Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
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chronique de Jeanne de Valois de Saint Rémy suite de l'affaire du collier

04/10/2015

 

 

Lorsque le scandale  se précise

 Le 28 décembre 1784, se présentant toujours comme une amie intime de la reine, la comtesse de la Motte rencontre les joailliers Bœhmer et Bassange qui lui montrent le collier de 2 840 carats; ils souhaitent rapidement vendre le bijou car ils se sont endettés pour le constituer. C'est à ce moment là que Charlotte   imagine un plan pour entrer en  possession du bijou. Elle déclare alors au joaillier qu’elle va intervenir pour convaincre la reine d’acheter le collier, mais par le biais d’un prête-nom.

  En France, les deux joailliers et le cardinal commencent à s’étonner d’un fait très étrange : à Versailles, la reine ne porte pas le collier… Evidemment, la « comtesse » s’empresse de les rassurer pour gagner du temps : la reine attend une grande occasion digne du bijou. Bien-sûr, la vente doit rester absolument secrète…  Juillet 1785 arrive. La première échéance approchant, Jeanne de La Motte veut encore gagner du temps. Elle annonce au cardinal que la reine a des difficultés pour le rembourser mais souhaite évidemment s’acquitter de sa dette. « Elle » demande qu’on lui trouve des prêteurs dignes de confiance. Toujours aussi incroyablement naïf, de Rohan ne s’inquiète de rien. Et tout aurait pu tranquillement continuer ainsi pour nos escrocs.

 De fait, le cardinal de Rohan reçoit en janvier 1785 une nouvelle lettre, toujours signée « Marie-Antoinette de France »,dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d’acquérir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d’entremetteur, s’engageant par contrat à le rembourser en versements étalés dans le temps quatre versements de 400 000 livres et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire.Seulement voila, l’un de nos joailliers, en l’occurrence Boehmer, tient à couvrir ses arrières. Profitant de ses entrées à la cour, il se rend chez la première femme de chambre de la reine, madame Campan, pour s’assurer que le premier versement lui sera bien remis dans les temps. Complètement interloquée, madame Campan en parle aussitôt à Marie-Antoinette qui, bien-sûr, ne comprend rien à l’affaire et charge alors le baron de Breteuil, ministre de la Maison du Roi, de se renseigner plus avant. Breteuil enquête et découvre rapidement l’escroquerie dans laquelle l’un de ses plus farouches ennemis  le cardinal de Rohan est mouillé jusqu’au coup  

En outre la comtesse s’est ménagé la complicité de Cagliostro, dont le cardinal est fanatique il ira jusqu’à déclarer « Cagliostro est Dieu lui-même ! » Devant le cardinal, le mage fait annoncer par un enfant médium un oracle dévoilant les suites les plus fabuleuses pour le prélat s’il se prête à cette affaire : la reconnaissance de la reine ne connaîtra plus de bornes, les faveurs pleuvront sur la tête du cardinal, la reine le fera nommer par le roi premier ministre.

Nous sommes Le 1er février 1785, convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu’il va porter le soir même à Mme de La Motte dans un appartement qu'elle a loué à Versailles. Devant lui, elle le transmet à un prétendu valet de pied portant la livrée de la reine (qui n’est autre que Rétaux de Villette son époux). Pour avoir favorisé cette négociation, l’intrigante bénéficiera même de cadeaux du joaillier

 

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Immédiatement les escrocs dessertissent maladroitement le collier en abîmant les pierres précieuses et commencent à revendre les pierres. Rétaux de Villette a quelques ennuis en négociant les siennes. Leur qualité est telle, et, pressé par le temps, il les négocie si en dessous de leur valeur, que des diamantaires juifs soupçonnent le fruit d’un vol et le dénoncent. Il parvient à prouver sa bonne foi et part à Bruxelles vendre ce qu'il lui reste. Le comte de La Motte part de son côté proposer les plus beaux diamants à deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les mêmes raisons que leurs collègues israélites, flairent le coup fourré. Ils envoient un émissaire à Paris : mais aucun vol de bijoux de cette valeur n’étant connu, ils les achètent, rassurés. Les dernières pierres sont donc vendues à Londres.

Pendant ce temps, la première échéance est attendue par le joaillier et le cardinal pour le 1er août. Toutefois,l ’artisan et le prélat s’étonnent de constater qu’en attendant, la reine ne porte pas le 
collier . Mme de La Motte les assure qu’une grande occasion ne s’est pas encore présentée, et que d’ici là, si on leur parle du collier, ils doivent répondre qu’il a été vendu au sultan de Constantinople. En juillet cependant, la première échéance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du  temps. Elle demande au cardinal de trouver des prêteurs pour aider la reine à rembourser. Elle aurait, en effet, du mal à trouver les 400 000 livres qu’elle doit à cette échéance. Mais le bijoutier Bœhmer va précipiter le dénouement. Ayant eu vent des difficultés de paiement qui s’annoncent, il se rend directement chez la première femme de chambre de Marie-Antoinette, Mme Campan, et évoque l'affaire avec elle. Celle-ci tombe des nues et naturellement va immédiatement rapporter à la reine son entretien avec Boehmer. Marie-Antoinette, pour qui l'affaire est incompréhensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du  roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan, ayant notamment convoité en vain son poste d'ambassadeur à Vienne. Découvrant l’escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqué, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicité possible.

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Le scandale
La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 35 000 livres, grâce aux 300 000 livres qu'elle a acquis de la vente  du collier et dont elle s'est déjà servie pour s'acheter une gentilhommière. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. Parallèlement, la comtesse informe les joailliers que la prétendue signature de la reine est un faux, afin de faire peur au cardinal de Rohan et l'obliger à régler lui-même la facture par crainte du  scandale.L'affaire éclate. Entre-temps, les mêmes aigrefins, menés par l'ex-inspecteur des mœurs, agent secret et escroc Jean-Baptiste Meusnier, en profitent pour soutirer 60 000 autres livres à d'autres bijoutiers.

Le roi est prévenu de l'escroquerie le 14 août 1785. Le 15 août, alors que le cardinal qui est également grand-aumônier de France s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l’Assomption dans la chapelle du château de Versailles, il est convoqué dans les appartements du roi en présence de la reine, du garde des sceaux Miromesnil et du ministre de la Maison du roi Breteuil.

Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le prélat comprend qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte. Il envoie chercher les lettres de la « reine ». Le roi réagit : « Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aumônier de France, a-t-il pu croire un instant à des lettres signées Marie-Antoinette de France ! ». 
La reine ajoute : « Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis quinze ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ». 
Le cardinal tente de s’expliquer. 
« Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté. », lui dit le roi. Le cardinal supplie le roi de lui épargner cette humiliation, il invoque la dignité de l’église, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a élevé Louis XVI. Le roi se retourne vers le cardinal : « Je fais ce que je dois, et comme roi, et comme mari. Sortez. » Au sortir des appartement du roi, il est arrêté dans la Galerie des Glaces au milieu des courtisans médusés. Le scandale éclate !

Le cardinal est emprisonné à la Bastille. Il commence immédiatement à rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son château de Coupvray (à la fin du XIXe siècle, les descendants de ses héritiers continueront de rembourser sporadiquement par fractions les descendants du  joaillier. La comtesse de La Motte est arrêtée, son mari s’enfuit à Londres (où il bénéficie du droit d'asile) avec les derniers diamants, Rétaux de Villette est déjà en Suisse. 
On interpelle aussi Cagliostro et le 20 octobre Nicole Leguay à Bruxelles avec son amant dont elle est enceinte.


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Le procès

Le roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura à se prononcer sur son cas : ou bien s’en remettre directement au jugement du roi en huis clos, ou être traduit devant le Parlement de Paris. Ceci s’avère fort malhabile de la part de Louis XVI : le cardinal décidant de mettre l'affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l’autorité royale.

Le 22 mai 1786, le procès public s’ouvre devant les 64 magistrats de la Tournelle et la Grand-chambre du Parlement présidée par le marquis Étienne François d'Aligre assisté de conseillers honoraires et maîtres des requêtes. Le 30 mai, le parlement rend son verdict, face à une presse qui se déchaîne. Le cardinal est acquitté (aussi bien pour l'escroquerie que pour le crime de lèse-majesté envers la reine et ce malgré un mémoire à charge réalisé par un homme d'intrigue, sieur Bette d'Etienville et le réquisitoire du procureur Joseph Omer Joly de Fleury) à 26 voix de conseillers contre 23. La prétendue comtesse de La Motte, elle, est condamnée à la prison à perpétuité à la Salpêtrière, après avoir été fouettée et marquée au fer rouge sur les deux épaules du « V » de « voleuse » (elle se débattra tant que l’un des « V » sera finalement appliqué sur son sein). Son mari est condamné aux galères à perpétuité par contumace, et Rétaux de Villette est banni, il s'exile à Venise où il écrit en 1790 Mémoire historique des intrigues de la Cour, et de ce qui s'est passé entre la Reine, le comte d'Artois. Enfin, Nicole Leguay est déclarée « hors de cours » (mise hors de cause après avoir ému le tribunal avec son bébé dans les bras), Cagliostro après avoir été embastillé puis soutenu par Jacques Duval d'Eprémesnil, défendu par le brillant avocat Jean-Charles Thilorier, est bientôt expulsé de France (1786).

Marie-Antoinette est au comble de l’humiliation. Elle prend l’acquittement  du cardinal comme un camouflet. De la part des juges, cet acquittement signifie qu’on ne saurait tenir rigueur au cardinal d’avoir cru que la reine lui envoyait des billets doux par l'intermédiaire d'une aventurière, lui accordait des rendez-vous galants dans le parc de Versailles et achetait des bijoux pharaoniques par le biais d’hommes de paille en cachette du roi. C’était sous-entendre que de telles frasques n'auraient rien eu d'invraisemblable de la part de la reine. Et c’est bien dans cet esprit que le jugement fut rendu, et pris dans l’opinion.

La reine, désormais consciente que son image s'est dégradée auprès de l'opinion, obtient donc du roi qu’il exile le cardinal de Rohan à l'abbaye de la Chaise-Dieu, l’une des abbayes en commende du cardinal, après l’avoir démis de son poste de grand aumônier. Il restera trois mois dans cette abbaye, après quoi il ira sous des cieux plus cléments, à l’abbaye de Marmoutier près de Tours. Ce n’est qu’au bout de trois ans, le 17 mars 1788, que le roi l’autorisera à retrouver son diocèse de Strasbourg.


 




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 

 

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