 inculpés en fuite ne seront pas arrêtés), rendit 104 jugements dont 30 acquittements, 36 condamnations à mort, 34 bannissement du royaume ou amendes et quatre condamnations aux galères. Elle fut dissoute en 1682 par ordre de Louis XIV, sans qu’aient été jugés les accusateurs de Madame de Montespan, qui furent enfermés dans des forteresses royales, comme la forteresse du Saint-André, à Salins les Bains 

 Puis les inculpés se mettent à dénoncer leurs "clients" à tout va. Ainsi, du 10 avril 1679 au 21 juillet 1682, la Chambre ardente auditionne 442 accusés et ordonne 367 arrestations, dont 218 sont maintenues. Les inculpés citent des noms de personnages importants, pensant certainement se couvrir par leur protection ou que les magistrats étoufferaient l’affaire. Des grands personnages de la cour sont évoqués.

 

Le Château de Versailles - Crédit : Florent Rives

 

Querelle Louvois-Colbert

Louvois

Cette affaire aux dimensions hors normes fait perdre le sens critique aux magistrats de la chambre dont certains manquent de prudence et suivent leur collègue La Reynie dans sa volonté de châtier de manière spectaculaire ces gens de qualité prétendument compromis. Ils ne remarquent pas que Louvois intervient en sous main, visitant des prisonniers, faisant des rapports personnels au roi et que la plupart des grands seigneurs ou grandes dames mis en cause sont des amis ou des protégés de Colbert. Le maréchal duc de Luxembourg, glorieux soldat mais aussi ennemi de Louvois et ami de Colbert, en fera les frais en étant accusé et embastillé à tort durant quatorze mois.

 

Les sentences

Le Roi suit de près le cas des principaux suspects, l’honneur de sa cour étant mis à mal. La plupart des accusations émanent des aveux de la Voisin et consorts, et les preuves tangibles manquent. La majorité des hauts personnages de la Cour sont innocentés. Aux plus compromis, Louis le Grand conseille l’exil volontaire. Quant à la Voisin, elle est brûlée vive en place de grève le 22 février 1680 devant une foule hystérique.

 

Un rebondissement inattendu

 Mais l’exécution de la Voisin ne marque pas la fin de l’affaire, bien au contraire. Sa fille, Marie-Marguerite Voisin, n’a plus à protéger sa mère et va donc trouver la Reynie pour lui parler de ce qu’elle sait en impliquant directement Madame de Montespan, favorite de Louis XIV et mère de sept de ses enfants déjà en disgrâce auprès du roi :. La marquise aurait bel et bien commis l’imprudence de consulter la Voisin pour des horoscopes, des "philtres d’amour" sans doute pour obtenir des poudres, propres à lui ramener l’amour du roi, et aurait participé à des cérémonies de conjuration. ou autres sorts d’expression banale en ce temps mais Marie-Marguerite Voisin va s’acharner et apporter de nouvelles prétendues précisions sur de nouveaux crimes.Il n’existe cependant aucune preuve qu’elle ait pris part à des messes noires ou ait organisé l’empoisonnement de ses rivales, telle Marie Angélique de Fontanges, décédée de mort naturelle mais dans des circonstances jugées à l’époque étranges.Malgré les rumeurs concernant son ancienne favorite, le roi continua à la voir chaque jour, lorsqu’il visitait ses enfants.

Dès les premiers bruits concernant la marquise de Montespan, le Roi réagit en interdisant aux magistrats d’utiliser des registres pour les interrogatoires et leur enjoint de recourir aux feuilles volantes. Ces documents sont rassemblés dans une cassette scellée et conservée par Louis XIV. Peu après, il demandera à la Chambre ardente de ne plus s’occuper des affaires où le nom de Madame de Montespan apparaît.

 

EPILOGUE

 Les juges de la Chambre ardente ne s’accommodent pas des prescriptions royales. Alors Louis XIV décide de suspendre les travaux de la chambre le 21 juillet 1682 et disperse, par lettres de cachet, les derniers accusés dans différentes prisons royales du pays. Ils y resteront jusqu’à la fin de leurs jours. Marie-Marguerite Voisin, fille de la Voisin, et plusieurs autres empoisonneurs, auront donc échappé au bûcher en médisant sans mesure sur Madame de Montespan. En tout, la Chambre ardente aura fait exécuter trente quatre personnes, envoyé 

En juillet 1709, Louis XIV brûle lui-même l’entièreté des fiches accusatrices conservées dans sa cassette, refermant ainsi une affaire politico-judiciaire interminable partie des faux cinq coupables aux galères et en aura condamné vingt trois autres au bannissement.

bourgs parisiens et qui aura touché jusqu'à ses plus  

 
  La Voisin fut brûlée vive en place de Grève le 22 février 1680.
 
Plusieurs femmes ayant accusé Madame de Montespan furent enfermées par lettre de cachet aux châteaux de Salses, de Villefranche-de-Conflent, à la citadelle Vauban du Palais, de Besançon et à Belleîle en Mer.
 
 
 
 
   La Chronique de la Marquis continue avec 
 
 
 
 Le courrier du Coeur
 
 
 
 
 
 C'est ainsi  que la Marquise  de Montespan. signait sa correspondance 
 
 

 
Lettre autographe, Saint-Germain 19 novembre [1680, au comte de Lauzun];
 
. Importante lettre sur ses intrigues pour faire libérer Lauzun de la forteresse de Pignerol et doter son fils le duc du Maine par la Grande Mademoiselle, avec la collaboration d'Henri de Barrailh, ancien lieutenant gouverneur de la Bastille, agent de Lauzun, et confident de la Grande Mademoiselle.
 
[Louis XIV devait consentir à libérer Lauzun le 22 avril 1681, seulement après que la Grande Mademoiselle, cousine germaine du Roi et quinquagénaire fort éprise du prisonnier, eut donné au duc du Maine, aîné des enfants du Roi et de Mme de Montespan, son comté-pairie d'Eu et sa principauté de Dombes, selon le marché proposé par Barrailh].
 
«Vous aurest su par Barail comme tout sest passay le roy a paru trest contant de Mlle il luy a fait mille honnestetes mest nous doutons quil luy et dit se quel croit avoir antandu car si sela estet vray il ni auret plus rien a souester coi quil anest il faust latandre le plus pasiammant que vous pouvest. Nous vous donnons le mesme conseil et je nan orais pas de melleur pour se quy regarde mest interest je vous prie de ne man plus parler je suis sy honteuse que se soit dans vostre maleur que vous nous fasiés du bien et que nous soiions au milieu de la cour sans vous le pouvoir randre quil me sanble que sest minsulter que de man proposer de nouveaus. Je croy pourtant que vous me connessest telle que je suis et que vous me plegnest de nestre pas annestat de faire mieus. Jay veu Mr Colbert je luy ay parlay de vos afaire il ma promis di faire se quy se poura. Je croy quil sera bon dan prefenir Mlle dans la bonne humeur quel a montree dabort et de lexortter a la pasianse et enploiier le tans de vostre exil a vos ostre afaire. Je suis tres ese que vous ayés trouvay Mr du Maine a vostre gray jespere que vous lesmerest ancore mieux dans la suite et quil vous donnera lieu destre contant de luy. Barail seloigne trop de moy je say bien quil faust de grande precausions avec Mlle mest il peut estre sensible destre instruit et quant se ne seret que pour que dire se quil convient de dire a Mlle se seret toujours asset pour me voir asses souvant»... Elle le prie de continuer de lui faire savoir de ses nouvelles: «soiies persuaday que je prans toutte la part que je dois et que je ne me connest point dafaire sy presee que selle qui hont raport a vous mest il faust que vous santies que tout le monde est auqupay de vous et que lon prans de grande precausions. Tout sela poura nestre rien dans la suite mest il faust le savoir pour nestre pas estonnay quant les chose ne vont pas comme on le pouret souester vous avest tant soufert quil me sanble que se qui vous reste de peine ne vous devret pas chagriner dans laparanse que la suite de vostre vie poura estre aussy heureuse que le pasay estet penisble»... Elle réitère ses assurances de dévouement à son égard, et l'assure: «sy javest su les chose comme elle estest je naurest jamest resu pour Mr du Maine les avantaige que vous luy avest proqurés que je naye sceu an mesme tans se quy vous an pouvet paier mest il nest plus tans de parler dun pasay tant il nia que nous de bien tretes il ny faut panser que pour esaier de le reconnestre et sest acoy je vous promest de ne pas perdre un moment
 
 
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Dans le miroir de la marquise 
 
 
 
 
 
 
 
 
  Versailles, en ce printemps 1674, la Montespan est sûre d'elle, orgueilleuse de sa blondeur, de ses formes harmonieuses, de son teint nacré, du bleu de France de son regard moqueur. La modestie d'une La Vallière n'est pas de mise pour la très belle Françoise Athénaïs, marquise de Montespan. Elle considère qu'elle est née pour rayonner. Qu'elle est faite pour donner un éclat étincelant au règne du Roi Soleil, qui, pour sa part, ne s'en plaint pas, bien au contraire. Même quand elle lui fait des scènes, Louis XIV la couvre de bijoux. Il lui faut seulement rester la plus belle pour parader aux fêtes de Versailles. Avec la marquise de Montespan, le règne de l'apparat, des fards et des parures atteint son apogée. Elle s'en préoccupe avec art et application, en public comme en privé. Avec la conscience qu'il lui faut entretenir sans relâche cette grâce qu'elle a reçue comme un cadeau de la nature.

 
 La journée de Françoise Athénaïs

 

Elle débute rituellement avec une recette d'un de ces charlatans, vendeurs de rêve en vogue.

 

Chaque matin, à jeun, elle avale un grand verre d'urine de mule. Cela assure, paraît-il, un teint frais et un oeil brillant !

Pour entretenir ses rondeurs, la marquise consomme ensuite un riche mélange bien sucré de lait et de farine de fèves, d'orge, de lentilles et de riz. Ce menu lui apporte l'énergie qui lui permet de soutenir le rythme effréné de la Cour.

En ces temps où l'hygiène est pour le moins défaillante, la table de toilette de la Montespan est tout au plus une coiffeuse, devant laquelle la favorite passe des heures à brosser ses cheveux et à appliquer un maquillage savant.

 Elle use sans modération aucune du blanc de céruse. Cette substance (du carbonate basique de plomb dont l'usage a été interdit en 1905) est hautement nocive. Mais elle a l'avantage de blanchir un teint que la marquise préserve par ailleurs des rayons du soleil en dissimulant son visage sous une ombrelle ou des voiles.

Enfin, par contraste, le blanc de céruse fait ressortir sur la peau pâle de la Montespan les rouges spectaculaires dont elle possède une palette complète. Françoise use et abuse de ces rouges qui deviennent fort prisés par les dames de la Cour.

Dans le secret de son boudoir, la marquise utilise également des mixtures contre les rides, à base de moelle de bouf, de saindoux ou de bouse de vache. Il lui arrive même de boire de cette dernière, distillée, en guise de dépuratif printanier.

La Montespan est une très bonne cliente des marchands de miracles et de mirages qui, tel un essaim d'abeilles, recherchent ses faveurs. Que la marquise utilise un de leurs produits miraculeux et ils sont sûrs de faire fortune tant auprès des dames de la Cour que des bourgeoises de Paris.

Quant à Françoise, la nouveauté l'attire comme un aimant. Elle se précipite immédiatement sur le baume assurant la repousse des cheveux ou sur la dernière potion destinée à "effacer les flétrissements dus à l'enfantement". Elle qui, en huit ans, donnera huit enfants à Sa Majesté Louis XIV, sait bien qu'elle n'est pas à l'abri des meurtrissures qui affligent le commun des mortelles. Françoise ne dédaigne pas non plus certains philtres prometteurs et magiques, qu'ils soient d'amour ou de jouvence. Elle ne sait pas encore que cette quête éperdue de beauté, de puissance et de jeunesse entraînera sa perte, quelques années plus tard, et provoquera son exil.

Au moment de l'Affaire des Poisons, en 1680, elle sera accusée d'avoir eu recours aux messes noires et aux poisons pour s'assurer les faveurs royales. Pour l'instant, elle ne sent pas le danger de cette dérive .

En négligé de mousseline et de dentelles, elle se livre avec volupté aux mains savantes de son coiffeur, le sieur Champagne, premier coiffeur officiel pour dames. La séance est publique. Françoise y invite ses courtisans préférés. Ils assistent, émerveillés, à l'élaboration d'une invraisemblable coiffure, fragile échafaudage de boucles. Toujours soucieuse de son apparence, la marquise rehausse, en cachette cette fois, la blondeur miellée de ses cheveux, selon une vieille recette vénitienne.


  

les murmures des alcôves

Mme de Sévigné

"La Montespan est une très bonne cliente des marchands de miracles et de mirages qui, tel un essaim d'abeilles, recherchent ses faveurs. Que la marquise utilise un de leurs produits miraculeux et ils sont sûrs de faire fortune tant auprès des dames de la Cour que des bourgeoises de Paris. Quant à Françoise, la nouveauté l'attire comme un aimant. Elle se précipite immédiatement sur le baume assurant la repousse des cheveux ou sur la dernière potion destinée à "effacer les flétrissements dus à l'enfantement". Elle qui, en huit ans, donnera huit enfants à Sa Majesté Louis XIV, sait bien qu'elle n'est pas à l'abri des meurtrissures qui affligent le commun des mortelles. Françoise ne dédaigne pas non plus certains philtres prometteurs et magiques, qu'ils soient d'amour ou de jouvence. Elle ne sait pas encore que cette quête éperdue de beauté, de puissance et de jeunesse entraînera sa perte, quelques années plus tard, et provoquera son exil. Au moment de l'Affaire des Poisons, en 1680, elle sera accusée d'avoir eu recours aux messes noires et aux poisons pour s'assurer les faveurs royales. Pour l'instant, elle ne sent pas le danger de cette dérive . En négligé de mousseline et de dentelles, elle se livre avec volupté aux mains savantes de son coiffeur, le sieur Champagne, premier coiffeur officiel pour dames. La séance est publique. Françoise y invite ses courtisans préférés. Ils assistent, émerveillés, à l'élaboration d'une invraisemblable coiffure, fragile échafaudage de boucles. Toujours soucieuse de son apparence, la marquise rehausse, en cachette cette fois, la blondeur miellée de ses cheveux, selon une vieille recette vénitienne."


 
 Les murmures d'alcôves
 
un pacte avec le Diable 
 

 L’histoire de la marquise commence à la Cour de France alors qu’elle a 27 ans et qu’elle est la dame d’honneur de la reine. Ambitieuse, Françoise n’a qu’une idée : séduire le roi ! La concurrence est rude ! Elle utilisera tous les moyens pour arriver à ses fins.

La magie, les philtres d’amour, les poudres aphrodisiaques pour obtenir les faveurs du Roi

Alors que le roi file le parfait amour avec Louise de la Vallière, Mme de Montespan prépare le terrain dans le plus grand secret. Elle a recourt à La Voisin, une diseuse de bonne aventure. Celle-ci lui organise une « messe du Saint-Esprit » qui n’est rien d’autre qu’une variante de la messe noire pour lui faire obtenir l’affection du roi. Le résultat dépasse ses espérances, elle devient la maîtresse du roi qui lui fait bâtir un château de rêve. En retour elle lui donne sept enfants.

Au moindre signe de lassitude et de désintérêt de son roi elle recourt aux rituels magiques.

 Certains soirs de pleine lune, elle va dans des jardins en compagnie de sorcières pour invoquer les forces du mal.

Elle fait préparer des filtres d’amour pour le roi, des poudres aphrodisiaques composés de

testicules de sanglier, d’artichauts, d’excréments de renard et d’urine de chat dont elle saupoudre la nourriture du roi. 

La Marquise vendra son âme au Diable lors de messes noires

Pendant cinq ans le roi lui voue un grand attachement et puis les choses changent. Elle doit agir vite pour garder ses faveurs. C’est alors que La Voisin lui présente l’abbé Guibourg qui lui propose de célébrer une messe noire pour obtenir l’aide de Satan. C’est dans le plus grand secret que la cérémonie se déroule dans la chapelle d’un château dans les environs de Paris. Une scène surréaliste en présence de crucifix renversés en signe d’abjuration. La messe est dite sur le corps nu de Madame de Montespan allongée sur l’autel avec un cierge noir dans chaque main. Au moment de la consécration l’abbé sacrifie un petit enfant en l’égorgeant. Il demande solennellement le concours des démons Astaroth et Asmodée. Il fait réciter des incantations à la Dame : «  Je désire l’affection du roi et veut que la reine soit frappée de stérilité, que j’obtienne tout ce que je désire, etc.. »

Après deux autres célébrations semblables, la marquise retrouve les faveurs du roi. Mais à partir de ce moment-là les crises se suivent et les démons répondent de moins en moins aux invocations de la belle Dame. Lors d’une dernière messe noire Guibourg égorge un nouveau né et Madame de Montespan pousse le sacrilège jusquà emporter un peu de sang du bébé pour le mettre dans la nourriture royale

 
 
 
 
 
 
 Ainsi se refrme la Chronique de Françoise de Montespan
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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