Henri tente bien timidement de l’apaiser mais elle s’écrie que la perfidie du connétable a enchanté la couronne et mettrait peut-être même en péril le mariage du dauphin, pour peu que celui-ci refuse d’épouser une jeune fille confiée aux soins d’une catin. Henri, qui craint avant tout de perdre le soutien des Guise au cas où ils reviendraient à découvrir la liaison, prie a la duchesse de Valentinois de ne rien leur dire. Elle consent a contrecœur mais les Guise savent bien sûr déjà tout. Henri, accablé, capitule puis retourne sans broncher au château d’Anet a la suite de Diane.

Peu de temps après, lady Fleming fait savoir qu’elle attendait l’enfant d’Henri :  note le mémorialiste Pierre de Brantôme

Cet événement revêt une importance capitale dans l’existence de Diane, qui a jusqu'alors su se maitriser. Il s’agit en fait de la seule occasion avérée ou Diane, certes confrontée à un désastre potentiel, renonce à brider ses émotions. La beauté de Diane de Poitiers décline,elle en est consciente. Avoir affaire à une séduisante rivale à cet âge vulnérable une rivale susceptible de renverser une situation établie de longue date lui est inssuportable.

Le roi reconnait Henri d’Angoulême, le fils de lady Fleming, dès sa naissance en septembre 1551. Mais l’Écossaise commet l’erreur de se donner les airs d’une maitresse officielle."Elle n'en faisait point la petite bouche, mais très hardiment disait en son écossais francisé : J'ai fait tant que j'ai pu, que, Dieu merci, je suis enceinte du roi, dont je me sens très honorée et très heureuse; et si je veux dire que le sang royal a je ne sais quoi de plus suave et friande liqueur que l'autre, tant que je m'en trouve bien, sans compter les bons brins de présents que l'on en tire", Catherine qui s’apprête à mettre au monde le futur Henri III quelques mois plus tard, s’en offusque et n’en fait pas mystère. Henri se retrouve pris entre son épouse et sa bien-aimée Diane et n’a pas d’autres choix que de renvoyer lady Fleming en Écosse.

« L’affaire Fleming » fournit a la reine Catherine et la duchesse de Valentinois une occasion unique de conjuguer leurs forces, unir leur jalousie  commune pour le dégoût que leur inspirait un scandale manifeste. Diane accompagne certes partout Henri mais une ambiguïté plane toujours sur sa position exacte, empreinte de dignité. Catherine essuyait en son for intérieur une complète humiliation mais, comme Diane ne ménage pas sa peine pour adhérer aux nobles principes de respect des bienséances prônés par Anne de Beaujeu.La reine ne souffre de sa honte qu’en prive. En faisant étalage de sa liaison, lady Fleming dépasse les bornes prescrites par l’équilibre du pouvoir établi en exil de la ravissante rouquine, le ménage a trois reprend ses habitudes et la vie continue comme avant.

Lorsque la duchesse de Valentinois, ayant recouvré ses forces, s’en revient a Saint-Germain, à la surprise de certains et au soulagement d’aucuns, elle parait plus éprise que jamais du roi et réciproquement.

Diane de Poitiers est avisée mais sait aussi quand il vaut mieux pardonner. Malgré cette aventure singulière, Henri ne la trahit jamais au fond de son cœur ni même en pensée. Diane finit par lui imposer sa volonté et prend le dessous. Mais « Madame » n’ignore pas la responsabilité du connétable dans l’affaire ; elle s’en prend à lui en jouant de son influence en faveur de la faction rivale des Guise.

Henri ne peut supporter l’absence de Montmorency et de ses précieux conseils. Il implore a sa favorite de pardonner au connétable, par amour pour lui. Une amitié de façade s’établit entre eux mais Diane ne pardonne pas plus qu’elle n’oublie.

La violence de sa réaction pourrait même s’expliquer jusqu'à un certain point par sa jalousie envers Montmorency, auquel Henri voue une affection que cet incident n’altère en rien.

la finalité de cette intrigue est que la duchesse et le connétable finiront par être réconciliés par les enfants d’Henri et de Catherine.