Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe

Chronique de Charlotte de Rohan Rochefort

29/09/2015
 
Bienvenue dans
 
ma Chronique
 
 je suis Charlotte de Rohan de Rochefort
 
 
 
 
 
vous ne me connaissez pas mais vous connaissez certainement mon illustre amant
 
 
le duc d'Enghein
 
 
 
 
on ne sait il est vrai jamais marié  non pas parce que l'on ne s'aimait pas assez, grand Dieu non, il a été le grand amour de ma vie, mais par peur de déplaire au prince de Condé et cela était important pour le Duc 
 
 
 
 
 
 
j'ai été un témoin malheureux de l'affaire qui allait defrayer les chroniques de mon temps et qui allait précipiter mon illustre amour dans l'enfer
 
 
je vais vous conter l'affaire du duc D'Enghein 
 
 

JPEG - 6.1 ko  
 
 
 

 Qu'il est affreux de mourir ainsi de la main des Français." - Louis de Bourbon-Condé, duc d'Enghien

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Le Duc D'Enghien à son exécution (fresque de l'époque) [Public domain], via Wikimedia Commons)
 
 

laissez moi vous perlez du contexte 

 

Napoléon Bonaparte, alors consul à vie au début de l'année 1804, est au fait de sa puissance ; puissance aussi bien politique, avec les "masses de granit" réformant la société française, que militaire, depuis la victoire de Marengo quatre ans plus tôt et la signature de la paix d'Amiens avec l'Angleterre en 1802. Ainsi rien ne semblait arrêter l'ancien général de la République qui rêvait désormais d'un pouvoir impérial, dynastique et sans limite.

Mais ce présent état de grâce n'était pas sans faire oublier au futur empereur la fragilité d'une telle situation : les menaces de reprise de guerres à l'Est et les récents complots contre sa personne et ses proches (notamment l'attentat de la rue Saint-Nicaise le 24 décembre 1800 et la "conspiration de l'an XII" en 1803) instaurèrent un climat paranoïaque et délétère au plus haut sommet de l'État.

Forcé de réagir à ces attaques, le gouvernement consulaire décida de frapper fort et de faire littéralement un exemple. Mais qui serait la cible de cette répression ? Les noms les plus fous circulèrent pendant les réunions de crise, comme ceux des frères de Louis XVI, mais l'attention se porta tout particulièrement sur un autre héritier de la maison de France : Louis de Bourbon-Condé, cousin du défunt roi.

 

 À Paris, des conjurés, dont Pichegru et Cadoudal, attendent le moment opportun pour enlever ou assassiner le Premier Consul.

Le 13 janvier 1804 le conseiller d’état François Real, chargé de la police annonce au 1er Consul que Pichegru est à Paris. Ce dernier connaît la raison du retour du général, c’est pour participer aux projets de Cadoudal. En effet ce dernier a juré de tuer Napoléon. Pichegru ayant accepté l’aide de Cadoudal, les deux conspirateurs rencontrent le général Moreau. Dès l’annonce de l’arrivée de Cadoudal à Paris la ville est mise en état de siège.

Le 15 janvier le général Moreau est arrêté, le 27 c’est le tour de Pichegru. Et le 9 mars Cadoudal est arrêté. Lors de son interrogatoire il déclare qu’il ne devait tuer le premier consul que lorsqu’il y aurait un prince à Paris, et il n’y était point encore. Ce prince français ne pouvait être que le duc d’Enghien. Il vivait dans le petit village d’Ettenheim près de la frontière française, le jeune prince était protégé par le duché souverain de Bade, alors allié de la France.

 Il est important de souligner, d’ailleurs, que le duc et ses amis n’étaient tolérés à Ettenheim par le margrave qu’à condition de « ne pas conspirer contre le gouvernement français, ami et allié ». Ils devaient observer une « conduite tranquille et sage », engagement qu’ils n’ont manifestement pas respecté.

Pour réduire au maximum le retentissement international, l’expédition prendra la forme d’un coup de main de va et vient de très courte durée, sans provoquer le moindre dommage collatéral au pays. Pour s’en assurer, Napoléon monte lui-même en détails le plan d’opérations.

Sur les conseils, voire l’insistance de Talleyran, le 1er Consul fait donner l’ordre au général Ordener de se rendre à Ettenheim et d’y enlever le duc d’Enghien. . 

Le 10 mars, placé à la tête d’un gros détachement militaire d’un millier d’hommes, le général Ordener reçoit l’ordre de «se porter sur Ettenheim, cerner la ville, y enlever le duc d’Enghien, Dumouriez, un colonel anglais et tout individu qui serait de leur suite».

Malgré la discrétion observée, l’entourage du duc soupçonne l’imminence d’un danger. De tous côtés, lui parviennent des conseils de s’éloigner d’Ettenheim. Mais toujours téméraire, il n’en tient aucun compte, comme s’il voulait sceller lui-même son fatal destin.

 Dans la nuit du 14 au 15 mars, le détachement de gendarmerie du commandant Charlot procède à l’arrestation du duc sans la moindre effusion de sang. La surprise n’a que partiellement joué, mais le duc et sa suite, bien que l’arme à la main, n’opposent aucune résistance, au grand étonnement de Charlot.

Ce ne sont pas Dumouriez et Smith que trouve Charlot à Ettenheim, mais le marquis de Thumery et un certain lieutenant Schmidt. Le maréchal des logis Lamothe a été induit en erreur par la prononciation des patronymes à l’allemande. Cela ne change rien de fondamental à l’affaire. C’est essentiellement du duc qu’il s’agit, et ce dernier est bien entre les mains de la gendarmerie, ainsi que ses papiers très compromettants qu’il n’a pas eu le temps de faire disparaître. Il est aussitôt dirigé sur Paris sous bonne escorte de Charlot.

En cours de route, le duc se montre disert avec son gardien. Retrouvant sa superbe naturelle, il se confie imprudemment. Il est étonné que l’on ait cru Dumouriez auprès de lui mais déclare « qu’il était cependant possible qu’il eut été chargé de lui apporter des instructions d’Angleterre » .

Cet aveu renforce le soupçon que le duc et le « jeune prince » attendu ne font qu’un. Se rendant compte de son énorme bévue, il s’empresse d’ajouter pour la faire oublier « qu’il estime Bonaparte comme un grand homme ». Mais son orgueil reprend aussitôt le dessus lorsqu’il poursuit «qu’étant prince de la famille des Bourbons, il lui a voué une haine implacable ainsi qu’aux Français, auxquels il ferait la guerre dans toutes les occasions». Avant même de passer devant un tribunal, le duc prépare lui-même sa condamnation à mort…

Lorsque Charlot lui demande pourquoi il s’est rendu sans résistance, il montre une certaine gêne et répond « qu’il se repend de n’avoir pas tiré sur lui, ce qui aurait décidé de son sort les armes à la main ».

Au passage, un constat s’impose ici. Sans la moindre décence, le duc crache sa haine pour le peuple de son pays. En digne représentant des Bourbons, il fournit ainsi la raison profonde de leur déchéance. En perdant l’amour pour leur peuple, vertu cardinale de leurs ancêtres, les derniers Bourbons se sont perdus eux-mêmes. Rois de France, ils ont oublié de rester rois des Français…

Les papiers saisis à Ettenheim parviennent entre les mains de Napoléon le 19 mars. Ils confirment, s’il en était besoin, la compromission du duc pour intelligence avec l’ennemi. On y découvre, en effet, qu’il est pensionné du cabinet anglais et qu’il anime tout un réseau anti-républicain aux nombreuses ramifications.

Dans une correspondance adressée à Sir Charles Stuart, il offre servilement ses services aux ennemis héréditaires de son pays, faisant se retourner tous les capétiens dans leur tombe. On y lit : «Le duc d’Enghien sollicite des bontés de sa Majesté britannique la grâce de jeter les yeux sur lui pour l’employer n’importe comment contre ses implacables ennemis, en daignant lui confier le commandement de quelques troupes auxiliaires (…) ». Les « implacables ennemis » du duc sont les Français. Après cet aveu accablant, peut-on encore douter de sa culpabilité d’intelligence avec l’ennemi et de trahison, même si la preuve n’est pas apportée qu’il incarne le « jeune prince » attendu ?

 

  

 

 

 

 

 Des lettres récentes à son grand-père Condé lui conseillant la prudence, confirment son activisme effréné et nourrissent un peu plus la suspicion qu’il est le «  jeune prince  » attendu :

officiers de la garnison de Paris. Le général Hulin, Commandant des Grenadiers de la Garde, est nommé à la présidence. Murat lui communique l’injonction verbale de Napoléon, transmise par Savary, chef de la gendarmerie d’élite, de «juger sans désemparer et en finir dans la nuit», c'est-à-dire siéger sans interruption jusqu’à la sentence. Notons bien l’expression «juger sans désemparer et en finir dans la nuit» car elle prendra une grande importance par la suite.

Six colonels commandants de régiments, un capitaine rapporteur et un greffier complètent la Commission. Les six colonels sont : Guiton (1 er régiment de cuirassiers), Bazancourt (4 ème régiment d’infanterie légère), Ravier (18 ème régiment de ligne), Barrois (96 ème régiment de ligne), Rabbe (2 ème régiment de la Garde de Paris). Le capitaine rapporteur se nomme Dautancourt. Rien dans leur curriculum vitae ne permet de douter de leur impartialité, comme le confirmera le déroulement du procès.

Savary est chargé ès qualité de la sécurité des lieux. A ce titre, il s’impose de lui-même comme observateur tout puissant du procès. Rien en droit ne s’oppose à sa présence, le huis clos n’étant pas décrété. D’ailleurs, d’autres officiers présents observent de plus loin.

 

 

 

 

JPEG - 6.1 ko
Savary duc de Rovigo

Le colonel de la gendarmerie d’élite, Savary , est désigné comme l’exécuteur des hautes oeuvres. Le général Hulin, un jacobin de la première heure, préside la commission militaire chargée de juger le prisonnier. Il aura beaucoup de regrets et il tentera de se justifier 

Une commission militaire fut alors immédiatement formée pour juger le prisonnier, "prévenu d'avoir porté les armes contre la République, d'avoir été et d'être encore à la solde de l'Angleterre [de nouveau ennemi juré de la France depuis la dénonciation du traité d'Amiens de 1802 et la déclaration de guerre des britanniques du 22 mai 1803], de faire partie des complots tramés par cette dernière puissance contre la sûreté intérieure et extérieure de la République" (arrêté du 29 ventôse an XII signé par le Premier Consul Bonaparte).

 

 Sur les indications du général Hulin, Harel a fait aménager la salle en façon de tribunal. Dans le fond, devant la cheminée où des bûches ont été entassées, une longue table a été placée, avec un fauteuil au centre pour le président et six chaises destinées aux autres membres de la commission ; le devant de la table, du côté opposé à l’âtre, a été laissé libre ; des chandeliers l’éclairent. Les autres meubles ont été rangés contre la muraille, afin de dégager le reste de la pièce. Seule, une chaise isolée, à six pas en avant et en face du président, marquera la place de l’accusé.

L’installation terminée, les juges devisant à demi voix en attendant l’ouverture des débats, l’entrée d’un nouveau personnage jette un froid : Savary. Il serre la main de Hulin et reste sans mot dire debout, le dos au feu, derrière le fauteuil destiné au président. Les mains au dos, il demeurera là jusqu’à la fin, dominant le tribunal, faisant peser sur lui le regard du maître. Cette présence menaçante, continuelle, sera pour beaucoup dans la décision de la commission.

L’aide de camp de Murat, avec discrétion, s’est assis à l’écart.

Vers minuit et demi Dautancourt fait son entrée. Les juges prennent leurs places et Hulin invite le rapporteur à lire les pièces du dossier. A l’extrémité de la table, le major de la gendarmerie d’élite s’acquitte de sa tâche avec célérité. Trois d’entre ces pièces l’arrêté, l’ordre de Murat et le rapport de Réal sont déjà connus de tous ; l’attention s’éveille au moment où va commencer la lecture du procès-verbal d’interrogatoire. La lumière va-t-elle jaillir de ce premier contact avec le duc d’Enghien ?

Cependant un des membres de la commission le colonel Ravier, demande la parole : « Mon général, déclare-t-il, je tiens à faire observer que nous ne remplissons pas les conditions exigées par la loi ; aucun témoin n’a été cité, le dossier ne contient aucune pièce à charge ou à décharge, enfin l’accusé n’a pas été pourvu d’un défenseur. Je me demande si, dans ces conditions, nous avons le droit de siéger.»

je refléchissais à cette affaire peut-être l’un des collègues du colonel du 18ème de ligne partage-t-il son avis,

mais en fait  aucun ne prend la parole pour l’appuyer. La présence de Savary n’est pas, sans doute, étrangère à cette abstention. A quoi bon discuter sur un point dont, chacun en est certain, l’aide de camp de Bonaparte imposera le rejet ?

Hulin, d’ailleurs, fait remarquer au colonel qu’ils ne sont pas constitués en conseil de guerre, mais en commission militaire, juridiction spéciale instituée par la Convention en l’an III, ne relevant d’aucune règle et libre d’employer tous les moyens qu’elle juge propres à connaître la vérité et à rendre sa sentence. Rien ne l’oblige donc aux formes légales de la justice et elle juge sans appel.

Ravier n’insiste pas. Dautancourt lit alors son procès-verbal, dans lequel les juges ne trouvent aucun des faits nouveaux escomptés; il termine en exposant la demande d’audience au Premier Consul formulée par le duc d’Enghien. Un certain trouble s’empare des juges. L’un d’eux, le colonel Barrois, est d’avis d’y faire droit.

«Je crois de notre devoir, dit-il, de transmettre cette supplique au général Bonaparte. Cela ne nous empêchera pas de siéger entre-temps. En moins de quatre heures, un cavalier bien monté peut porter un message à la Malmaison et nous rapporter la réponse

 

Fait important, ces chefs d'accusation relevaient à l'époque des juridictions ordinaires et non des juridictions militaires...

 Sur le compte-rendu par le Grand-juge, ministre de la Justice, de l’exécution des ordres donnés par le Gouvernement le 16 de ce mois, relativement aux conspirateurs qui s’étaient réunis dans l’Électorat de Bade ;                                                                                                   

Le Gouvernement arrête que le ci-devant duc d’Enghien, prévenu d’avoir porté les armes contre la République, d’avoir été et d’être encore à la solde de l’Angleterre, de faire partie des complots tramés par cette dernière puissance contre le sûreté intérieure et extérieure de la République, sera traduit devant une commission militaire composée de sept membres nommés par le Général gouverneur de Paris, et qui se réunira à Vincennes.

 

Je dois faire cependant une seule remarque : l'article 35 de la loi précitée du 13 brumaire an V obligeait le juge à lire à haute voix le texte de la loi incrimant le condamné, après lui en avoir d'ailleurs fourni un exemplaire papier selon l'article 25, articles non respectés en l'espèce puisque les blancs laissés à la fin du jugement sont d'origine

Sans prendre nettement parti, les autres membres de la commission et Hulin lui-même ne s’élèvent pas contre la proposition; ils y voient un moyen de se décharger en partie de la lourde responsabilité pesant sont sur eux ; mais Savary, d’un ton sec, intervient: «Une telle démarche est inopportune et déplairait certainement au Premier Consul.»

Sa déclaration jette un froid;nul ne relève cette intrusion abusive dans la discussion. L’ombre du maître s’est étendue sur ces hommes assemblés et craintifs. Après un instant de silence gêné, Hulin ordonne : «Allez chercher l’accusé.»

Pendant qu’un gendarme va porter cet ordre au lieutenant Noirot, un des membres de la commission fait remarquer l’avantage qu’il y aurait à ce que les débats ne fussent pas secrets. Avec l’assentiment de Savary, il est décidé que la porte donnant sur le palier sera ouverte à deux battants et que les officiers commandant les compagnies stationnées dans la grande cour seront admis à assister à l’audience. Quelques-uns d’entre eux montent jusqu’au logement d’Haret et, debout, s’apprêtent à voir juger un prince de la maison de France.

Quelques minutes a minuit  le duc d’Enghien est introduit, et comparaît devant ses juges. Encore une fois, il déclare que les méthodes des conspirateurs lui font horreur, mais ajoute qu’il se tient prêt à reprendre les armes aux côtés de l’Angleterre. 

La gravité de sa situation ne lui échappe pourtant plus. Si Bonaparte avait voulu simplement faire de lui un otage, à quoi auraient servi un appareil aussi exceptionnel, un tel déploiement de forces. Certes le Prince n’envisage pas, tant le crime qu’on lui impute lui semble insensé, une condamnation à mort, mais il redoute un emprisonnement à vie dans quelque cachot, et cette pensée lui est insupportable. Cependant, malgré son appréhension, il n’est pas homme à renier aucun de ses actes; il ne regrette rien de son passé, de ce passé conforme à sa foi, à ses convictions, au sang royal qui coule en dans ses veines. Quoi qu’il puisse lui en coûter, il est décidé à défendre hautement les idées qu’en conscience il croit justes.

Devant lui, éclairés par les bougies, les visages de ses juges lui apparaissent, visages fermés, impénétrables. Par une sorte de pudeur, ces soldats concentrent en eux les sentiments dont ils sont agités et où la survivance des vieilles passions révolutionnaires se heurte à une invincible estime pour cet adversaire courageux, désarmé et, somme toute, à sa façon, loyal.

Au centre, les dominant de sa taille de géant, Hulin attire surtout son attention. En cet homme au masque rude il voit son adversaire le plus redoutable, celui avec lequel il va devoir croiser le fer et dont il devra parer les coups.

Hulin, à la vérité, se trouve assez embarrassé du rôle inaccoutumé qu’on lui a confié. En tant que juriste, son expérience est nulle, et cette inexpérience se trouve compliquée du fait des bases fragiles sur lesquelles est échafaudée l’accusation. Faute de mieux, il se décide à questionner l’accusé en suivant servilement les termes portés dans l’arrêté du gouvernement.

Après avoir obtenu les renseignements habituels sur l’identité et l’âge du prévenu, il lui demande s’il a porté les armes contre la France. Le duc répond d’un ton ferme :

Le Président a fait amener le prévenu libre et sans fers et a ordonné au capitaine-rapporteur de donner connaissance des pièces tant à charge qu’à décharge, au nombre d’une.

Après lui avoir donné lecture de l’arrêté susdit, le président lui a fait la question suivante :

- Vos noms, prénoms, âge et lieu de naissance ?

- A répondu se nommer Louis-Antoine-Henri de Bourbon, duc d’Enghien, né à Chantilly le 2 août 1772.

A lui demandé s’il a pris les armes contre la France ?

A répondu qu’il avait fait toute la guerre et qu’il persistait dans la déclaration qu’il a faite au capitaine-rapporteur, et qu’il a signée. A de plus ajouté qu’il était prêt à faire la guerre, et qu’il désirait avoir du service dans la nouvelle guerre de l’Angleterre contre la France.

- « Je l’ai déjà reconnu dans l’interrogatoire que j’ai subi tout à l’heure et dont j’ai signé le procès-verbal. Vous pouvez vous y référer ; il reflète exactement la vérité. Oui , j’ai fait la guerre au gouvernement républicain afin de soutenir les droits de ma famille et de mon rang et je suis prêt à la faire encore. J’ai même, dans ce but, effectué une démarche auprès du gouvernement de Sa Majesté britannique pour prendre du service dans son armée à l’occasion de la nouvelle guerre. Ma naissance, mes opinions me rendent à jamais l’ennemi de votre gouvernement.»

- « Êtes-vous encore à la solde de l’Angleterre ?

- « Je le suis encore, et je reçois de cette puissance cent cinquante guinées par mois.»

  A répondu que oui ; qu’il recevait par mois 150 gainées de cette puissance.

La commission, après avoir fait donner au prévenu lecture de ses déclarations par l’organe de son président, et lui avoir demandé s’il avait quelque chose à ajouter dans ses moyens de défense, il a répondu n’avoir rien à dire de plus, et y persiste.

Le président a fait retirer l’accusé ; le conseil délibérant à huis clos, le président a recueilli les voix, en commençant par le plus jeune en grade ; le président ayant émis son opinion le dernier, l’unanimité des voix l’a déclaré coupable.

Là, Hulin s’arrête. Quelle loi est donc applicable à l’accusé? Il l’ignore et ses collègues, consultés, ne la connaissent pas davantage. Il y a un instant de désarroi parmi les membres de la commission. Peuvent-ils condamner un homme à mort sans savoir l’article de loi qui lui est applicable? S’il en est ainsi, cette condamnation, du point de vue légal, ne s’appuiera sur rien !

Et pourtant, il faut que ce jugement soit rédigé ! Après une interminable discussion, Hulin prend son parti. II n’a pas le choix. Il laissera en blanc les passages litigieux; on les complétera plus tard en prenant conseil des personnalités compétentes.

Et il termine sa rédaction d’une façon dont le moins qu’on en puisse dire est qu’elle passe les bornes du sans-gêne :

.... et lui a appliqué l’article... de la loi du... ainsi conçu... et, en conséquence, l’a condamné à la peine de mort.

ordonne que le présent jugement sera exécuté de suite, à la diligence du capitaine-rapporteur après en avoir donné lecture, en présence des détachements des corps de la garnison, au condamné. 

 Toute cette partie de l’interrogatoire ne révélant rien aux juges qu’ils ne sachent déjà n’éveille en eux aucun sentiment d’hostilité nouvelle contre le Prince. Il n’en est pas de même lorsque Hulin aborde la partie de l’accusation relative au complot contre le Premier Consul. Chez ces soldats soumis à l’ascendant du chef qui les a conduits à la victoire, c’est là, on le conçoit, le principal grief dont peut être chargé l’accusé. Une sorte de fièvre les saisit et leurs regards se concentrent sur le Prince. Celui-­ci sent le danger et y fait face bravement. Sa voix s’élève et retentit dans le prétoire.

- «Me croire capable de complot et d’assassinat est me faire insulte. Une pareille manière d’agir est tellement contraire à mon rang et à ma naissance que je m’étonne que vous ayez pu m’en croire capable. Non seulement je n’ai été mêlé en rien au complot que l’on prétend avoir été ourdi contre le général Bonaparte, mais j’ai été tenu dans l’igno­rance la plus absolue à son sujet et je n’en connais ni les auteurs ni le but.»

L’accent du Prince dénote une sincérité complète : d’autre part, rien, dans le rapport de Réal, ne contredit son affirmation. Mais ce n’est pas là l’affaire de Hulin : comment croire qu’un homme tel que le duc d’Enghien, acharné à vouloir faire la guerre au gouvernement de la République, aurait pu être tenu à l’écart des projets tramés contre son chef ? D’un ton sévère, il s’adresse à l’accusé :

- «Comment pourriez-vous nous persuader, monsieur, que vous ignoriez aussi complètement ce qui se passait en France, quand non seulement le pays que vous habitiez mais le monde entier en étaient instruits? Comment, étant donné votre rang et votre naissance, que vous prenez tant de soins à nous rappeler, pouvez-vous prétendre être resté indifférent à des événements d’une si haute importance et dont toutes les conséquences devaient être en votre faveur ?»

Puis, mettant dans ses paroles toute la gravité qu’elles comportent, il ajoute :

- « A la manière dont vous nous répondez, vous semblez, monsieur, vous méprendre sur votre position. Prenez-y garde, ceci pourrait devenir sérieux, et les commissions militaires jugent sans appel.»

Le Prince ne répond pas immédiatement. Dans un éclair, lui est apparue la gravité de sa situation. Bref débat dans son esprit: changera-t-il son attitude ? Essaiera-t-il de détourner l’orage amassé sur sa tête en tentant d’apitoyer ses juges? Non. Ayant bien mesuré le danger, il fait cette nouvelle déclaration d’une voix claire et en fixant le président dans les yeux :

- «Je ne puis, monsieur, que vous répéter ce que je vous ai déjà dit. Apprenant que la guerre était déclarée contre la France, j’avais fait demander à l’Angleterre du service dans ses armées. Le gouvernement anglais m’avait fait répondre qu’il ne pouvait m’en donner, mais que j’eusse à rester sur le Rhin, où incessamment j’aurais un rôle à jouer... Et j’attendais... Voilà, monsieur, tout ce que je puis vous dire.»

Ces paroles, si précises, tombent sur l’auditoire et résonnent dans la salle comme un glas. La guerre contre la France, et non plus seulement contre la République!... L’ordre donné par l’Angleterre à l’émigré qu’elle paie !.. Le rôle à jouer sur le Rhin ! Autant de mots, autant de blessures au cœur de ces soldats de la Révolution !

Obsédés par les dernières révélations de Cadoudal et de ses complices, se rappelant que les conjurés n’attendaient que l’arrivée d’un prince pour frapper le Premier Consul, ils ne peuvent séparer ces intentions abominables du rôle que le duc d’Enghien était appelé à jouer sur le Rhin. Le plan de l’Angleterre, dans leur esprit, forme un tout indivisible. Sans doute, Cadoudal devait donner le signal de la conflagration, mais comment imaginer que le duc d’Enghien, chargé d’envahir l’Alsace à la tête d’un corps d’émigrés et de la soulever, n’ait pas été tenu au courant de l’événement qui déclencherait sa marche en avant ? Comment, même, ne pas imaginer qu’il puisse y avoir identité entre le prince attendu et le prince chargé de porter la guerre dans les provinces frontières. Voulue ou non, il semble y avoir connexion entre l’assassinat de Bonaparte et l’offensive projetée sur le Rhin... L’aveu du duc d’Enghien pèsera lourdement sur la décision de la commission militaire.

« Emmenez l’accusé et faites évacuer la salle » ordonne Hulin.

Savary, Brunet, les officiers témoins de l’interrogatoire s’éloignent et les portes sont refermées. Tandis que le Prince, sous la conduite du lieutenant Noirot, traverse une fois de plus la cour noyée d’ombre et de pluie, les juges restent seuls.

La délibération commence.

 Quel débat doit se livrer dans la conscience de ces juges ! Les voilà seuls dans cette salle encore vibrante des déclarations de l’accusé, seuls en face de l’effroyable responsabilité dont ils vont devoir se charger devant l’histoire. Sans doute ne voient-ils pas très clair en eux-mêmes, sans doute n’ont-ils pas, au fond de leur âme, la conviction indubitable de la culpabilité du duc d’Enghien quant à sa connivence avec Cadoudal; seulement, ce qui éclate à leurs yeux, d’après les aveux de l’inculpé lui-même, c’est son obéissance totale aux instructions de l’éternelle ennemie de la France, l’Angleterre, et sa volonté de porter la guerre sur le territoire de sa propre patrie dès qu’il en recevra l’ordre. Seule l’attente du signal convenu l’a empêché jusque-là de se lancer sur le Rhin et de livrer les plaines d’Alsace aux horreurs d’une invasion armée.

Ils sont soldats et, à cette heure, ne sont plus même que cela. Dans leur esprit se dresse une image hideuse: la trahison. Ils oublient les circonstances du drame, le trouble des opinions, les divisions entre citoyens et l’origine de l’immense bouleversement qui a abouti à cette chose impie la guerre entre frères d’un même pays. Ayant prêté serment au gouvernement consulaire, comment pourraient-ils absoudre un homme décidé à rallumer ces luttes inexpiables ? Peuvent-ils ne pas tenir compte, dans la somme de leurs griefs, de ce qu’ont prouvé les révélations de l’enquête sur Cadoudal: la simultanéité, voulue par l’Angleterre, de l’attentat contre Bonaparte, des soulèvements dans les provinces et de l’attaque sur le Rhin ? Ces trois crimes sont unis entre eux par un lien si solide qu’ils ne parviennent pas à les envisager séparément: l’accusé en pâtira.

Plus d’un, assurément, voudrait invoquer en sa faveur des circonstances atténuantes afin d’éviter le pire, car ils répugnent à envoyer à la mort un adversaire aussi chevaleresque. Ils n’en voient point. Et pourtant, s’ils connaissaient la loi, ils pourraient trouver un motif sinon à l’indulgence, au moins à un ajournement du procès. D’après la loi contre les émigrés votée par la Convention, seul est passible des commissions militaires celui qui a été arrêté sur le territoire français; ce n’est certes pas le cas du duc d’Enghien. Mais aucun d’eux n’a connaissance de cette condition qui leur permettrait de se récuser, et Réal, dont la présence à Vincennes avait pour but de les éclairer, Réal n’est pas là. Les juges ne seront donc guidés que par leur conscience, nous dirions presque par leur instinct, tant, chez ces hommes si peu faits pour rôle qui leur est confié, la fibre militaire sera seule à jouer.

C’est dans ces conditions si défavorables au Prince que s’ouvre la délibération. Elle sera brève, quelques minutes à peine, car les membres de la commission ont hâte d’en finir.

Le général Hulin déclare qu’il va poser ses questions en se référant à l’acte d’accusation, en l’espèce l’arrêté du gouvernement, et qu’il recueillera les réponses en commençant par celle du moins ancien en grade.

L’accusé est-il coupable d’avoir porté les armes contre la République française ?

Aucun doute n’est possible. Les réponses arrivent, rapides et identiques : oui... oui....

Est-il coupable d’avoir offert ses services au gouvernement anglais, ennemi de la France ?

Même unanimité, même absence d’hésitation.

Est-il coupable d’avoir reçu et accrédité près de lui des agents dudit gouvernement anglais, de leur avoir procuré les moyens de pratiquer des intelligences en France, d’avoir conspiré contre la sûreté extérieure et intérieure de l’État ?

Cette question, inspirée du rapport Réal, fait évidemment état des lettres saisies chez le duc d’Enghien et où M. de Lanans, d’accord avec Drake, ministre d’Angleterre à Munich, communique au Prince les desiderata du gouvernement britannique concernant la préparation de l’invasion de l’Alsace. Elle se rattache également aux renseignements recueillis par le duc et trouvés dans une de ses lettres au sujet de l’état d’esprit des troupes de l’armée du Rhin et des possibilités de leur rébellion. Sans nul doute la question, telle qu’elle est posée par Hulin, peut être interprétée de différentes manières; aucune pièce ne prouve la participation directe et personnelle du Prince aux tentatives de l’Angleterre contre la sûreté intérieure de la République, mais les deux premiers crimes imputés à l’accusé ont déjà formé l’opinion des juges. Ils répondent encore « oui » à l’unanimité.

Hulin en vient à 1a quatrième question.

Est-il coupable de s’être mis à la tête d’un rassemblement d’émigrés et autres, soldés par l’Angleterre, et formé sur les frontières de la France dans le pays de Fribourg et de Baden ?

Sur ce point, aucune tergiversation : oui, il est coupable.

Est-il coupable d’avoir pratiqué des intelligences dans la place de Strasbourg, tendant à faire soulever les départements circonvoisins pour y opérer une diversion favorable à l’Angleterre ?

Sans doute, étant donné la liaison étroite établie entre le Prince et le comité d’Offenbourg, dont l’activité était principalement dirigée vers le soulèvement des provinces baignées par le Rhin, la commission admet cette culpabilité, bien qu’aucune preuve matérielle n’en existe. Les réponses sont toutes affirmatives.

Dernière question, précise Hulin.

L’accusé est-il coupable d’être l’un des fauteurs et complices de la conspiration tramée par les Anglais contre la vie du Premier Consul et devant, en cas de succès de cette conspiration, entraîner l’envahissement de la France ?

La question est perfidement posée. Devant l’impossibilité de prouver la participation du duc d’Enghien au complot de Cadoudal, le président de la commission militaire s’efforce cependant à l’y mêler en invoquant le fait indéniable que la réussite du complot contre Bonaparte sera le signal de la marche en avant du corps d’émigrés rassemblés sur le Rhin. Envisagée sous cet angle, la complicité du Prince est évidente, mais c’est une complicité inconsciente, involontaire, donc inopérante du point de vue légal comme du point de vue moral. Or c’est là l’accusation la plus grave !

Mais le siège des juges est fait, et les « oui » successifs, tombant à la façon d’un couperet, viennent enlever à Louis de Bourbon sa dernière chance de salut.

« Je vais maintenant, conclut Hulin, interroger chacun de vous sur l’application de la peine. »

De nouveau les réponses arrivent, effroyables « La mort... la mort.... »

« En conséquence, déclare le président, Louis de Bourbon, ci-devant duc d’Enghien, est condamné à la peine de mort à l’unanimité. Dautancourt, veuillez faire connaître au général Savary la décision de la commission. je vais, pendant ce temps, rédiger le jugement.»

Dautancourt sorti, le général Hulin se penche sur sa tâche, tâche ardue, s’il en fut. Il s’agit pour lui de mettre noir sur blanc 1e résumé des débats et leur conclusion, la sentence. Totalement étranger aux choses du prétoire, le commandant des grenadiers de la garde hésite, tâtonne et peine de toute sa moyenne intelligence et de sa complète inaptitude. Parfois il demande conseil à ses collègues, mais ceux-ci, non moins novices, ne lui sont d’aucun secours.

Après plus d’une heure de discussions et d’efforts, Hulin parvient à rédiger la première partie du jugement. Elle est ainsi conçue :

Aujourd’hui, le 30 ventôse an XII de la République.

2 heures du matin.

La commission militaire, formée en exécution de l’arrêté du gouvernement en date du 29 courant, composée des citoyens Hulin, général commandant les grenadiers de la Garde des consuls, président; Guiton, colonel du 1er régiment de Cuirassiers; Bazancourt, colonel du 4ème régiment d’infanterie légère; Ravier, colonel du 18ème régiment de ligne; Barrois, colonel du 96ème ; Rabbe, colonel du 2ème régiment de la Garde de Paris; le citoyen Dautancourt, remplissant les fonctions de capitaine-rapporteur ; tous nommés par le général en chef, gouverneur de Paris

S’est réunie au château de Vincennes,

A l’effet de juger le ci-devant duc d’Enghien sur les charges portées dans l’arrêté précité.

Fait, clos et jugé sans désemparer, à Vincennes, les jour, mois et an que dessus ; et avons signé......

 Le tribunal tient son motif, il prononce la peine de mort. Pour encourager le zèle de Hulin, Savary se tenait derrière son fauteuil et, pressé d’en finir, lui aurait même arraché la plume des mains. Toujours pour en finir plus vite, un prêtre est refusé au condamné qui est conduit « sans désemparer » au lieu de son supplice. D’un pas ferme, fixant ses juges avec fierté, il s’avance jusqu’à la hauteur de la chaise placée en face du président et, le corps droit, la tête haute, attend sans aucune morgue, mais sans aucune apparence de crainte. 

 La Commission, après avoir donné au prévenu lecture de ses déclarations par l'organe de son Président, et lui avoir demandé s'il avait quelque chose à ajouter dans ses moyens de défense, il a répondu n'avoir rien à dire de plus, et y persister. - Le Président fait retirer l'accusé. - Le conseil délibérant à huit-clos, le Président a recueilli les voix, en commençant par le plus jeune en grade ; le Président ayant émis son opinion le dernier, l'unanimité des voix l'a déclaré coupable, et lui a appliqué l'article... de la loi du... ainsi conçu ; et en conséquence l'a condamné à mort. 

  Tout est fini avant le jour.

Hulin signe le premier et passe la plume à son. voisin; bientôt les sept signatures s’étalent au bas de ce document singulier.

Leur oeuvre tragique achevée, les juges ne se trouvent nullement soulagés. Comment n’auraient- ils pas le sentiment de leur iniquité ? Leur sentence est rendue, ils ne peuvent revenir en arrière. mais quel poids à porter ! Ah ! s’ils pouvaient en faire assumer la responsabilité finale à un autre ! Ils ne se communiquent pas leur pensée secrète, et celle-ci, cependant, palpite, augmente, les tenaille au fond d’eux-mêmes. L’un d’eux se décide enfin à l’exprimer tout haut.

Reprenant sa proposition première, Barrois demande si, avant de passer outre, il ne serait pas opportun de soumettre au Premier Consul la demande d’audience du duc d’Enghein. Peut-être, après tout, satisfait d’avoir obtenu une condamnation de principe, Bonaparte ne serait-il pas fâché de faire grâce ?

La suggestion du colonel du 96ème rencontre, auprès de ses collègues, une approbation unanime. Le général Hulin lui-même s’y rallie avec empressement.

Reprenant la plume, il commence un rapport au Premier Consul l’informant de la condamnation à mort du duc d’Enghien et sollicitant ses ordres…

Au mépris de toutes les règles du droit des gens qui le protégeait, le duc d'Enghein fut enlevé sur ordre de Savary, le chef de la la police de Bonaparte, dans la nuit du 15 et 16 mars 1804 et ramené de force à Strasbourg pour être transféré cinq jours plus tard au château de Vincennes. 

Ainsi a bien y réflechir  la condamnation fut autant obscure pour le duc d'Enghein , fait rare dans les affaires relevant de façon évidente de la raison d'État.

 

 

 Vu l'objective teneur expéditive des débats, aucun témoin, même en défaveur de l'accusé, ne fut entendu cette nuit là.

 Lorsque, le 20 mars, vers cinq heures de l’après-midi, il est incarcéré au fort de Vincennes,le peloton d’exécution est commandé, la fosse est creusée.

« La fosse étant faite, remplie et close, dix ans d’oubli, de consentement général et de gloire inouïe s’assirent dessus ; l’herbe poussa au bruit des salves qui annonçaient des victoires, aux illuminations qui éclairaient le sacre pontifical, le mariage de la fille des Césars ou la naissance du roi de Rome. Seulement de rares affligés rôdaient dans le bois, aventurant un regard furtif au bas du fossé vers l’endroit lamentable, tandis que quelques prisonniers l’apercevaient du haut du donjon qui les renfermait. La Restauration vint : la terre de la tombe fut remuée et avec elle les consciences ; chacun crut alors devoir s’expliquer » 

 

 Le tribunal tient son motif, il prononce la peine de mort. Pour encourager le zèle de Hulin, Savary se tenait derrière son fauteuil et, pressé d’en finir, lui aurait même arraché la plume des mains. Toujours pour en finir plus vite, un prêtre est refusé au condamné qui est conduit « sans désemparer » au lieu de son supplice. D’un pas ferme, fixant ses juges avec fierté, il s’avance jusqu’à la hauteur de la chaise placée en face du président et, le corps droit, la tête haute, attend sans aucune morgue, mais sans aucune apparence de crainte.

 

Le cousin de Louis XVI fut fusillé quelques heures plus tard et jeté dans une fosse du château de Vincennes. La petite histoire rejoignant la grande, il est avéré que le Premier Consul, pris de remords ou bien soucieux d'adopter une attitude plus représentative d'un chef d'État, a envoyé une lettre de grâce pour le duc dans la nuit. Mais cette missive, partie trop tard, elle n'arriva jamais jusqu'à la Commission :

 

Son corps fut jeté dans une fosse à même la terre au pied du pavillon de la Reine. Par la suite Louis XVIII fit placer les restes dans la nef de la chapelle, puis sur l’ordre  de Napoléon III, il furent déplacés dans une crypte sur le côté.  

on raconte que Talleyrand ou Fouché je ne m'en souviens plus,tous deux ministres de Bonaparte, aurait intercepté l'ordre pour ne sciemment pas la transmettre au principal intéressé;

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour du site le
Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe
Parcourrez l'histoire de France (et d'Europe) au travers la généalogie des rois et des grands personnages du royaume : Biographie des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbon, et autres grandes familles de l'histoire de France et d'Eurpe